Quelques minutes pour briser la solitude

Mouvement « On s’appelle » de TVA

Cinq personnalités du territoire que couvre le journal Les Versants participent au mouvement de solidarité « On s’appelle », initié par TVA. Entretiens avec Marie-Claude Barrette et Mario Dumont, Dave Morissette, Saskia Thuot ainsi que Patrice Bélanger.

En marge d’un temps des Fêtes qui se voudra unique, le réseau TVA a lancé le mouvement de solidarité « On s’appelle ». Une soixantaine de personnalités liées à TVA (LCN, TVA Sports, TVA Publications…) s’impliquent dans cette initiative. Elles contacteront quelque 500 personnes séparées de leurs proches durant la période des Fêtes. TVA convie d’ailleurs tous les Québécois à prendre quelques minutes pour passer un coup de fil aux gens de leur entourage qui sont seuls pendant les Fêtes.

« La solitude est un problème majeur de l’Occident. Beaucoup de gens vivent seuls. » -Mario Dumont

Pour Marie-Claude Barrette, ce genre d’initiative est pertinent. La Montarvilloise est une habituée de ces appels à la population; elle prend part aussi au mouvement « On jase-tu? », initié par le magazine Le Bel âge. « Il faut faire preuve de grande écoute lors de ces appels, affirme Marie-Claude Barrette, qui se dit choyée de vivre cette expérience. Les gens seuls veulent être appelés. Il y a eu beaucoup de demandes en ce sens pendant le confinement. »

Lors du confinement printanier, les aînés de 70 ans et plus pouvaient recevoir des appels préenregistrés de Dominique Michel et de Bernard Derome afin de les rassurer sur l’épidémie de coronavirus. Le « On s’appelle » de TVA ne se déroule pas ainsi. « Non, ce ne sont pas des appels automatisés! On compose le numéro de la personne et on lui parle, on lui demande comment ça va, quel est son plus beau souvenir des Fêtes; quelque chose de positif », fait part Mme Barrette.

De son côté, Saskia Thuot se montre heureuse d’être impliquée dans « l’idée extraordinaire de TVA ». C’est « tout naturellement » qu’elle a accepté de se joindre au mouvement. « Je n’ai pas réfléchi, j’ai accepté tout de suite! Même bien entourée, je me sens parfois seule aussi. Alors je ne peux pas m’imaginer qu’il y ait des gens qui vivent dans la solitude à l’année, déplore l’animatrice. Le but de cette campagne, c’est de faire plaisir. »

Un naturel, c’est aussi la réponse que nous donne le Grandbasilois Dave Morissette, lorsqu’on l’interroge sur le mouvement « On s’appelle ». Selon lui, cette initiative est « sincère et arrive au bon moment ». Il ajoute : « En fait, ce genre de discussions, ça pourrait même me faire du bien à moi. »

Faire du bien

Une déclaration qui est revenue souvent de la part des personnalités avec qui le journal s’est entretenu. Patrice Bélanger, par exemple, soutient que ce geste, si modeste soit-il, fera une différence dans la vie des gens appelés, mais « une différence aussi dans la mienne ». Saskia Thuot a répété qu’une contribution semblable faisait du bien. Puis Marie-Claude Barrette admet « qu’on le fait aussi pour nous, parce que ça fait du bien ».

Pour Mario Dumont, le mouvement initié par TVA est « une conclusion heureuse à une année pas facile ». Puis : « Le malheureux de l’exercice, c’est qu’il y aura des déçus. C’est physiquement impossible de joindre tout le monde qui est inscrit. »

Plus de 10 000 inscriptions

Du côté de TVA, on nous répond qu’il y a eu plus de 10 000 demandes depuis le lancement du mouvement, le 8 décembre. « Il est évident que nos artistes ne peuvent pas faire tous ces téléphones, alors oui, il est certain qu’il y aura des déceptions, malheureusement. Nos artistes prennent de leur temps personnel pour effectuer ce geste de réconfort. Ils feront entre 5 et 10 appels chacun; elles sont 63 personnalités à y prendre part », explique l’attachée de presse du Groupe TVA, Émilie Ouimet-Maurice.

Les règlements stipulent qu’après la date limite pour s’inscrire, « TVA sélectionnera, à son entière discrétion, un minimum de 500 personnes qui seront appelées par des personnalités de TVA, sous réserve que le nombre d’inscriptions au mouvement le permette ».

Une réalité

Ces initiatives, à la « On s’appelle » de TVA ou encore HeyAllo, se sont multipliées depuis le début de la pandémie. Quand on demande ce que ça leur dit de notre société d’aujourd’hui, les principaux intéressés ont tous une réponse bien à eux. « Ça me démontre que c’est collectivement que l’on va s’en sortir », croit Mme Barrette. Pour Saskia Thuot, la COVID « aura fait bouger les affaires pour donner à son prochain ».

« C’est ce qu’il y a de beau, cette année. L’entraide. Il y a une belle vague d’amour et de solidarité qui s’est installée depuis le mois de mars », avance Dave Morissette, qui salue l’idée de son collègue Paul Larocque, l’initiateur du mouvement « On s’appelle ».

Collé sur l’actualité, Mario Dumont relate qu’il y a déjà eu un intérêt pour contrer la solitude du côté du Royaume-Uni. En effet, en janvier 2018, la première ministre Theresa May nommait une ministre de la solitude. Un fléau qui touchait alors neuf millions de Britanniques, d’après un rapport commandé par la Croix Rouge et publié en 2017 par la Commission Jo Cox. « La solitude est un problème majeur de l’Occident. Beaucoup de gens vivent seuls. En cette année de pandémie, je pense que la société en est maintenant plus consciente; c’est une réalité », ajoute M. Dumont. D’après lui, la fin complète de plusieurs activités sociales n’a pas aidé. « Il y a des gens qui se sont retrouvés seuls, seuls, seuls. »

Patrice Bélanger admet que l’isolement est une réalité inquiétante. « Il y a eu cette tendance à oublier, voire négliger nos parents, nos aînés, nos bâtisseurs. Or, il faut briser l’isolement, c’est un constat sociétal », déclare le père de deux garçons. Parmi les gens que le Montarvillois doit joindre cette semaine dans le cadre du mouvement « On s’appelle », il y a une dame qui fêtera bientôt son 100e anniversaire. « Il y a cette curiosité de lui parler, d’en apprendre plus sur son vécu, son bagage. J’ai une seule phobie dans la vie, celle de mourir, de ne pas connaître le moment de mon départ. La conversation que j’aurai avec cette femme s’annonce marquante, inspirante. »

QUESTION AUX LECTEURS :

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