Saint-Basile : un cas d’exception dans le cimetière de la paroisse
L’entrée en vigueur de la loi « anti-patch » (loi 13), le 2 septembre, oblige maintenant les membres de groupes criminels à dissimuler leurs logos dans l’espace public. Le journal se demande si l’emblème qui orne la stèle funéraire des Hells Angels dans le cimetière de la paroisse de Saint-Basile-le-Grand sera camouflé.
« Malheureusement, l’abominable chose est toujours là, et ce, malgré la nouvelle loi provinciale », commente, de façon anonyme, une source proche de la paroisse de Saint-Basile-le-Grand.
Ce citoyen est dans tous ses états depuis que le monument a été implanté en plein cœur du cimetière. « La chose est arrivée, et ce, contre tous les règlements, mais avec l’approbation du diocèse de Saint-Jean-Longueuil! » déplore notre source.
Le monument a été installé l’automne dernier. L’histoire avait fait les manchettes dans plusieurs médias, dont Les Versants.
Le chapitre « South » des Hells Angels possède un lot dans le cimetière de Saint-Basile-le-Grand depuis plusieurs années. Ce n’est que l’année dernière que la stèle a été installée. La pierre noire est ornée du nom de l’organisation et du logo de la tête de mort représentant les Hells Angels.
La loi en vigueur
Or, aujourd’hui, les insignes de groupes criminels, comme les Hells Angels, sont maintenant interdits à exhiber. L’idée provient du ministre de la Sécurité publique, Ian Lafrenière. Depuis le 2 septembre, les corps policiers ont le pouvoir d’intervenir auprès des motards criminalisés.
En entrevue dans les médias, le ministre Lafrenière mentionnait que cette mesure « vise avant tout à retirer aux criminels leur pouvoir d’intimidation et d’extorsion auprès de la population et des commerçants ».
« Avec cette nouvelle loi, les diocèses n’ont plus d’excuses, estime notre source anonyme. Le modus operandi des motards est simple. Ils fournissent une soumission, puis après, l’acceptation selon le règlement, ils changent pour le logo du club. J’ai veillé au grain pour empêcher la livraison de la stèle funéraire, mais, en vain, ils sont passés. Les employés en vacances, le téléphone sur le répondeur…. donc tous les ingrédients étaient réunis pour une passoire lors de la livraison! »
Diocèse de Saint-Jean-Longueuil
Au début de l’année 2026, le diocèse de Saint-Jean-Longueuil disait poursuivre, avec ses procureurs, l’étude de toutes les options à sa disposition pour accompagner la fabrique de la paroisse de Saint-Basile-le-Grand dans le règlement de ce dossier. « Nous nous réjouissons du dépôt du projet de loi 13, visant à favoriser la sécurité et le sentiment de sécurité de la population, par Ian Lafrenière, ministre de la Sécurité publique. L’article 6 donnerait, s’il est adopté, des moyens supplémentaires à la fabrique pour régler cette situation », déclarait alors le diocèse de Saint-Jean-Longueuil.
Contacté à nouveau par le journal, le diocèse évoque un « enjeu de société » à propos de ce dossier. « La fabrique avait déjà accepté une entente concernant l’enterrement et le monument sur ce lot au cimetière, beaucoup avant cette loi.
Cependant, ce sera à la fabrique en lien avec le diocèse et des consultants experts d’étudier si la loi exige un changement ou une modification à cette pierre tombale, pour ensuite se conformer à cette loi », répond la porte-parole du diocèse Saint-Jean-Longueuil, Ingrid Le Fort.
Sûreté du Québec
Le journal s’est aussi adressé aux corps policiers. Il y a environ deux semaines, deux membres des Hells Angels ont été contraints de camoufler leur logo de tête de mort ailée.
La Sûreté du Québec (SQ) nous a éclairés concernant l’enjeu de l’emblème de la stèle funéraire à Saint-Basile-le-Grand. « Les monuments ou urnes funéraires sont visés par l’interdiction s’ils exhibent le symbole ou le nom d’une entité à dessein criminel, car il s’agit d’objets. Toutefois, une exception est prévue dans le cas où un monument, ou une urne, identifiant une entité à dessein criminelle dans un lieu de sépulture où reposent les restes d’une personne décédée, est exposé à la vue du public avant la date de la publication de la décision du ministre d’inscrire le nom de l’entité sur la liste », précise la porte-parole de la SQ, Renée Labonne.

