Réseau Surdité Montérégie : pour plus d’autonomie
Le Réseau Surdité Montérégie travaille pour rendre autonomes les personnes sourdes et malentendantes. Cette mission demande du temps.
Le Réseau Surdité Montérégie (RSM) se bat pour défendre les droits des personnes sourdes et malentendantes (PSM). Mais ce combat demande une stratégie. « Notre objectif est simple, précise Gaëlyodaian Lefebvre, chargé de projet au RSM. Nous voulons que les PSM puissent vivre de façon autonome, avec dignité, dans un espace public réellement accessible. Mais une société ne change pas du jour au lendemain. »
Dans la durée
Pour cela, le chargé de projet vise d’abord à offrir à ce public une meilleure accessibilité dans la société. « Dans notre travail avec les hôpitaux, les services municipaux et le système juridique, nous avons appris une chose importante. Si l’on exige que tout devienne accessible immédiatement, plusieurs portes se ferment. Pas par méchanceté. Mais parce que les budgets sont limités et que les changements demandent du temps. Cela ne veut pas dire que l’on accepte l’injustice, mais qu’il faut choisir une stratégie efficace. »
Le marché du travail offre une réalité à laquelle se heurte RSM, qui a choisi de s’adapter. « Les recours juridiques sont parfois nécessaires, car ils permettent de faire respecter les droits. Mais ils coûtent très cher à l’État et donc à la société, poursuit Gaëlyodaian Lefebvre. Cet argent aurait pu servir à des choses plus utiles, comme former les employeurs ou encore accompagner les milieux de travail. Comme communauté, nous ne devrions pas nous réjouir quand une situation doit se rendre jusqu’en cour pour être réglée. Cela signifie que l’on a échoué à dialoguer plus tôt. »
Aussi, RSM souhaite progresser vers un monde plus égal pour les PSM. « Nous voulons que les PSM aient un accès égal à l’emploi. Mais si les employeurs ont l’impression qu’embaucher une personne sourde est risqué ou compliqué, certains préféreront éviter la situation. Pour que l’inclusion fonctionne, il faut montrer que les PSM ont beaucoup à amener au milieu de travail. Il faut enlever l’idée qu’engager une personne sourde, »c’est du trouble ». »
Enfin, si RSM veut mener une lutte, la structure comprend qu’elle ne peut pas tout changer du jour au lendemain. « Les changements brusques créent de la résistance. La plupart des gens sont ouverts à l’inclusion. Mais quand les changements semblent imposés rapidement, ou quand les gens ont l’impression d’être accusés, une réaction de défense peut apparaître. L’inclusion avance mieux dans un climat de compréhension que dans un climat d’opposition. C’est pourquoi nous voulons accompagner les institutions étape par étape en développant des outils concrets, en formant et en sensibilisant, ainsi qu’en favorisant le dialogue. »
