Prise de position du RCPEM
Consultations sur la réussite éducative
Le Regroupement des centres de la petite enfance de la Montérégie (RCPEM) a défendu les recommandations inscrites à son mémoire lors de la journée de consultations visant la mise en place d’une Politique de la réussite éducative, tenue le 21 novembre dernier.
Ce mémoire a été déposé au ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport et ministre de la Famille, Sébastien Proulx.
Maternelle 4 ans : dans quel réseau?
« Le statu quo n’est plus possible!, indique la directrice générale du RCPEM, Claudette Pitre-Robin. Le ministre doit adopter une orientation formelle quant au réseau qui aura la responsabilité des enfants de 4 ans.
Contrairement à ce qui avait été prescrit, l’expérience des 2 dernières années illustre clairement que l’implantation de la maternelle 4 ans à temps plein en milieu défavorisé ne se fait actuellement pas en complémentarité avec les services éducatifs de garde, mais au détriment de l’expertise qui a été développée au cours des 40 dernières années et plus particulièrement au cours des 2 dernières décennies dans le réseau des centres de services éducatifs à la petite enfance », a poursuivi Mme Pitre-Robin, qui a rappelé qu’actuellement, plus de 70 000 des 89 839 enfants de 4 ans fréquentent déjà un service de garde.
Préoccupé par la question de la place des enfants de 4 ans au sein du cursus éducatif, le RCPEM recommande donc :
• Que le réseau des services éducatifs de garde à la petite enfance soit le réseau retenu pour l’offre de services éducatifs aux enfants de 4 ans dans le cadre de la Politique nationale sur la réussite éducative;
• Que les moyens nécessaires soient déployés afin d’assurer à tous les enfants de 4 ans des services éducatifs de qualité accessibles et répondant à leurs besoins.
Plusieurs autres recommandations
Plusieurs autres recommandations font également partie du mémoire du RCPEM, dont celle de l’importance d’accorder une fréquentation gratuite à temps plein aux enfants dont la famille est prestataire des programmes d’aide sociale ou de solidarité sociale.
« Le statu quo n’est plus possible. » – Claudette Pitre Robin
La formation, un critère de qualité
Considérant qu’en CPE, 93 % du personnel est qualifié et que ce taux diminue à 53 % en garderies non subventionnées, le RCPEM recommande également au gouvernement de :
• Hausser de façon urgente les exigences en formation initiale du personnel éducateur dans les garderies privées non subventionnées et dans les services de garde en milieu familial, afin d’augmenter la qualité des services de garde de ces milieux;
• Reconnaître la formation initiale des futures éducatrices comme l’un des déterminants de la qualité des services éducatifs à la petite enfance, et à ce titre, d’adopter l’exigence minimale d’un diplôme d’études collégiales en petite enfance pour se voir confier par l’État la responsabilité d’enfants de 0 à 5 ans;
• Reconnaître la formation d’éducation en petite enfance comme étant celle qui répond le mieux aux besoins de la clientèle 0 à 5 ans;
• Affecter des sommes supplémentaires dans les services de garde pour assurer la participation des personnels éducateurs à des activités de formation ainsi que pour permettre le soutien pédagogique dans les services éducatifs de garde.
Fort de son expertise, de la connaissance du réseau et de sa réputation de collaborateur actif, le RCPEM s’est également engagé à travailler avec le ministre pour mettre en place les mesures et les conditions qui permettront d’ajuster les objectifs pédagogiques pour les enfants de 4 ans, afin de répondre aux attentes du milieu scolaire quant à la préparation des enfants pour la maternelle 5 ans.
Une bouffée d’air
D’autre part, le RCPEM s’est dit satisfait de l’annonce faite ce même 21 novembre par le ministre de la Famille, Sébastien Proulx, quant à l’octroi imminent d’un montant de 30 millions de dollars aux services de garde éducatifs à l’enfance.
Ces sommes ne compensent pas l’impact des coupes qui ont été imposées dans les structures, l’administration et l’organisation des services de garde ces dernières années, mais l’association régionale salue tout de même positivement ce geste ministériel. Il s’agit selon elle d’un premier pas vers une nouvelle ère de reconnaissance du réseau à titre de milieu essentiel au développement global des tout-petits, « milieu le plus adéquat pour répondre à leurs besoins ».
Rappelons que le RCPEM travaille depuis plus de 40 ans à faire reconnaître l’importance pour le Québec de se doter d’un réseau de services éducatifs de qualité, afin de donner à tous les enfants de 0 à 5 ans des chances égales de réussite éducative.


