Saint-Bruno : 3 M$ à payer pour relocaliser des terrains de baseball
Les coûts pour relocaliser les terrains de baseball du parc Albert-Schweitzer s’élèvent à 3,4 millions de dollars. Saint- Bruno-de-Montarville demande au ministère de l’Éducation du Québec d’en compenser la globalité.
« Ça pose problème », exprime d’emblée le maire, Ludovic Grisé Farand.
L’évaluation de la relocalisation, à plus de 3 M$, inclut l’ensemble des dépenses du projet de reconstruction des deux terrains de baseball sur le nouvel emplacement lorsque la nouvelle école sera construite. Selon la Ville, il s’agit d’une estimation préliminaire, « sujette à changement au fil de la concrétisation du projet. Parce que nous, nos revenus sont limités à la taxe foncière. Saint-Bruno ne peut pas commencer à assumer ce qui est dans la juridiction du provincial », plaide M. Grisé Farand.
Le CSSP peut contribuer à 800 000 $
L’équipe des communications du Centre de services scolaire des Patriotes (CSSP), que le journal a contactée, confirme que les coûts estimés de la relocalisation sont d’environ 3,4 M$. Toutefois, la contribution du CSSP se chiffre à 800 000 $.
« C’est ce que le CSSP semble être capable de nous donner en compensation pour la relocalisation des terrains, parce que le reste lui est nécessaire pour construire l’école. Nous comprenons que si le CSSP nous rembourse trois millions, il n’en aura plus assez pour bâtir l’école. C’est au ministère de venir ajuster pour le reste. C’est à eux de payer leur propre construction d’école », déclare M. Grisé Farand.
Si le budget accordé au CSSP était plus grand, le maire « ose croire » qu’il compenserait la Municipalité à 100 %. « Je pense qu’ils sont de bonne foi. »
Le conseil municipal évoque « un écart financier important ».
Rappel des faits
En juin 2022, le MEQ autorisait la reconstruction et l’agrandissement de l’école Albert-Schweitzer. Une décision qui permettra de bonifier les espaces à 24 classes, soit 6 de plus que le bâtiment actuel.
En mars de l’année dernière, le CSSP et Saint-Bruno s’accordaient pour autoriser la reconstruction de l’école sur le terrain du parc adjacent de l’école existante. Le nouvel établissement scolaire sera construit où se trouvent actuellement deux terrains de baseball.
Échange de terrains
Ainsi, Saint-Bruno et le CSSP ont convenu de procéder à un échange de terrains. En contrepartie de l’acquisition d’une partie du parc Albert-Schweitzer pour la reconstruction de l’école, le CSSP cédera à Saint-Bruno le terrain sur lequel se trouve le bâtiment actuel. Les terrains de baseball seront réaménagés dès que la démolition de l’édifice actuel de l’école sera finalisée, et ce, une fois la construction de la nouvelle école terminée. Ils ne seront toutefois plus disponibles pour la durée des travaux.
Or, les coûts du réaménagement du site de baseball sont de 3,4 M$. Une somme que Saint-Bruno ne souhaite pas payer. D’où sa demande au MEQ de compenser la totalité des frais. La requête a été effectuée en séance du conseil, le mardi 20 janvier.
« Nous sommes prêts à faire notre bout de chemin, mais ce que nous demandons au ministère de l’Éducation (MEQ), au gouvernement, c’est qu’il se rapproche de notre chiffre, soit 3 M$. Parce que 800 000 $, c’est trop peu », déplore Ludovic Grisé Farand, qui ne jette pas le blâme au CSSP, qui doit « naviguer » avec le budget donné par le MEQ.
Association du baseball mineur
Le président de l’Association du baseball mineur de Saint-Bruno, David Trépanier, ne craint pas pour « la survie » des terrains du parc Albert-Schweitzer. Il laisse la Municipalité négocier avec le CSSP et Québec. « Nous sommes déjà en manque de terrains. L’argumentaire de la Ville est solide, selon moi. Mais ce serait catastrophique si nous perdions ces deux terrains », reconnaît David Trépanier.
À quelque 3,4 M$, les travaux prévus incluent, pour chaque terrain de balle, plusieurs étapes, dont la gestion du chantier, la démolition, l’enlèvement et la récupération des infrastructures et surfaces existantes, le drainage, le terrassement et l’aménagement de surface, l’aménagement du terrain, des clôtures et des équipements, les branchements électriques…
Collaboration de la Ville
En attendant, la Ville réitère sa volonté de collaborer pour que ce projet se réalise dans les meilleures conditions et dans le respect des responsabilités de chacun.
La résolution adoptée mardi soir constate notamment que la relocalisation des deux terrains de baseball – rendue nécessaire par l’implantation de la nouvelle école – n’est pas une « bonification », mais une dépense directement imputable au projet scolaire, d’autant plus que la Ville considère avoir déjà pleinement assumé ses obligations en cédant le terrain scolaire requis. « La Ville a déjà cédé le terrain pour l’école en 1967. C’est comme si nous payions en double, encore une fois, le terrain. L’éducation, ce n’est pas du tout dans les compétences des villes. Cette règle-là, changée en catimini par le gouvernement provincial pour pelleter dans la cour des villes le coût des terrains pour les écoles, c’est quelque chose dénoncé depuis longtemps dans le milieu municipal, par l’Union des municipalités du Québec (UMQ) », résume le maire Grisé Farand.
