Saint-Bruno : Guy Paquette est « centenaire cinq fois »
Le Montarvillois Guy Paquette aura 105 ans le 20 mai. Rencontre.
« Je suis centenaire à cinq reprises!, mentionne Guy Paquette en début d’entretien. C’est un long parcours… »
L’homme réside au Manoir Saint-Bruno depuis 2008. Il vit seul dans son appartement, voilà un peu plus d’une décennie. « Avant, on demeurait ensemble, mon épouse Cécile et moi, mais elle est décédée il y a 11 ans. Elle a eu le cancer. C’est difficile de vivre seul », avoue-t-il avant d’ajouter qu’il craint toujours de perdre la mémoire.
La vie au Manoir Saint-Bruno
Pour Guy Paquette, la vie au Manoir n’est pas toujours facile. Il faut apprendre à vivre ensemble, rappelle- t-il. « Vivre en groupe, ce n’est pas trop facile. Il faut endurer. La nourriture, ce n’est pas toujours de notre goût, aussi. Mais j’arrive à socialiser avec les autres, à jouer aux cartes et au billard. » Il évoque notamment l’aide à tout faire, une femme toujours présente depuis 25 ans, qui s’occupe de lui encore. Une fois de temps en temps, elle l’amène dîner à l’extérieur de la résidence. « Je lui donne une liste et elle revient avec mon épicerie. »
Séries éliminatoires obligent, il confie toutefois qu’il ne regarde pas vraiment les parties du Canadien de Montréal. « Ça se termine trop tard », soutient celui qui se couche à 21 h 45 et se réveille à 6 h. « Quand je me couche le soir, je prends beaucoup de temps à m’endormir. »
Guy Paquette est né à Montréal en 1921. Pendant 40 ans, il a cheminé au sein des Forces armées canadiennes. Il s’occupait de l’administration. Il a aussi travaillé une quinzaine d’années à l’Université McGill, à Montréal. « Je distribuais des cassettes aux étudiants pour qu’ils apprennent des langues étrangères. Le portugais, l’allemand, le grec, l’italien… »
Famille
Il demeurait à Saint-Denis-sur-Richelieu. Puis il a passé 22 ans à Saint-Bruno-de-Montarville avant d’entrer au Manoir. Il a un seul fils, qui demeure à Saint-Denis-sur-Richelieu, mais il n’a pas de petits-enfants. « Mon garçon vient me rendre visite presque tous les jours. Il s’occupe de mes finances et vérifie mon courrier », explique l’homme, qui participe encore à quelques activités sociales au Manoir Saint-Bruno.
Il aime aller à la messe, la chorale, les jeux de société, mais moins souvent qu’auparavant, ou simplement discuter avec les gens. « Je marchais tous les jours lorsque je suis arrivé ici. C’est ce qui me tenait en vie. Mais j’ai diminué un peu », reconnaît le Montarvillois.
Plus capable de lire
À plusieurs reprises au cours de cette rencontre, Guy Paquette répète qu’il n’arrive plus à lire comme avant en raison de sa vue. Ça l’attriste beaucoup. « J’aimais tellement lire dans ma vie, surtout les journaux, les livres, les magazines… C’est difficile de ne pas être capable de lire, même le journal! Le problème, c’est à cause de mes yeux. Je lisais des biographies. »
Puis, vers la fin de l’entrevue, il revient sur le sujet. « Je regrette de ne plus pouvoir lire mon journal comme autrefois. »
Quand on lui demande ce qu’il retient de toutes ces années derrière lui, le centenaire répond que ce furent des années turbulentes. « Il y a tellement eu de changements dans nos vies. Avoir été en vie pendant ces années-là… surtout durant la Deuxième Guerre mondiale et les années d’après-guerre. C’était quelque chose! C’étaient des années extraordinaires », mentionne-t-il avec le regard fixe.
À la question afin de savoir s’il lui reste des choses à accomplir, M. Paquette indique qu’il aimerait bien que ce soit possible de recommencer à lire. « J’aimais tellement cela! Ça m’a coupé les ailes! » se désole-t-il.

