Saint-Basile : la croix de Victor-Morin percutée par une voiture

La croix de Victor-Morin a été percutée par une voiture lundi dernier, le 27 avril, sur l’heure du dîner. L’incident a eu lieu au bout de la montée des Trinitaires, à Saint-Basile-le-Grand. 

« Quelle tristesse! C’est assez incroyable! » commente le président de la Société d’histoire, Richard Pelletier.

Ce dernier a accouru sur les lieux de l’incident. Au préalable, le journal l’avait informé de l’impact contre la croix. En arrivant sur place, il semblait sous le choc. « Nous avions tout fait pour la protéger. Même que nous nous préparions à souligner son 100e anniversaire », déplore Richard Pelletier. 

Centenaire

En effet, 2026 marque le 100e anniversaire de la croix Victor-Morin. Il rappelle que celle-ci a été érigée par Victor Morin. Le muret aménagé au pied de la croix a été financé et construit par l’industriel Francis H. Clergue. « La croix a été installée en 1926. Elle a une grande valeur et a été restaurée en 2017 par le Centre de conservation du Québec. Le muret de pierre est aussi de grande valeur patrimoniale », informe Richard Pelletier.

Lundi dernier, la croix de Victor-Morin a été emboutie par un véhicule sur l’heure du dîner, attisant la curiosité de quelques élèves du Collège Trinité. En après-midi, l’incident a attiré d’autres curieux. « Quand je suis arrivé, la voiture était en ballant sur la montagne de gravier. J’ai l’impression que le tas de roches a atténué le choc », commente l’un d’eux.

Version de la police

Contactée par le journal, la Régie intermunicipale de police Richelieu – Saint-Laurent confirme l’événement. Le Service de police a reçu un appel à 12 h 34 pour un « accident impliquant un seul véhicule ». Ce dernier, un Kia Sportage blanc, a monté sur un amoncellement de roches et de gravier avant de frapper une grand croix en béton. « Selon les premières constatations, le véhicule a franchi le rang des Vingt en arrivant de la montée des Trinitaires. La personne au volant, une femme, était en état de crise à l’arrivée des policiers. Elle était seule. Elle a été prise en charge par les services hospitaliers. L’enquête se poursuit », précise le sergent Éric Boulianne. 

Au passage du journal, lundi après-midi, quelques curieux s’étaient réunis autour du site, dont le conseiller municipal de Saint-Basile-le-Grand, Martin Leprohon. En apprenant que la croix s’était écroulée, il s’est d’abord demandé qui, parmi les entrepreneurs qui travaillent dans le secteur depuis les derniers mois, incluant Hydro-Québec, avait pu accrocher la croix. Plus tard en soirée, d’autres personnes se tenaient près de la croix couchée par terre. Elle a attiré des gens toute la semaine.

Patrimoine religieux

Pour revenir à la croix de Victor-Morin, Richard Pelletier estime que ce site est le dernier élément tangible qui rappelle la présence d’une personnalité d’importance, et tous les événements qui s’y rattachent. « Je ne sais pas si j’étais sous le choc ou simplement désemparé », répond-il lorsque nous lui faisons la remarque.

Puis il explique. « Lorsqu’il n’y a plus de référence matérielle, comme la perte d’une maison ancestrale, tout ce qui s’y rapporte s’estompe peu à peu des mémoires, l’intérêt s’effrite. Un peu désemparé parce qu’impuissant. Nous allons suivre le dossier et je sais que les autorités municipales de Saint-Basile-le-Grand vont me tenir informé. »

Saint-Basile et Saint-Bruno

La Ville de Saint-Bruno se dit préoccupée par la préservation de la croix. « Inscrite à l’inventaire patrimonial montarvillois, elle fait l’objet de démarches auprès des différents intervenants concernés. Saint-Bruno a d’ailleurs signifié son ouverture à contribuer financièrement à sa restauration. Des discussions demeurent afin d’évaluer les meilleures options pour assurer la sauvegarde de cet élément patrimonial identitaire », précise la porte-parole de Saint-Bruno, Manon Lacourse.

« Nous confirmons que la croix de Victor-Morin a été endommagée à la suite d’un accident », répond la porte-parole de Saint-Basile, Stéphanie Plamondon.

Elle précise toutefois que la croix appartient aux Pères Trinitaires. « Dans ce contexte, ce sont eux qui pourront préciser les démarches envisagées pour la réparation du monument, ainsi que les précisions liées aux assurances. »

La réaction des Pères Trinitaires

Contactés par le journal, les Pères Trinitaires ont réagi à l’événement. « Notre première préoccupation est d’abord la santé de la personne impliquée. Nous espérons qu’elle est bien entourée et qu’elle reçoit les soins dont elle a besoin. Pour la croix, plusieurs parties sont impliquées dans la situation. Nous sommes actuellement en discussion avec les villes de Saint-Basile et de Saint-Bruno. Nous en saurons plus dans les prochaines semaines. »