Premier défi pour Michel Picard

Incendie à Fort McMurray

Michel Picard, député fédéral dans la circonscription de Montarville, vit une première expérience d’ampleur en participant à la gestion de crise à la suite des feux qui sévissent en Alberta. Secrétaire parlementaire du ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile, il félicite l’action menée dans l’urgence par son gouvernement.
Où en est la situation aujourd’hui?
« La bête », comme on la surnomme, progresse moins vite en raison de la température plus fraîche. On est très satisfaits de la diligence avec laquelle on a pu effectuer ce travail d’évacuation de la population. Il a fallu déplacer, en quelques jours, 80 000 personnes, ce qui est un exploit en soi. Compte tenu du fait que les gens sont maintenant évacués et en sécurité, il faut désormais essayer de contrôler « la bête ».
Il n’y a plus rien à craindre sur le plan de la sécurité publique?
D’après ce que nous savons, tous les gens ont été évacués. La sécurité publique demeure quand même une préoccupation pour la sécurité des gens, leur santé dans une situation d’évacuation. On se préoccupe aussi des lieux qui sont abandonnés et des détachements d’agents de la GRC qui viennent appuyer les forces sur place pour s’assurer de la relève, afin de donner une pause à ceux qui ont mis des heures extraordinaires dans cette mission.
Il y aurait dans les centres d’urgence qui accueillent les rescapés de Fort McMurray des cas de gastroentérite de plus en plus nombreux. Confirmez-vous l’information?
La question de santé est toujours un aspect relié à ce genre de mission de sécurité publique. Lorsque cela se passe, on ne parle pas juste de protection, il faut s’occuper de l’aspect santé, technologies ou encore des infrastructures. Cela fait partie des éléments auxquels il faut faire attention. La proximité de tant de gens dans un milieu si petit peut effectivement être propice à l’échange de microbes, ce qui fait que des gens vont tomber malades. Ça fait partie de la réalité. Je ne pense pas qu’on parle ici ni d’épidémie ni de danger pour la santé, mais les services de santé sur place sont toujours à l’affût.
Y a-t-il une évaluation des dégâts causés par le sinistre?
La zone sinistrée est encore une zone dangereuse. Personne ne se rend sur place pour évaluer les dommages. Il est trop tôt. L’attention est encore trop importante sur l’incendie pour se pencher sur la question des coûts, tant au niveau de la reconstruction que sur les infrastructures. Il est certain que cette préoccupation-là va arriver bientôt, parce que même si on va mettre des semaines à combattre le feu, il va falloir être capables à de disposer des lieux bientôt pour commencer à faire le décompte.
Cette évacuation deviendra-t-elle un exemple à suivre?
Ce sera un autre exemple à suivre avec de nouvelles données. Le chef des pompiers en Alberta a dit qu’ils réécrivaient le livre dans les incendies de forêt. Cela montre jusqu’à quel point cet incendie est majeur. C’est d’ailleurs le plus gros incendie de l’histoire du Canada, je pense. La particularité aussi, par exemple, qu’en pleine forêt boréale il y a un centre urbain fera partie des nouveaux éléments qui vont être écrits dans le livre et sur lesquels on va apprendre.
Faudra-t-il repenser la protection de ces villes proches des forêts denses?
Certains experts disent que même s’il y avait eu des zones tampons, on aurait douté de leur efficacité. La preuve, les tisons ont traversé la rivière Athabasca, qui fait 1 kilomètre de large à cet endroit. Ils ont traversé l’autoroute en un rien de temps. Avec les vents et les températures, le feu avait non seulement une intensité extraordinaire, mais aussi un comportement imprévisible. Je ne suis pas certain qu’un livre soit écrit là-dessus.
Êtes-vous satisfait de la gestion de cette crise?
Il est clair qu’on a agi avant même la première demande officielle. C’est le travail de la sécurité publique et de la protection civile que d’anticiper ce genre de crise et la réponse a été immédiate. Nous avons déployé toutes les forces possibles pour venir en aide aux autorités albertaines. Sur ce point de vue, le gouvernement a fait un travail impeccable. L’autre avantage que nous avions, c’est celui d’avoir à la barre le ministre Goodale. Il a une expérience extraordinaire en gestion de crise. Lui-même avait déjà vécu dans son histoire politique les inondations de Winnipeg, la crise du verglas, la panne électrique de Toronto. On est rassurés d’avoir le ministre à la tête, on est rassurés d’avoir le centre opérationnel du gouvernement (COG). La mission de sauvetage et de gestion de crise a été sans erreur, même s’il y a à déplorer la mort de deux personnes dans un accident de circulation. On souhaite le mieux, on se prépare pour le pire tout le temps
La générosité des Canadiens et des Québécois a-t-elle été au rendez-vous?
Je n’ai qu’un seul mot : BRAVO. C’est une belle qualité d’être canadien.