Rencontre avec Louis Domingue: l’homme derrière le masque

Le gardien de but de la Ligue nationale de hockey Louis Domingue était de passage dans nos bureaux à Saint-Bruno-de-Montarville la semaine dernière. Le journal s’est entretenu avec lui pour faire le bilan de son expérience de joueur nord-américain en Russie, un retour sur sa carrière et ses projets futurs.

Louis Domingue revient d’une saison dans la KHL (Kontinental Hockey League) avec le Sibir Novossibirsk, où il a disputé 11 matchs au total. Son expérience soviétique n’a pas été de tout repos, notamment en raison de problèmes d’immigration. « Tu dois envoyer ton passeport à l’ambassade au Canada. Les procédures étaient longues et l’équipe là-bas ne t’aide même pas! » explique le gardien de 34 ans. En même temps, la Russie mettait un terme aux relations bilatérales avec le Canada. 

Le début de sa carrière a, lui aussi, connu quelques obstacles. Dès le repêchage en 2012, Domingue doit réviser ses attentes. « Je pensais sortir en première ronde, quand j’ai commencé à glisser, j’ai vraiment été déçu. » Son nom est enfin appelé au 138e rang et il atterrit chez les Coyotes de l’Arizona (les Coyotes de Phoenix à l’époque).

Il passe ensuite par plusieurs équipes, le Lightning de Tampa Bay, les Devils du New Jersey, les Canucks de Vancouver, les Flames de Calgary, les Penguins de Pittsburgh et finalement, les Rangers de New York. Depuis son retour de l’étranger, il garde le filet pour les Checkers de Charlotte, le club-école des Panthers de la Floride dans la AHL (American Hockey League).

Un joueur de relève

Un moment marquant de sa carrière : une victoire inattendue en séries éliminatoires avec les Penguins de Pittsburgh. En deuxième période de prolongation, le gardien partant, Casey DeSmith, se blesse, et Louis doit le remplacer. « L’arbitre, Johnny Murray, m’avait dit d’aller sur la glace et je ne le croyais pas! » raconte-t-il. « Quand J’ai vu DeSmith aller au banc, l’autre officiel, Frederick Lécuyer, m’a confirmé que c’était vrai, alors je suis allé devant le filet », explique le gardien. L’arbitre québécois lui a dit de prendre son temps et de bien s’échauffer, puis il lui a répondu en riant : « Fred, ça fait quatre heures que je suis assis sur un banc de bois. Je peux bien faire quatre ou cinq déplacements, ça ne va rien changer. Dépose la rondelle, on va voir comment ça va aller », raconte Domingue.

Les Penguins finissent par l’emporter avec un but d’Evgeni Malkin en troisième période de prolongation. Domingue repousse les 17 tirs dirigés vers lui dans la cause gagnante. « Je voulais battre Shesterkin, parce que c’était le gardien de l’année » conte-t-il.

« Jouer en séries, c’est ce qui a été vraiment mon moment de bienvenue dans la LNH. » – Louis Domingue

Comme si la situation n’était pas déjà assez tordue, Domingue révèle après le match qu’il avait mangé du porc épicé tout juste avant la deuxième période de prolongation. Cette anecdote le suivra dans sa carrière jusqu’à sa signature avec les Rangers de New York. Quelques heures après l’annonce, il écrit sur les réseaux sociaux : « Des suggestions pour un bon restaurant de porc épicé à New York? Je demande pour un ami. »

Un regard vers l’avenir

L’après-carrière n’effraie pas l’Hilairemontais, qui observe le paysage médiatique actuel dans le monde du hockey et n’écarte pas l’idée de le rejoindre une fois ses patins accrochés. « Je pense qu’il y a une transition qui est en train de se faire vers les médias sociaux. On a vu que les balados prennent plus de place. J’aimerais ça, parler de hockey », conclut-il. Derrière le masque du gardien se cache surtout un passionné de hockey qui, visiblement, n’a pas fini de raconter ses histoires.