« Pouvez-vous répéter? Je vous entends mal. »

Mois de l’ouïe et de la communication

Dans le cadre du Mois de l’ouïe et de la communication, l’audioprothésiste Louise Cloutier explique son métier, l’importance de consulter un professionnel de l’audition, et elle donne quelques conseils pour ralentir la perte auditive.

En premier lieu, l’audioprothésiste est le spécialiste des corrections de l’audition. Sur prescription d’un médecin ORL (oto-rhino-laryngologiste) et/ou d’un audiologiste, il procède à l’appareillage des déficiences de l’ouïe. « Quand un patient m’est recommandé, je révise avec lui le diagnostic du professionnel et lui propose une prothèse qui répondra à ses besoins », d’expliquer Mme Cloutier.

En près de 30 ans de carrière, Mme Cloutier a vu la science évoluer beaucoup et répondre de mieux en mieux aux besoins des patients, surtout ces cinq dernières années. « Aujourd’hui, nous sommes en mesure d’ajuster réellement les appareils en fonction des activités des patients. À titre d’exemple, un musicien peut réussir à entendre très bien son instrument grâce aux ajustements personnalisés que l’on peut y faire, et cela, sans nuire à son bien-être quotidien. »

Saviez-vous que 80 % des personnes touchées par une perte auditive ne sont pas diagnostiquées ou traitées? Même un enfant peut être malentendant et ne s’en rendre compte que lorsque son environnement change, par exemple, une fois rentré à l’école. Sans oublier les personnes qui s’isolent par gêne de ne pas bien entendre ni comprendre, ou celles qui, inconsciemment, développent des troubles de communication ou cognitifs; des signes avant-coureurs de la perte d’audition. « Avez-vous déjà discuté avec quelqu’un qui semble vous avoir compris mais qui, finalement, ne vous donne pas de réponses cohérentes à vos questions ou bien regarde ailleurs lorsque vous avez fini de parler? C’est parce qu’il n’a pas bien entendu ce que vous lui avez dit, rapporte Mme Cloutier. Un autre exemple flagrant de perte d’audition, c’est quand quelqu’un vous suit pour lire sur vos lèvres parce que, si vous lui tournez le dos, il entendra moins bien vos paroles. »

Afin de ralentir la perte d’audition, Mme Cloutier conseille, entre autres, aux adeptes de musique forte, de baisser le volume et d’acheter de bons écouteurs qui contrôlent la sortie du son, et pour tout le monde, d’éviter les endroits trop bruyants et passer un test d’audition aux deux ans. « Une excellente audition se situe entre 0 et 20 décibels. Notre parole se situe entre 50 et 60 décibels. Les discothèques, autour de 120 décibels, informe Mme Cloutier. Une prothèse auditive ne corrigera jamais à 100 % l’audition, mais peut l’améliorer beaucoup, en la rapprochant le plus possible de 0.»

Une prothèse se garde de quatre à six ans et demande un entretien régulier. « Je conseille à tous mes patients de faire un examen de leur audition aux deux ans pour suivre leur évolution et veiller à ce que leur appareil réponde toujours à leurs besoins». Mais surtout, Mme Cloutier conseille à tout le monde de ne pas attendre les signes avant-coureurs de perte auditive avant de consulter un spécialiste.

Quelques statistiques

–       Les problèmes d’audition touchent 10 % de la population en général, 33 % des personnes de 65 ans et plus, et 50 % des personnes de 75 ans et plus.

–       80 % des personnes touchées par une perte auditive ne sont pas diagnostiquées ou traitées.

–       Après l’arthrite et l’hypertension, la perte auditive causée par le vieillissement est la 3e cause d’incapacité chez les aînés.

–       Il s’écoule souvent plus de sept ans entre l’apparition des premiers symptômes de perte auditive et une consultation chez un spécialiste de la santé auditive.

–       Chez les personnes âgées, il est de plus en plus démontré que la perte d’audition peut accélérer le développement de la démence. Celle-ci est 1,9 fois plus élevée chez les personnes ayant une perte auditive légère; 3 fois plus élevée avec une perte auditive modérée; et 4,9 fois plus élevée avant une perte considéable.

–       Les troubles de la communication et la perte de l’audition entraînent notamment l’isolement, les impacts sur le cerveau et l’apparition des pertes cognitives.

(Sources : Ordre des audioprothésistes du Québec, Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec, Études épidémiologiques menées par le Dr Frank R. Lin)