Saint-Bruno : des élèves dans la ville
Une citoyenne de Saint-Bruno-de- Montarville déplore que des élèves de l’école secondaire du Mont-Bruno se réunissent dans les commerces du territoire durant les heures de cours.
« Je n’ai jamais vu autant de jeunes flâner. On les rencontre partout, dans les rues, les cafés et les commerces. Quelque chose ne va pas avec le contrôle des absences », dénonce une Montarvilloise qui préfère demeurer anonyme. Elle se demande aussi si les parents sont informés de ces absences aléatoires alors que leurs jeunes sèchent les cours.
Trop, c’est trop
La dame est venue rencontrer notre rédaction en milieu de semaine dernière après avoir croisé quelques adolescentes au McDonald’s au coin de la rue Montarville. Pour elle, c’est la goutte qui a fait déborder le vase. « Je voulais aller à la salle de bain. La porte était barrée. Il y avait quatre jeunes filles assises par terre. Je ne sais pas ce qu’elles faisaient. Pourtant, il y a cours à l’école! » témoigne celle qui a déjà été directrice générale pour des collèges privés.
En entrevue, elle relate une autre rencontre qu’elle a eue, cette fois avec de jeunes garçons à qui elle a demandé pourquoi ils n’étaient pas en classe. « »On sèche nos cours! » qu’ils me disent. Pour l’un, il n’avait pas d’intérêt. Pour l’autre, qui manquait son cours de mathématiques, il n’en avait pas besoin parce qu’il veut faire un DEP en mécanique. Il est où, le contrôle à l’école? J’ai l’impression que nous ne sommes pas au bout de nos peines avec ce système d’éducation. Moi, je suis inquiète pour les garçons », dit-elle.
Gabriel Nadeau-Dubois
Puis elle évoque le député de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, qui a publié un livre blanc dans lequel il dénonce l’école à trois vitesses. Il met en lumière la difficulté des garçons issus de milieux défavorisés à réussir à l’école. « Je suis d’accord avec Gabriel Nadeau-Dubois! Nous avons oublié les garçons. Dans le système actuel, c’est plate pour eux. Ils ont besoin de quelque chose de différent pour les raccrocher. Le système d’éducation n’est pas adapté pour les gars. Il faut capter leur intérêt. Ils aiment les travaux manuels, les sports… », poursuit la Montarvilloise.
Elle est d’avis qu’il faut arrêter de parler des bâtisses et des écoles en ruine, qu’il faut plutôt s’occuper des enfants entre les murs de ces établissements.
Puis elle revient sur ces élèves qu’elle croise parfois dans la municipalité alors qu’ils devraient être en classe. « J’en ai déjà vu qui boivent de la bière, cachés à la place du Village, insiste-t-elle, mentionnant un laxisme de la part de la direction scolaire. Est-ce qu’il y a un suivi sur ces absences? Quelque part, je trouve qu’il y a un laisser-aller. »
Un phénomène
La citoyenne marche à Saint-Bruno tous les matins. Elle dit que ce « phénomène incroyable » est en hausse.
« Je ne veux pas dénigrer les jeunes. Ils ont des défis extraordinaires. L’adolescence est la pire période. Mais il faut arrêter l’hémorragie, parce que je n’aime pas voir ça. C’est comme un symptôme. Je ne veux pas que ça s’accentue. Je ne veux pas que ça devienne une marque de commerce associée à Saint-Bruno-de- Montarville », conclut-elle.
La réponse du CSSP
Le journal a questionné le Centre de services scolaire des Patriotes (CSSP) à propos de l’absentéisme des élèves du secondaire à Saint-Bruno. « La fréquentation scolaire est un facteur clé de réussite éducative, et toute absence non justifiée nous préoccupe. Cela dit, il est important de rappeler que la responsabilité de l’assiduité est partagée entre l’élève, sa famille et l’école. Lorsqu’un élève s’absente sans autorisation, l’école met en œuvre des mécanismes de suivi, par exemple, une communication avec les parents, une intervention ciblée par l’équipe-école… », répond l’équipe des communications du CSSP.
Il n’a pas été possible d’obtenir une entrevue avec le directeur de l’école secondaire du Mont-Bruno.

