Piste cyclable de la Route verte : des barrières à problèmes?
Un cycliste de Saint-Bruno-de-Montarville déplore la mise en place de nouvelles barrières métalliques dans la descente de la piste cyclable du Pont noir. Ce tronçon de la Route verte mène au bout de la rue des Cèdres.
Les barrières métalliques ont été installées à cet endroit en remplacement d’une quille de béton et de bollards au centre du sentier cyclable. La borne de ciment pouvait empêcher un automobiliste d’accéder au passage.
Cette piste cyclable permet de circuler sous la route 116. C’est ce qui permet de traverser d’un quartier du sud 116 (rue des Cèdres et Grand Boulevard Ouest) à un autre secteur de Saint-Bruno (rue de Chambly), au nord 116.
Selon ce citoyen, Normand Drolet, les barrières qui ont été installées « sont de dimension exagérée et totalement inadaptées pour un bas de pente ».
Une voie importante
Le journal Les Versants a rencontré M. Drolet à l’endroit problématique afin de constater de visu. Le résidant de la rue Beaumont rappelle que ce lien est une voie cycliste « importante pour sortir de Saint-Bruno-de-Montarville ». Il précise : « Plusieurs cyclistes passent par ici. La fin de semaine, je me demande comment établir la priorité de passage à qui passent en premier; ceux qui montent ou ceux qui descendent? »
Au lieu de passer de chaque côté de la quille de béton, comme à l’époque, les cyclistes, les coureurs, les mamans qui baladent bébé dans la poussette, les propriétaires de chiens, les planchistes… doivent maintenant faire une sorte de S pour passer entre les barrières.
« En descente [vers la rue des Cèdres], si le revêtement est le moindrement humide, la capacité de freinage du vélo est réduite. Le risque de chute ou de percuter [les barrières] augmente de façon exponentielle », estime Normand Drolet. Ce dernier réside à Saint-Bruno-de-Montarville depuis plus de 40 ans.
« Plusieurs cyclistes passent par ici. » -Normand Drolet
Selon lui, la situation ne s’améliore pas lors d’une montée, en direction du Pont noir, puisque c’est beaucoup plus complexe de prendre un élan. « On doit les contourner tout en attaquant la montée. » Ce qui ajouterait une difficulté pour des cyclistes moins expérimentés, de jeunes familles équipées d’une remorque derrière le vélo, par exemple. Le Montarvillois est d’avis que ceux-ci seraient alors contraints de faire un bout du chemin à pied.
L’adepte de vélo croit qu’un « fonctionnaire qui n’a jamais fait de vélo de sa vie » s’est occupé de ce dossier. Le concept a été « mal conçu et mérite d’être plus convivial ». Il insiste : « La solution est pire que la problématique. »
Il propose de rouvrir les clôtures, de les décaler ou de changer leurs dimensions de moitié. « Parce que ce n’est pas si évident de les traverser. »
À titre d’exemple, le cycliste évoque un concept semblable sur la piste cyclable reliant Chambly et Longueuil. Cependant, ce tronçon est à plat, contrairement au dénivelé déploré à Saint-Bruno. « [Elles sont] de dimension telle et d’un espacement adéquat qui amène un ralentissement des usagers, mais sans être un emmerdement et un facteur de risques. »
L’avis des policiers
Lors de la rencontre du journal avec M. Drolet, des policiers à vélo du Service de police de l’agglomération de Longueuil ont franchi les fameuses barrières métalliques. L’un d’eux a commenté le nouvel équipement. « En passant, j’ai remarqué que les barrières sont très longues. J’ai même pensé à une erreur. »
Son collègue a renchéri en évoquant ce qui pourrait expliquer l’ajout de ces barrières. « Les cyclistes flyent en descendant par ici et personne ne respecte l’arrêt obligatoire. Le risque est grand, surtout avec des résidences à proximité et la circulation. Nous, on applique la signalisation, on ne la décide pas. »
Caroline Cossette
Enfin, la conseillère de ce district n°3, Caroline Cossette, a répondu au citoyen qui l’avait aussi contactée. Le journal a aussi obtenu l’explication de l’élue. « Je connais très bien ce secteur, car il a été problématique depuis à peu près le début de mon mandat [novembre 2017]. Des citoyens ont rapporté plusieurs accidents, surtout d’enfants, avec l’ancien système. La quille de béton et les bollards en plein centre ont donc été remplacés par les barrières. Cette solution est recommandée par notre service spécialisé et la zone demeure à l’étude. La pente et l’emplacement de cet accès/sortie sur la route [demeure] un défi, ainsi que la présence d’une entrée de cour à proximité », illustre Caroline Cossette.
D’après la conseillère municipale, des défis de cohabitation entre les cyclistes et les piétons seraient aussi un enjeu à cet endroit, entre autres sur le Pont noir. La vitesse serait une difficulté.
L’administration de la Ville n’a pas répondu au journal avant la tombée.
QUESTION AUX LECTEURS :
Quels autres tronçons du réseau cyclable du territoire sont problématiques selon vous?


