Poutines et pizzas au menu de l’École secondaire du Mont-Bruno
Première nationale sur l’alimentation scolaire
La première conférence nationale sur l’alimentation scolaire, sous le thème Du changement au menu, organisée par la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC, le réseau national De la ferme à la cafétéria Canada et Équiterre, aura lieu à Montréal du 12 au 14 novembre. Une rencontre qui ne semble pas intéresser la Commission scolaire des Patriotes (CSP) ni l’École secondaire du Mont-Bruno.
La CSP ne voit pas d’inconvénients à ce que l’École secondaire du Mont-Bruno, à Saint-Bruno-de-Montarville, serve poutines et pizzas dans sa cafétéria à partir du moment où elle respecte la politique pour une saine alimentation du ministère de l’Éducation. Sur le même territoire de la CSP, l’École secondaire De Mortagne, à Boucherville, a ajouté, en plus à son menu, le hot-dog.
« C’est notre conseil d’établissement qui détermine des choix de menus que nous faisons avec les conseils d’une nutritionniste. Nous proposons une fois par semaine de la poutine, mais les frites sont cuites au four. Les frites sont extralongues et la sauce n’a pas de gras. Nous proposons aussi de la pizza avec une composante de légumes », explique Céline Chagnon, directrice de l’École secondaire du Mont-Bruno.
Colleen Thorpe, chargée de projet au sein d’Équiterre, a observé qu’au Nouveau-Brunswick, en Ontario ou encore en Colombie-Britannique, les initiatives d’une saine alimentation scolaire sont plus nombreuses qu’au Québec, en retard dans ce domaine. « Au sein de l’école, il y a un fossé entre l’apprentissage des saines habitudes de vie et la pratique. Il faut commencer à le combler en multipliant les initiatives », explique-t-elle.
La CSP non concernée
Une réflexion que n’est pas prête à entendre la CSP, qui a fait le choix de ne pas participer à la conférence. « Cette rencontre s’adresse plus aux directions d’école ou aux traiteurs qui fournissent des lunchs aux enfants », indique Lyne Arcand, porte-parole de la CSP.
La CSP précise, par ailleurs, que la Politique relative à une saine alimentation et à un mode de vie physiquement actif, une politique-cadre mise en place par le ministère de l’Éducation datant de 2007 et réactualisée en 2010, donne une orientation suffisante à l’ensemble des établissements scolaires du Québec. « La CSP n’a pas les inspecteurs pour vérifier si toutes les écoles respectent les directives. Ce sont les chefs d’établissement qui nous renseignent sur leurs pratiques », précise la porte-parole.
Les écoles devaient fournir en 2009, 2010 et 2011 un compte-rendu à leur commission scolaire, sur la conformité de leurs cafétérias. Depuis 2011, les établissements scolaires n’ont plus cette obligation et personne ne regarde ce qu’il s’y passe. « Le conseil d’établissement fait le choix des menus créés avec les conseils d’une nutritionniste et toujours dans le respect de la politique-cadre », explique Mme Chagnon, qui n’avait pas entendu parler de la conférence de novembre.
Les écoles secondaires au Québec, qui ont l’obligation d’avoir une cafétéria, doivent aussi composer avec des marges bénéficiaires faibles tout en proposant des prix concurrentiels pour survivre à la compétition qu’offrent les casse-croûte environnants. « La cafétéria est parfois déficitaire, mais notre objectif n’est pas de faire de l’argent. Nous devons donner le meilleur service aux élèves à des coûts raisonnables », de conclure Mme Chagnon.


