Pesticides mieux contrôlés

La Ville de Saint-Basile renforce sa réglementation sur les pesticides. Le règlement no 1236 en vigueur depuis le 8 juillet interdit désormais la vente et l’application de produits contenant du glyphosate et des néonicotinoïdes et impose de nouvelles exigences aux entreprises spécialisées.

Adopté le 6 juillet par le conseil municipal, le règlement remplace celui en vigueur depuis 2022. Cette révision était nécessaire afin d’harmoniser la réglementation municipale avec le Code de gestion des pesticides du Québec, qui a été renforcé en juillet 2025.

« Depuis cette date, le nombre d’ingrédients actifs interdits pour les entreprises qui appliquent des pesticides est passé de 22 à 60. Cette mise à jour permet à la Ville de maintenir une réglementation cohérente avec les exigences provinciales tout en assurant une meilleure protection de la santé publique et de l’environnement », explique Kristelle Villeneuve-Beauchamp, porte-parole de la Ville de Saint-Basile-le-Grand.

Au-delà du règlement provincial

La municipalité a en outre choisi d’aller plus loin que plusieurs autres municipalités de la région en matière de règlement sur les pesticides, précise Mme Villeneuve-Beauchamp. « Il va au-delà de l’interdiction des pesticides à des fins esthétiques en ciblant expressément le glyphosate, les néonicotinoïdes et certains ingrédients actifs présentant un risque plus élevé pour la santé et l’environnement, tout en encadrant leur vente et leur application. Cette approche fait de Saint-Basile-le-Grand l’une des municipalités de la région dotées de la réglementation la plus restrictive en matière de pesticides. »

Rappelons que le glyphosate, connu sous son appellation commerciale de Roundup, est un herbicide controversé. Il a été identifié comme étant toxique pour les organismes aquatiques et les plantes, comme le rapporte Équiterre sur son site Internet. Il fait aussi l’objet de préoccupations quant à ses effets nocifs potentiels sur la santé humaine. Le Centre international de recherche sur le cancer, une agence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le classifiait en 2015 comme étant « probablement cancérigène pour l’humain ». Les néonicotinoïdes sont une classe d’insecticides quant à eux reconnus pour leurs effets néfastes sur les insectes pollinisateurs, notamment les abeilles.

Obligations pour les entrepreneurs

Le règlement prévoit également un encadrement plus strict des entreprises offrant des services d’entretien paysager ou d’application de pesticides sur le territoire.

Les entrepreneurs devront désormais obtenir un certificat d’enregistrement annuel délivré par la Ville avant de pouvoir effectuer des traitements. Ils devront également respecter des exigences plus strictes concernant les périodes d’application, les distances minimales à maintenir par rapport aux cours d’eau et aux limites des terrains ainsi que les conditions d’utilisation des produits autorisés.

Ils seront aussi tenus de conserver un registre distinct pour chacun des pesticides appliqués sur le territoire et de le transmettre chaque année au Service de l’urbanisme et de l’environnement, au plus tard le 31 janvier.

Horaire pour les traitements

Les traitements sont désormais limités aux jours de semaine, avant 18 h. Ainsi, les inspecteurs municipaux seront davantage en mesure de surveiller les interventions réalisées sur le territoire et de vérifier que les entreprises respectent les conditions d’application ainsi que les produits autorisés, indique la porte-parole.

Lors des inspections, ils pourront demander les documents exigés par le règlement et prélever des échantillons à des fins d’analyse lorsque nécessaire. Des sanctions sont prévues pour toute personne qui contrevient aux nouvelles dispositions.

Solutions écologies encouragées

Au-delà du cadre réglementaire, la Ville souhaite également, sur son site Internet, encourager les citoyens à adopter des pratiques d’entretien plus respectueuses de l’environnement. On y retrouve notamment un calendrier d’entretien de la pelouse, des conseils saisonniers pour maintenir un gazon en santé sans recourir aux pesticides ainsi que de l’information sur différentes plantes de type couvre-sol pouvant remplacer le gazon traditionnel dans certains secteurs.