Saint-Bruno-de-Montarville : vers une tutelle?
Le directeur général (DG) de Saint-Bruno-de-Montarville vient de démissionner de son poste. C’est le troisième en 7 ans à claquer la porte et à avoir des différents avec le maire en place. La situation largement dénoncée par une majorité d’élus pourrait déboucher vers une demande de tutelle à Québec. Réactions des élus.
En aôut 2015, Hélène Hamelin, la directrice générale de Saint-Bruno-de-Montarville quittait ses fonctions après près d’un an d’arrêt de travail. Le 3 mai, le directeur général Guy Hébert démissionnait de son poste à l’hôtel de ville de Saint-Bruno-de seulement trois ans après sa nomination. Aujourd’hui, c’est le directeur général Sylvain Brouillette, après seulement un peu plus d’un an de mandat, qui dépose sa démission.
Depuis 2015, le journal a recensé au moins 16 départs majeurs au sein de l’administration Montarvilloise et 18 arrêts de travail. « Un record », pour l’élu indépendant du district 8 Joël Boucher qui lui compte 23 départs depuis le début du mandat de Martin Murray en 2013. « Je ne suis pas étonné. C’était prévisible. En moins de 7 ans, il y a eu 3 directeurs généraux et 23 départs à des postes clés. C’est énorme. Ce maire est toxique. La récréation a assez durée. Il faut que cela aille mal pour qu’un directeur général dépose sa démission avec le salaire qu’il gagne. Il faut que le maire Martin Murray quitte ses fonctions, sans ça il ne faut pas écarter l’option de la demande de tutelle. C’est une perte énorme pour notre municipalité. En somme, si Martin Murray quitte, j’aime croire que Sylvain Brouillette pourra reconsidérer sa décision. »
Pour Jacques Bédard, conseiller indépendant du district 7 « cela n’a pas de bon sens. Et la cause de tout cela est clairement identifiée , le maire. On ne peux plus laisser le maire s’ingérer dans l’administratif comme il le fait. La tutelle serait une option. Je suis attristé, fâché. Ce matin, je suis sérieusement en questionnement. »
Marilou Alarie, conseillère indépendante du district 6, n’a pas attendu d’écrire au maire qui a quitté la vidéo conférence qu’a organisé M. Brouillette pour annoncer sa décision hier soir. « En tant que membre du conseil, j’aimerais connaître vos intentions pour la suite des choses. Trois directeurs généraux semblent avoir été incapables de travailler avec vous (…). Avez-vous l’intention de rester maire et président du conseil municipal? », a-t-elle demandé. Mme Alarie a indiqué au journal vouloir travailler actuellement pour que le directeur général revienne sur sa décision. Toutes les options semblent envisagées, même la demande de tutelle à Québec. « Il n’est pas question que le maire devienne aussi directeur général pour la fin de son mandat », a-t-elle indiqué.
Caroline Cossette, conseillère indépendante du district 5, est aussi attristée par la situation. « Le départ du directeur général Sylvain Brouillette est une catastrophe pour la Ville et pour les citoyens. Le conseil municipal compense depuis 2017 pour l’incompétence du seul élu rémunéré à temps plein à la ville, le maire, et nous avions trouvé en monsieur Brouillette un homme intègre et à l’écoute. Le conseil va devoir contempler les options disponibles pour tenter de limiter l’impact de ce départ. »
Pour Ludovic Grisé Farand, conseiller indépendant du district 4, « mon unique préoccupation est la bonne gouvernance de la ville et l’avancement des projets qui sont chers aux Montarvillois. Or, tout ceci est compromis par le bureau du maire et il y a des décisions qui se prennent derrière des portes closes sans l’aval du conseil. La situation actuelle à l’hôtel de ville ne peut continuer. À quoi bon trouver un autre DG s’il nous quitte dans 3 mois parce qu’il subit le climat toxique du maire, comme ses prédécesseurs ? Je pense que nous en sommes malheureusement rendus à demander une tutelle. »
Louise Dion, conseillère indépendante du district 1, est du même avis. « Qu’elle annonce triste nous avons eu hier du DG. Tous les conseillers appréciaient le travail professionnel du M. Brouillette. Ce n’est pas le DG qui devrait démissionner. Si on regarde le parcours depuis l’arrivée du maire actuel, trois DG ont démissionné, ça me semble être une éloquence. Le DG, ému, nous a indiqué hier qu’il ne démissionnait pas en raison de son emploi, ni des employés, ni des conseillers, ni de la ville qu’il a découverte et tellement appréciée, il songe même y déménager, mais bien en raison de la relation impossible avec le maire. Sur la question de la tutelle, je vous ne cacherai pas que si le maire ne démissionne pas cette avenue a été soulevée au sein du conseil. »
Pour les élus du Parti montarvillois, parti du maire Martin Murray, la réponse a été envoyée par courriel. « J’ai été surpris d’apprendre la démission de notre directeur général, je ne m’attendais pas du tout à ça et je trouve ça dommage. Je tiens à le remercier pour son travail, pour le temps qu’il m’a généreusement accordé pour mes dossiers et pour toute l’énergie qu’il a investie pour la municipalité. Il nous l’a annoncé rapidement hier lors d’une rencontre avec lui qui a duré moins de 5 minutes. M. Brouillette nous a demandé de le laisser communiquer sa décision en premier par respect pour lui et pour les employés de la ville. Pour la suite, on doit tous travailler ensemble pour le bien de la communauté et de la ville. Je ne sais pas si la tutelle c’est le bon moyen pour nous sortir de l’impasse, mais je suis d’accord à ce que le ministère ou la commission municipale vienne nous rencontrer. Ça fait des mois que je trouve le climat toxique et je l’ai dit publiquement. Les rapports entre plusieurs personnes sont inacceptables et des gestes entrent élus qui relèvent du harcèlement psychologique ont été faits et dénoncés. On doit trouver des solutions à tous les problèmes », a indiqué Vincent Fortier, conseiller du district 2, sans nous dire ce qu’il envisageait pour l’avenir.
Il en a été de même pour Isabelle Bérubé, conseillère du district 3. « Si M. Brouillette peut s’épanouir et être heureux dans son travail alors je pense qu’il devrait rester, oui. Dans le cas contraire, il est tout à fait légitime pour lui de quitter l’organisation. Je sais qu’il a déjà accepté un poste ailleurs. De toute façon, une telle décision lui revient à lui, et à lui seul. Je suis ouverte à tout ce qui pourrait assainir les relations au conseil municipal… incluant la tutelle. Une tutelle, une médiation, une conciliation, un arbitrage, tout ce qui permettrait de calmer le climat de confrontation qui ne mène à rien dans notre ville qui, paradoxalement, est une des villes où la qualité de vie est l’une des meilleures au Québec pour les familles », nous a-t-elle écrit.
