Saint-Bruno garde un œil sur l’agrile du frêne

Saint-Bruno compte environ 1095 frênes sur son territoire, selon un inventaire sommaire réalisé l’année dernière. De ce nombre, 370 sont situés dans les parcs municipaux. Avec le sujet de l’agrile du frêne qui revient chaque année, les Montarvillois sont invités à collaborer afin de freiner l’expansion de la maladie, en même temps que la Ville établit un plan d’action pour contrer la situation.

Depuis l’année dernière, Saint-Bruno a été déclarée, comme toute l’agglomération de Longueuil, « zone réglementée »; il est donc interdit de sortir des produits du frêne et de bois de frêne en dehors de la zone.

Pour Bruno Chicoine, ingénieur forestier et président d’Antidote Arboriculture, « (le fléau de l’agrile du frêne) deviendra une problématique coûteuse pour les municipalités et institutions du sud et du centre du Québec, de même que pour les propriétaires privés ayant des frênes sur leur terrain. En Montérégie, où les programmes de dépistage tardent à se déployer, la situation est particulièrement préoccupante. La déclaration de tout dépérissement d’un frêne est importante pour accélérer la découverte de l’insecte dans le secteur et ainsi accroître les options de gestion. »

En effet, « les plus récentes études démontrent que le taux de mortalité des frênes est de 100 % dans un rayon de 2,5 km d’un foyer d’infestation, et ce, dans un délai de 6 ans suivant la détection », peut-on lire sur le site de Saint-Bruno (www.stbruno.ca/agrile-du-frene). La municipalité est d’ailleurs considérée comme un foyer d’infestation. « Il nous est présentement impossible de savoir quel secteur de la municipalité est le plus touché par l’agrile du frêne. Il y en a de morts, mais pas plus qu’à l’habitude », d’expliquer Sophie Deraîche, contremaître parcs et horticulture à la Ville.

Depuis sept ans, le Service d’horticulture ne plante pratiquement plus de frênes sur le territoire; cette espèce sera alors amenée à disparaître tranquillement d’ici 2019, d’autant plus qu’il n’y a pas de prédateurs contre cet insecte.

Parmi la quarantaine de rues observées dans le cadre de l’inventaire sommaire, celles comptant le plus de frênes sont Clairevue Ouest (84), Marie-Victorin (65) et Deslières (53).

Plan d’action contre l’agrile

Le 13 juin prochain, la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) tiendra un Forum avec ses 82 municipalités membres au sujet de la problématique de l’agrile du frêne. Par la suite, l’agglomération constituera un sous-comité de l’agrile.

« Avec les Villes liées, nous avons déjà commencé à mettre ensemble toutes les actions que nous faisons et nous allons essayer de nous doter d’une démarche régionale, et par la suite suprarégionale », précise Lynda Charest, chef division de l’environnement.

Les recommandations

L’agrile du frêne s’installe discrètement sous l’écorce de l’arbre et le mène progressivement à la mort. Le premier symptôme d’infestation apparent est une subtile diminution de la densité du feuillage parce qu’à cause des dégâts causés par l’insecte, la sève ne peut plus se frayer de chemin.

L’insecte, qui mesure moins de deux centimètres de long, réside discrètement à la cime des arbres entre mai et août. On reconnaît un frêne par ses feuilles composées de cinq à onze folioles, longues de 15 à 30 centimètres, et à son écorce, dont les cannelures à maturité forment des losanges verticaux et allongés.

Il est recommandé aux citoyens de prendre connaissance de la documentation disponible sur le site Internet de la Ville, de vérifier la présence de frênes sur leur terrain, de regarder l’état général des arbres, de procéder à un traitement biologique, au besoin, appliqué par un professionnel.

Les Montarvillois sont invités à se départir de leurs branches d’arbres lors des deux collectes annuelles de la Ville, au printemps et à l’automne, à aller les porter eux-mêmes à l’écocentre Marie-Victorin, à Longueuil, à faire affaire avec un émondeur ou à les placer dans la collecte des résidus verts.

La Ville refera un inventaire des frênes sur son territoire d’ici peu.