Saint-Basile : le controversé parc canin
Le délicat sujet de parc canin à Saint-Basile-le-Grand est revenu dans les discussions mardi soir, le 7 avril, en séance du conseil. Le projet fait polémique.
« Je comprends qu’il y aura toujours des plaignards. Les gens qui ne sont pas prêts à vivre en communauté n’ont qu’à déménager dans le fin fond des bois », déclare une femme qui demande à la Ville un parc canin à Saint-Basile-le-Grand.
Il n’en fallait pas plus pour qu’un citoyen assis dans la première rangée de la salle du conseil lui propose d’aller elle-même vivre dans le fin fond des bois. Cette intervention a soulevé l’ire d’un autre homme, assis quelques rangées plus loin, qui a relancé le premier intervenant. Une courte altercation verbale a suivi, à laquelle la mairesse Kim Méthot a rapidement mis fin. « Messieurs! Ça suffit! On arrête ça maintenant! »
La demande d’un parc canin à Saint-Basile-le-Grand est abordée en séance du conseil pour un deuxième mois d’affilée. Pendant que certains sont réfractaires à l’idée, d’autres sont plutôt agacés par le coût qu’un tel projet pourrait engendrer. Robert Lapierre, par exemple, parle d’utilisateurs-payeurs plutôt qu’une facture refilée à l’ensemble de la population. Nicole Therrien suggère un référendum. Ce qui n’arrivera pas, selon Kim Méthot, parce qu’il faut d’abord passer à travers un processus d’adhésion sociale.
N’empêche que des propriétaires de chiens étaient de retour devant le conseil municipal le 7 avril. « Le mois dernier, nous avons soumis une pétition avec la question de pouvoir alléger les règlements pour que nous puissions continuer de partager le terrain de baseball. Vous n’avez pas répondu, alors, est-ce que vous nous permettez d’alléger les règlements pour continuer temporairement d’utiliser le parc? »
C’est la question posée par une citoyenne. Elle fait partie d’un regroupement de propriétaires de chiens qui demandent un parc canin à Saint-Basile-le-Grand. Le mois dernier, en séance du conseil, une pétition de 50 signatures a été déposée en ce sens. « C’est un réel besoin pour la ville. Je ne comprends pas que Saint-Basile n’a pas de parc canin », insiste une autre femme, qui s’est présentée devant les élus le 7 avril.
Toutefois, la mairesse a admis qu’il n’y avait pas encore eu de « discussion de fond » sur le sujet depuis la première intervention, en mars. « La vision à court terme n’est pas nécessairement de le faire, parce que…, répond Mme Méthot, avant d’hésiter, et de reprendre la parole. Votre intervention a suscité beaucoup d’interventions contraires. Ça a amené beaucoup de réactions. Le parc canin, ça amène des émotions! » reconnaît Kim Méthot.
La mairesse dit avoir reçu plusieurs courriels concernant des chiens qui ne sont pas en laisse au parc du Ruisseau. Ce qui contrevient au règlement. « Vous comprendrez que c’est difficile pour nous d’alléger la règlementation quand nous notons beaucoup de gens qui y contreviennent, même à l’extérieur de l’espace », précise-t-elle avant d’ajouter que le défi d’un tel projet est la cohabitation.
Un terrain de baseball
Cet espace, qualifié de parc canin ou d’enclos par les propriétaires de chiens qui le fréquentent actuellement, demeure avant tout un terrain de baseball. L’Association de baseball mineur de Saint-Basile-le-Grand l’utilise pour ses activités.
Un dossier qui retarde
À Saint-Basile-le-Grand, le parc canin revient dans les discussions depuis tout près d’une décennie. Le projet était parmi les enjeux lors de la campagne électorale du premier mandat du maire Yves Lessard. C’était en 2017. Le choix du site, l’acceptabilité sociale et un refus de la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) ont fait en sorte que le projet n’a toujours pas abouti.
Depuis, les chiens et leurs propriétaires attendent. Certains ont trouvé d’autres options pour dégourdir les pattes de leurs toutous. C’est le cas des citoyens qui se présentent au conseil municipal depuis le mois dernier afin de plaider leur cause. Selon l’une des demanderesses, le parc du Ruisseau est un endroit parfait pour implanter un parc canin. « Il y a beaucoup d’espace, du stationnement et c’est éloigné des maisons. Personne ne sera dérangé par les jappements. »
