Réforme du SPAL: le projet RESO va de l’avant

Le projet de police communautaire du chef du service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL), Fady Dagher, débute avec un investissement de 3,9 millions de dollars de la part de Québec.

La vice-première ministre du Québec, Geneviève Guilbault, le ministre délégué à la santé et aux services sociaux, Lionel Carmant et le ministre responsable de la lutte contre le racisme, Benoît Charette étaient présents à la mairie de Longueuil le 14 juin pour une conférence de presse. La mairesse de Longueuil, Sylvie Parent et le chef du service de police de l’agglomération de Longueuil, Fady Dagher, y étaient également pour annoncer que le projet Réseau entraide sociale et organisationnelle (RESO), qui vise à former des policiers qui travailleront directement dans la communauté, se réalisera dès l’automne prochain. 

En tout, ce sont des sommes de 3,9 millions de dollars qui sont investies sur trois ans dans le projet RESO, dont 3,6 millions proviennent du ministère de la sécurité publique et les 300 000 dollars restants du ministère de la santé et des services sociaux. 

Cinquante-cinquante

L’objectif de M. Dagher est de pouvoir, à terme et d’ici plusieurs années, former la moitié de ses effectifs comme policiers communautaires. Il a déjà réussi, en 2019, à envoyer plusieurs agents sans arme ni uniforme dans les différentes communautés longueuilloise afin qu’ils apprennent à mieux comprendre la réalité de certains groupes de citoyens qui peuvent avoir des besoins ou des réalités particuliers. 

Si une telle refonte du service policier est entamée, c’est que le travail de la police est de plus en plus axé sur des réalités qui ne concernent pas des problématiques d’ordre criminel. 70% des appels au 911 seraient d’ailleurs pour des causes non-criminelles. En ayant une plus grande proximité avec les citoyens, les policiers seraient contactés directement en cas de problème plutôt que d’avoir toujours recours au 911. Un lien de confiance pourrait donc s’établir entre la police et la population.

Dans la communauté en 2022

Pour débuter le projet, 21 agents, 2 sergents, 1 capitaine et trois employés civils seront formés dès l’automne prochain pour qu’ils puissent bien agir lorsqu’ils seront sur le terrain. Dès décembre 2021 ou janvier 2022, ces agents seront en mesure d’être envoyés à même la communauté pour une période de cinq semaines. 

Pour Fady Dagher, ce projet est « un accomplissement après trente ans de carrière d’arriver à ce résultat-là. » Le policier se dit « très heureux d’avoir continué à tenir tête, à persévérer avec mon équipe. Sincèrement, je suis même ému aujourd’hui, parce que quand je vois ça, je me dis que le ministère et le gouvernement ont répondu, la Ville également et maintenant c’est à nous de livrer. »

« Je suis convaincu qu’une fois qu’on aura démontré les bienfaits, beaucoup de corps de police vont vouloir entamer le pas. »

-Fady Dagher

Si le projet de trois ans de Longueuil donne les résultats escomptés, M. Dagher est d’avis que le modèle qu’il a imaginé pourrait se rendre au-delà du territoire du SPAL. « C’est un modèle très transférable partout au Québec. […] Je suis convaincu qu’une fois qu’on aura démontré les bienfaits, beaucoup de corps de police vont vouloir entamer le pas. » Les trois ministres qui étaient présents à ses côtés lors de la conférence de presse semblaient être du même avis et vouloir éventuellement étendre ce modèle à l’ensemble des corps de police Québécois. 

Pas de définancement

Pour le chef de police, les appels au définancement des corps policiers pour financer les groupes communautaires n’est pas la solution aux différentes problématiques avec des clientèles qui peuvent avoir des besoins particuliers, telles que les personnes ayant des troubles de santé mentale. « Si le service de police restait dans un statu quo, je comprendrais que les gens dénoncent le fait qu’ils voudraient y avoir un définancement. Mais là ce n’est pas le cas. On est dans un changement de mandat, changement de mission du travail policier. »

M. Dagher ajoute qu’il fait partie des acteurs qui sont aux premières lignes pour voir que les besoins sont urgents pour les groupes communautaires sur le terrain. 

À savoir si le projet est vu d’un bon œil par les agents du SPAL, l’homme qui en est à la tête répond que son projet est « le fruit de la consultation des citoyens et  des policiers et policières sur le terrain, qui me disent que ça ne marche plus, on est devant un cul-de-sac. J’amène une nouvelle vision qui est appuyée autant par la population que par les policiers et policières à l’interne.  »

Que pensez-vous de cette annonce qui encourage la police communautaire?