Saint-Bruno : chantiers sous surveillance

Les responsables de travaux de construction ou de démolition à Saint-Bruno-de-Montarville devront mettre en place des pratiques qui seront désormais obligatoires afin de protéger les lacs du Village et du Ruisseau et les cours d’eau de la ville. 

Lors de travaux de construction ou de démolition, il est désormais obligatoire à Saint-Bruno-de-Montarville d’empiler les sols de façon sécuritaire sur son terrain et non dans la rue, de couvrir les matériaux (terre, gravier, etc.) avec une bâche à la fin de chaque journée ou en cas de pluie, d’installer une barrière à sédiments en bas des pentes, de protéger les puisards et d’éviter tout rejet de béton ou autres dans l’égout pluvial en utilisant un bassin prévu à cet effet.

« Cette modification au règlement de zonage (chapitre 11) s’inscrit dans les actions déployées par la Ville pour protéger les lacs du Village et du Ruisseau et les cours d’eau. Les études réalisées ont en effet révélé que l’apport en sédiments dans ces plans d’eau provient majoritairement du réseau d’égout pluvial sur le territoire », a indiqué la Municipalité dans un communiqué. 

En 2024, la Ville a délivré 673 permis dont les travaux seraient maintenant encadrés par ce nouvel article.

Plan d’action

Les actions entreprises par la Ville pour les lacs et les cours d’eau s’inscrivent dans le cadre du Plan d’action 2023-2028 pour améliorer la qualité de l’eau des lacs du Village et du Ruisseau. En lisant l’Étude hydrogéomorphologique du bilan sédimentaire du ruisseau du Moulin, on peut voir que les sédiments retrouvés dans les lacs proviennent, entre 80 et 95 %, du réseau d’égout pluvial. Ce dernier se déverse notamment dans les lacs du Village et du Ruisseau.

 « Ainsi, bien que les chantiers de construction et de démolition ne constituent pas la seule source de sédiments transitant par le réseau pluvial, il est tout de même évident qu’ils jouent un rôle non négligeable. Réglementer les chantiers était une recommandation de l’étude d’hydrogéomorphologie », a fait savoir la Ville au journal.

Les 15 % des sédiments ne provenant pas du réseau pluvial proviendraient possiblement, selon l’étude, de sources ponctuelles d’érosion telles que l’érosion à même le ruisseau du Moulin, des sentiers ou des processus naturels.

Nettoyage des lacs

Ces sédiments provoquent l’asphyxie des lacs de Saint-Bruno, qui doit investir dans le nettoyage afin de les préserver. « La Ville effectue des actions annuelles pour les lacs (par exemple, le retrait d’algues filamenteuses et de lentilles d’eau en cours actuellement) et poursuit les actions inscrites dans son plan d’action 2025-2030. Plusieurs actions, tant générales que ciblées, sont réalisées dans ce cadre. Toutefois, ces interventions s’inscrivent dans une approche globale, ce qui rend difficile de chiffrer précisément le budget annuel dédié uniquement à la sédimentation », de conclure la Ville.