Saint-Bruno : des propriétaires inquiets de l’état de leur lac
Le lac situé dans l’ancienne carrière du projet résidentiel St-Bruno-sur-le-Lac serait un dépotoir si ce n’était l’entretien régulier que les propriétaires des lieux faisaient pour en prendre soin.
« Cette année, on a repêché un vélo moteur ! »
Le projet résidentiel St-Bruno-sur-le-Lac s’est construit autour d’un lac artificiel créé par le trou d’une ancienne carrière. Comme le dit le nom du projet, le lac est l’une des fiertés des résidents qui y habitent autour.
L’intrusion illégale sur le site d’individus ne fait pas qu’endommager la clôture qui fait le tour du domaine. Les personnes qui fréquentent les lieux ne se privent pas de laisser des détritus de toutes sortes qu’ils pensent enfouis à jamais dans les profondeurs du lac. « Le lac est entièrement privé, car il n’y a aucun accès public. Il appartient aux différents résidents qui doivent s’en occuper », explique au journal Mercedes Lavoie, présidente de la copropriété.
Jeté dans le lac
Les résidents ont fait appel à des plongeurs pour nettoyer leur environnement nautique. « C’est la troisième année qu’on travaille avec une école de plongée qui forme des plongeurs pour différentes choses, mais qui donne aussi une certification pour la récupération des déchets dans les cours d’eau. Le programme est géré par PADI (Professional Association of Diving Instructors). Il s’appelle PADI Dive Against Debris. C’est un programme mondial de science participative de la PADI AWARE Foundation qui permet aux plongeurs de nettoyer les fonds marins et de signaler les déchets collectés », nous explique Mme Lavoie.
Faire appel à des professionnels semble indispensable. La profondeur du lac atteint 140 pieds, et l’objet le plus lourd qui en est ressorti cette année pèse 92 livres (41 kg). « On a retiré des bicyclettes, il faut dire qu’on a une piste cyclable juste à côté, des pneus, des tables, les chaises qui ont disparu de la polyvalente juste à côté, toutes les affiches qu’on met comme quoi le terrain est privé et qu’il est interdit d’entrer, des panneaux de la voirie, des bacs de recyclage, une poussette double, des micro-ondes, un chauffage et des chaudières d’objets divers et variés », selon Mme Lavoie.
Au total, les plongeurs et les résidents bénévoles qui ont aidé à l’opération ont ressorti des eaux 452 livres (205 kg) de détritus.
Un milieu à protéger
Le lac est aussi un endroit bien connu des baigneurs qui n’hésitent pas à franchir illégalement les barrières. Non seulement l’acte est dangereux et sanctionné par une contravention, mais aussi il vient perturber l’écosystème de l’endroit. « Depuis quelques années, nous avons malheureusement eu l’apparition d’une espèce végétale envahissante, le myriophylle à épis. Il se trouve que cette plante envahissante se trouve exactement où les baigneurs vont. Ils participent ainsi à sa propagation. »
L’apparition de cette plante a été observée dans le lac en 2022 et elle ne cesse de prendre de l’ampleur depuis. Afin de garder cette étendue d’eau en santé, les propriétaires ont décidé d’agir, mais cela coûte cher. Une entreprise a été mandatée afin de développer un plan de gestion pour essayer de se débarrasser du myriophylle, mais cela n’est pas suffisant. « En janvier, on a demandé au ministère de l’Environnement une autorisation pour faire du bâchage en profondeur. Il a fallu embaucher des scaphandriers pour faire ce travail qui a coûté 80 000 $. Alors, on fait tout ce qu’on peut pour empêcher les intrus d’aller dans le lac, et, tous les jours, on répare les clôtures vandalisées », se désespère Mme Lavoie. Elle est d’autant plus désespérée de la situation qu’elle a constaté que, tous les matins, un employé de la Ville venait se baigner à cet endroit.
Les autorités policières sont informées de la situation, comme la Ville, « mais naturellement, nous ne sommes pas leur priorité numéro un », précise Mme Lavoie. Pourtant, l’endroit est dangereux. Sans surveillance, le lac, qui a des rebords escarpés, a déjà été l’endroit du sauvetage d’un adolescent par les pompiers. Ce dernier, en sautant du rebord escarpé, s’était fracturé l’épaule en atterrissant dans l’eau. « Au cours des derniers jours, quelques contraventions ont été données par le SPAL », de conclure Mme Lavoie.
Rôle social
« Actuellement, on a permis à la polyvalente de Saint-Bruno de puiser l’eau du lac pour l’utiliser dans leur système de climatisation et de chauffage à l’hydrothermie. On leur a consenti toutes les servitudes pour faire ça. La piste cyclable, longeant le complexe, a été donnée par l’ensemble des copropriétaires. Le promoteur l’a cédée à la Ville, en reportant le coût sur l’ensemble des unités. Il y a même l’IRDA qui vient pomper de l’eau dans le lac pour irriguer leurs cultures dédiées à la recherche », de conclure Mme Lavoie.


