Quatre ans et demi de prison pour Yves Roy

Il n’aura fallu qu’ une journée d’audience avant que la sentence ne tombe pour Yves Roy : quatre ans et demi de prison.
 
Après avoir reconnu sa culpabilité à des accusations de voies de fait graves mettant la vie d’autrui en danger, Yves Roy, l’agresseur d’une joggeuse au mont Saint-Bruno, le 2 septembre 2015, a pu connaître sa sentence dès aujourd’hui, à la Chambre criminelle de Longueuil.
La Couronne et la défense s’étaient entendues au préalable pour demander une peine de quatre ans et demi de prison, une recommandation conjointe entendue par le juge qui a longuement commenté sa décision en indiquant « qu’il fallait des explications. C’est un exercice de transparence face au public », a-t-il précisé.
En plaidant coupable, se sauvant ainsi d’un long procès, le condamné évitait de devoir se défendre contre des accusations de tentative de meurtre et de séquestration, qui ainsi ont été abandonnées.
En plus de sa peine de prison, Yves Roy a une interdiction à vie de posséder une arme ou encore d’entrer en contact avec la victime lors de sa peine.

« C’était une attaque gratuite. Les citoyens sont en droit d’aller jogger sans crainte. » – Le juge

De deux à cinq ans

Le juge a considéré que le crime qui avait été commis encourait une peine d’emprisonnement de deux à cinq ans selon la jurisprudence. Avec quatre ans et demi de prison, le verdict a voulu sanctionner la gravité des actes commis plutôt que de les minimiser, même si plusieurs facteurs atténuants ont été mis de l’avant. « C’était une attaque gratuite. Les citoyens sont en droit d’aller jogger sans crainte », a affirmé le juge.
Le condamné, enfermé depuis six mois, voit d’autant sa peine réduite. « Il accomplira les deux tiers de sa peine et sera suivi pour le restant », a expliqué à la fin de l’audience Sacha Blais, procureur de la Couronne. Cependant, Yves Roy n’aura aucune obligation de suivre une thérapie, même s’il a indiqué au juge, lors de l’audience, qu’il souhaitait « de l’aide » pendant sa détention. Le juge a indiqué qu’il la recommandait fortement. Les limites du droit ne pouvaient pas la lui imposer, la peine étant supérieure à deux ans de prison. Sur le même principe, il n’y aura pas non plus de « sécurité de surveillance quand il sera remis en liberté », a signalé le juge.

L’agression

Au moment des faits, Yves Roy se tenait au sommet du mont Saint-Bruno avec des gants chirurgicaux. Au passage de la victime, inquiète, qui lui a demandé s’il travaillait sur place, il a répondu oui, la laissant continuer sa course pour ensuite la poursuivre, la frapper dans les côtes tout en tentant de l’étrangler en lui demandant de l’excuser.
« Lors de l’enquête, les agents du Service de police de l’agglomération de Longueuil lui ont demandé pourquoi il avait commis cet acte. Il a expliqué qu’il avait consommé de l’alcool cette journée-là et qu’il avait des relations difficiles avec les femmes », a expliqué le procureur de la Couronne.
Yves Roy avait des antécédents criminels datant d’il y a 18 ans. En 1998, alors qu’il avait 27 ans, il a plaidé coupable à des accusations de voies de fait et de tentative d’étranglement sur une fillette de 6 ans.
Entre-temps, aucune autre affaire de voies de fait non résolue ne serait en lien, hors de tout doute, avec M. Roy, a précisé le juge.
À l’époque, une évaluation psychologique avait été effectuée, ne donnant pas des résultats très clairs sur une responsabilité criminelle ou pas du condamné qui travaillait à Sainte-Julie.
La victime, qui n’a pas souhaité témoigner, se remet difficilement de son agression. Elle en reste encore marquée physiquement et moralement, même si elle compte reprendre sous peu sa passion, la course à pied.
Question aux lecteurs : Comment trouvez-vous la sentence?