Pour se faire entendre

Le Réseau Surdité Montérégie (RSM) célèbrera en octobre ses 70 ans de combat pour améliorer les conditions de vie des sourds et des malentendants dans leurs activités de tous les jours.

Soraya Abdella est la coordonnatrice intervenant au RSM et elle se prépare à la célébration du 70e anniversaire de l’organisme en octobre. 

Le Réseau Surdité Montérégie est un organisme ayant pour but de regrouper les personnes sourdes et malentendantes vivant en Montérégie afin de leur offrir des services promouvant leur autonomie. 

 » Nous avons 230 membres actifs en Montérégie et 115 membres amis. Ils se connaissent pratiquement tous, car nous sommes une communauté qui s’entraide beaucoup « , explique au journal Mme Abdella. Selon le RSM, il y aurait 15 % de personnes malentendantes ou sourdes qui font partie de celles qui ne s’identifient pas comme sourdes et/ou malentendantes.  » Ce sont des personnes qui ont développé au fil du temps des tactiques, comme la lecture labiale, par exemple, afin de s’intégrer dans la société tout en cachant ou en n’étant pas conscientes de leur surdité. Il y a 10 % des personnes sourdes et malentendantes qui sont répertoriées comme ayant une déficience auditive. Ces personnes-là sont à la recherche d’un soutien, soit du gouvernement, soit d’organismes qui peuvent leur venir en aide ou leur donner des soins particuliers (appareils auditifs). Elles sont donc conscientes de leur surdité. Finalement, il y a 3 % de personnes identifiées comme complètement sourdes. « 

70 ans après

Même si l’organisme a 70 ans, les solutions gouvernementales pour favoriser l’intégration de cette communauté sourde et malentendante ne s’appliquent pas rapidement.  » Le gros problème, c’est l’accès à la communication. La langue des signes est le seul moyen de communiquer et c’est une barrière au niveau des services publics, comme dans les hôpitaux, par exemple « , rappelle Mme Abdella. 

Projet dans les hôpitaux

En ce qui concerne l’accessibilité dans les hôpitaux, un projet mené par le RSM a reçu un franc succès pour aider la population sourde et malentendante à se faire soigner dans de bonnes conditions.  » Nous avons eu beaucoup de défis pour convaincre les hôpitaux de mettre en place notre projet, celui d’utiliser des tablettes reliées à des interprètes. Nous avons fourni trois tablettes dans trois hôpitaux de la Montérégie-Est, deux en Montérégie-Centre, qui sont implantées dans leur système et qui sont fonctionnelles. Il manque deux hôpitaux de la Montérégie-Ouest qui ont payé pour les tablettes, mais celles-ci ne sont pas encore entrées dans leur système, ni sur le terrain, dû à un changement de direction, d’après ce que j’ai compris. Nous espérons que ces deux dernières entrent en vigueur bientôt. « 

 » La langue des signes est le seul moyen de communiquer et c’est une barrière au niveau des services publics.  » – Soraya Abdella

Plusieurs agences d’interprètes sont les partenaires de l’organisme. En utilisant des tablettes, RSM n’aurait pas à faire se déplacer des interprètes et épargnerait ainsi les coûts du déplacement. 

En période électorale, Soraya n’oublie pas de rappeler aux élus que même si ce handicap n’est pas visible, il a des besoins.  » Il faut sensibiliser les élus et les instances gouvernementales qui ont tendance à oublier cette population. Est-ce que le débat des chefs a été traduit en langue des signes? « 

Même si le RSM est ravi du projet avec les hôpitaux, il reste encore tout à faire avec les services policiers, les pompiers ou autres services d’urgence.  » Pourquoi il ne serait pas possible de généraliser l’utilisation des tablettes? On est en 2022. « 

Un nouveau nom  

Anciennement connu sous le nom de l’Association montérégienne de la Surdité (AMS), l’organisme avait une influence plus importante au chapitre local et offrait des services plus particulièrement liés aux loisirs et aux activités sociales, d’autant plus que ces services étaient majoritairement offerts aux personnes sourdes et malentendantes résidant dans la ville de Saint-Jean-sur-Richelieu.

La mission de l’organisme se veut désormais plus régionale afin de desservir les personnes sourdes et malentendantes de l’ensemble de la Montérégie. Ainsi, l’AMS s’est transformée en RSM avec la nouvelle mission de promouvoir l’autonomie, de rendre accessibles les informations et les services de base, de briser l’isolement et de défendre les droits des personnes vivant dans la communauté sourde et malentendante de la Montérégie. 

Les personnes faisant partie de la communauté sourde et malentendante ont rarement l’occasion de s’exprimer. Le manque, voire l’absence totale d’outils de communication devient de plus en plus un enjeu majeur qui ne fait qu’augmenter les risques d’exclusion et d’isolement. 

 » Pour cela, au tout début de l’année 2022, le RSM a saisi l’opportunité de répondre à un appel de projet culture et inclusion financé par le ministère de la Culture et des Communications afin de mettre sur pied un projet basé sur l’histoire des personnes sourdes et malentendantes à travers la photographie. Tout le long de ce projet, les membres ont assisté à des ateliers accompagnés d’une artiste professionnelle en photographie afin d’apprendre davantage sur la captation d’images et ainsi de faire ressortir leur créativité et leur imagination afin d’exprimer leur histoire à travers une multitude de photos. Le but final est de monter une exposition photographique, à l’occasion du 70e anniversaire de l’organisme, dans laquelle nos participants présenteront leurs œuvres accompagnées d’une description historique de leurs créations. « 

Le RSM organisera donc une soirée, le 29 octobre 2022 à partir de 16 h, à l’hôtel Quality, Centre des congrès Saint-Jean-sur-Richelieu, au cours de laquelle les membres, les partenaires et les amis du RSM se réuniront afin de célébrer l’évolution de l’organisme jusqu’à aujourd’hui. Le billet, à 70 $, inclut un repas quatre services, un cocktail et un coupon pour participer au tirage moitié-moitié.