Saint-Bruno a son plan d’intervention

Transport ferroviaire de matières dangereuses

Le maire de Saint-Bruno, Claude Benjamin, veut rassurer ses concitoyens quant à la sécurité du transport ferroviaire des matières dangereuses sur le territoire. Au cours des dernières années, la Ville a travaillé en étroite collaboration avec les professionnels du milieu des transports et de la sécurité publique afin de mettre sur pied un plan d’intervention en cas d’urgence et de catastrophe telle que celle de Lac-Mégantic.

Avec un rail de chemin de fer qui parcourt environ 5 km de son territoire, à une vitesse estimée entre 56 km (35 mph) et 161 km (100 mph), et qui traverse certaines zones résidentielles, M. Benjamin dit s’être senti interpellé par la question de la sécurité ferroviaire dès son arrivée à l’hôtel de ville, en 2005. Sa demande : que soit créé un Comité technique sur la gestion globale du risque du sinistre majeur et au transport ferroviaire des marchandises dangereuses. Ce comité était alors formé d’une trentaine de personnes de divers milieux : le Canadien National (CN), Transports Canada, le ministère des Transports du Québec (MTQ), l’Agence de la santé publique du Canada, l’Association des chemins de fer du Canada, et plusieurs autres.

Les discussions et les procédures qui ont suivi ont abouti à un plan d’intervention (avec onze recommandations), lequel a été adopté par le conseil de l’agglomération de Longueuil en octobre 2010. « Au cours des dernières années, nous avons pris tout le temps qu’il fallait pour revoir notre plan de sécurité civile qui porte sur les mesures à prendre lors de sinistres, d’informer M. Benjamin. Ce plan est maintenant fin prêt et les membres du conseil municipal en seront bientôt saisis ». Il est en effet prévu que le nouveau plan soit adopté par le conseil cet automne.

Par la suite, une campagne de sensibilisation présentera aux Montarvillois des conseils préventifs et les divers outils mis à leur disposition pour s’informer rapidement en cas d’urgence.

Les recommandations

Les onze recommandations que compte le plan de l’agglomération traitent essentiellement de formation de personnel, de sensibilisation et de mise en place de plans d’intervention au sein de diverses institutions (municipales, scolaires, santé).

Parmi celles-ci se trouvent, entre autres : réduire la vitesse des trains en fonction du périmètre d’urbanisation; étudier les types de plan d’évacuation et de confinement requis et les mettre en œuvre (plan préparé par le Service de police et adopté par Saint-Bruno le 14 novembre 2012); mettre en œuvre un programme de formation sur la coordination d’un site de sinistre (simulation réalisée cette année et coordonnée par le Service des incendies); élaborer des plans d’intervention avec les institutions de santé et établissements scolaires; former un comité global et nommer un représentant des citoyens par ville (André Baril, ex-directeur, projet principal, Société de transport de Montréal); former les premiers répondants; sensibiliser les services de sécurité; etc.

Des milliers de wagons

Chaque année, environ 15 314 wagons en provenance de Montréal, et 13 456 wagons en provenance de Saint-Hyacinthe, transportant des « marchandises dangereuses identifiées » passent sur le territoire de Saint-Bruno : l’ammoniac (217 wagons), le peroxyde d’hydrogène (550), les pesticides (6), l’hydrosulfure de sodium (37), le dioxyde de souffre (1 105), l’acide sulfurique (4 130), le styrène (316), le chlore (6 625) et le propane (2 228).

« Des procédures sont en place pour que les élus municipaux et les services d’urgence locaux sachent quels types de matières dangereuses transitent par leur municipalité, afin qu’ils soient prêts à réagir si un incident survient », mentionne Louis-Antoine Paquin, directeur aux affaires publiques et gouvernementales au CN.

Lorsque la liste des matières connaît une mise à jour sur les types de produits transportés, les municipalités sont informées. Toutefois, si des modifications sont apportées à la quantité de wagons transités, aucune information n’est communiquée; ce qui explique pourquoi les données de Saint-Bruno datent de 2008.

Saint-Basile

Du côté de Saint-Basile-le-Grand, Jean-Marie Beaupré, directeur général de la Ville, estime que les municipalités sont quelque peu laissées dans le néant du fait qu’elles ne sont pas informées régulièrement des matières dangereuses qui circulent sur leur territoire. « Comme le CN n’est pas tenu de nous fournir la liste, ceci ne nous permet pas de bien nous préparer en cas d’urgence, puisque nous ne savons pas ce qu’il y a dans les wagons, soutient M. Beaupré. L’entreprise pourrait, par exemple, mettre en place un système de courriel nous informant de ce qui transite fréquemment.»

À ce sujet, la Ville est toujours à revoir son plan d’intervention en cas d’urgence. « Nous sommes en train de magasiner un logiciel de sécurité civile afin d’être mieux préparés, mais on travaille en fonction des éléments que l’on connaît… »

Soutien financier

Afin d’apporter leur soutien à la tragédie du Lac-Mégantic, Saint-Bruno, Sainte-Julie et Saint-Basile verseront respectivement 5 000 $, 7 561,75 $ et 5 000 $ aux Méganticois.