Saint-Bruno : la cavalière Brittany Fraser-Beaulieu en compétition en Allemagne

La cavalière montarvilloise Brittany Fraser-Beaulieu a été sélectionnée au sein de l’équipe canadienne de dressage qui participera aux Championnats du monde de la Fédération équestre internationale (FEI), du 11 au 23 août à Aix-la-Chapelle, en Allemagne. 

À 37 ans, Brittany Fraser-Beaulieu figure parmi les meilleures cavalières de dressage au pays. Aux Jeux olympiques de Tokyo, disputés en 2021, elle a marqué l’histoire du dressage canadien avec son partenaire All In en obtenant le meilleur pointage jamais réalisé par un couple canadien dans l’épreuve libre en musique. Elle a également été nommée Athlète équestre canadienne de l’année 2025.

Les Championnats du monde marqueront toutefois une première importante : il s’agira du premier grand championnat avec Jaccardo, le cheval qui l’accompagne depuis la retraite d’All In à la fin de 2022. Le hongre néerlandais appartient à Jill Irving, une cavalière internationale canadienne et médaillée d’or par équipes aux Jeux panaméricains de 2019.

Une épreuve de parcours

Cette sélection revêt d’ailleurs une signification particulière pour la Montarvilloise. En mars dernier, elle s’était qualifiée pour la finale de la Coupe du monde de la FEI. Quelques jours avant la compétition, elle avait toutefois dû déclarer forfait après que Jaccardo s’est blessé dans son box.

« Participer à un championnat d’envergure est toujours très spécial, mais cette sélection l’est encore davantage après tout ce que Jaccardo et moi avons traversé. Renoncer à la finale de la Coupe du monde a été déchirant, mais sa santé et son bien-être ont toujours été la priorité, raconte-t-elle. Le voir aujourd’hui complètement rétabli et pouvoir représenter le Canada avec lui rendent cette sélection encore plus significative. »

Une préparation minutieuse

Avant de s’envoler pour l’Europe, Brittany Fraser-Beaulieu a consacré plusieurs semaines à préparer Jaccardo avec son entraîneuse, Ashley Holzer, une ancienne athlète olympique canadienne et figure reconnue du dressage international. Les séances réalisées à distance ont permis de perfectionner les mouvements du cheval, de renforcer sa condition physique et de régler les derniers détails avant le voyage.

« Chaque cheval a sa propre personnalité. C’est sa première saison au niveau Grand Prix et son premier championnat majeur. Mon objectif est de l’aider à prendre confiance et à profiter pleinement de cette expérience », explique-t-elle en parlant du défi qu’elle relève avec Jaccardo.

Même si toute son attention est maintenant tournée vers lui, All In occupe toujours une place bien particulière dans son cœur. « C’est avec lui que j’ai participé à mes premiers grands championnats internationaux et réalisé mon rêve de représenter le Canada aux Jeux olympiques de Tokyo. Nous avons vécu des moments inoubliables ensemble. Aujourd’hui, il profite d’une retraite heureuse à Carignan, au Québec. »

Un public aguerri

Considérés comme l’un des rendez-vous les plus prestigieux du sport équestre mondial, les Championnats du monde d’Aix-la-Chapelle représentent un défi de taille pour la cavalière, qui garde d’excellents souvenirs de sa première participation sur ce site en 2021.

« Les spectateurs sont extrêmement connaisseurs en dressage et apprécient la qualité des performances. On ressent vraiment leur passion, ce qui crée une ambiance exceptionnelle tant pour les chevaux que pour les cavaliers. J’ai eu la chance d’y participer en 2021 avec All In, où nous avons réalisé notre meilleur score en Grand Prix et obtenu notre premier classement à Aix-la-Chapelle. C’est un souvenir que je chérirai toujours, et je suis très heureuse d’y retourner avec Jaccardo pour vivre une nouvelle expérience », souligne-t-elle.

L’objectif sera d’abord de contribuer à la meilleure performance possible de l’équipe canadienne. Sur le plan individuel, elle espère se qualifier pour la reprise libre en musique, l’épreuve finale réservée aux 18 meilleurs couples cavalier-cheval parmi une centaine d’engagés.

Si elle atteint cette finale, le public découvrira un programme entièrement chorégraphié sur des chansons de Britney Spears. « C’est un programme dynamique et amusant que j’adore présenter et qui crée toujours une belle connexion avec le public. J’espère vraiment avoir l’occasion de le présenter à Aix-la-Chapelle », précise-t-elle.

Une réussite collective

Même si elle traverse l’une des plus belles saisons de sa carrière, Brittany Fraser-Beaulieu insiste sur le fait que ses succès sont avant tout le résultat d’un travail d’équipe. 

« Être nommée Athlète équestre de l’année au Canada et être sélectionnée pour les Championnats du monde sont des accomplissements dont je suis très fière. Mais le succès dans notre sport n’est jamais le résultat d’une seule personne. Je suis entourée d’une équipe exceptionnelle. Pendant que je suis en Europe, ma groom de voyage, Marie-Ève Dumas, de Saint-Lambert, m’accompagne, tandis que mon équipe prend soin de nos autres chevaux au Canada. Je suis aussi reconnaissante envers mon mari, ma famille et tous ceux qui me soutiennent depuis le début. »

Les chevaux avant les médailles

Chose certaine, la performance ne doit jamais se faire au détriment du bien-être des chevaux. C’est d’ailleurs cette philosophie qui a amené l’athlète à renoncer à la finale de la Coupe du monde lorsque sa monture s’est blessée. « La santé et le bien-être de Jaccardo ont toujours été ma priorité. Je savais aussi qu’il y avait d’autres objectifs à venir, notamment les Championnats du monde. »

« Notre sport est fait de hauts et de bas. Il y a des moments de grande réussite, mais aussi des déceptions et des défis qui font simplement partie du travail avec les chevaux », poursuit-elle.

Cette expérience lui a toutefois laissé une leçon de ne jamais rien tenir pour acquis. « Chaque jour où j’entre à l’écurie et que je vois des chevaux heureux et en bonne santé est une bonne journée. Les championnats, les médailles et les résultats sont un bonus. Au final, nos chevaux ne savent pas s’ils sont à un championnat du monde ou à la maison; ils nous font simplement confiance pour prendre soin d’eux. Cette perspective m’a appris à apprécier encore davantage chaque occasion de compétition », conclut-elle.