Pentes à glisser : à vos risques

Comme c’est le cas dans plusieurs villes, les pentes à glisser du territoire peuvent être ouvertes à tous sans surveillance. Est-ce que ce genre d’infrastructure devrait être accessible seulement sous supervision municipale?

Saint-Bruno-de-Montarville mentionne qu’elle « se dégage de toute responsabilité quant à l’utilisation des lieux », relativement à ses pentes à glisser. À Sainte-Julie, il est écrit que « l’utilisation de la pente à glisser est à vos risques en tout temps ». À Saint-Basile-le-Grand, pour la glisse, la Municipalité stipule qu’elle « ne peut être tenue responsable des incidents ou des accidents qui pourraient survenir ».

Une tangente générale semble ressortir : les villes mettent ce genre d’infrastructure à la disposition des citoyens en reconnaissant une forme de risque duquel elles se dégagent.

« Du strict point de vue de la gestion municipale, on accorde une grande importance à prévenir que le risque zéro n’existe pas, et que, par conséquent, les utilisateurs et leurs parents doivent en être conscients. C’est l’esprit de l’énoncé de responsabilité limitée du fournisseur de service municipal », affirme Danielle Pilette, professeure associée à l’UQAM et spécialiste de la gestion municipale.

Risques inévitables

Elle rapporte qu’une priorité est accordée à l’offre de services en matière de loisirs de plein air des jeunes, tout en s’assurant de prévoir des mesures de base de sécurité. « Toutefois, on sait qu’inévitablement, il risque de se produire des blessures, même parfois sur les terrains de baseball en été, et aussi sur les patinoires en hiver », rappelle-t-elle.

Mme Pilette soulève que la question est surtout celle de savoir si la Ville ferme bien le site lorsqu’un danger devient trop important. « Par exemple, prend-on des mesures lors de verglas, où les glissades deviennent trop verglacées et les surfaces glacées des patinoires, trop inégalement rugueuses? La démonstration d’une prise de mesures adéquates, le cas échéant, est importante à réaliser et à documenter par écrit, à partir d’un registre. »

Drame à Chambly

Lors de la semaine de relâche, un enfant de six ans a perdu la vie à la butte à glisser de Chambly. Des questions générales entourant la protection des enfants ressortent. « Appartient-il aux parents de prévoir un casque de protection pour les jeunes lors de glissades, comme pour le snow ou le vélo?, questionne Danielle Pilette. Peut-être qu’un affichage municipal pourrait le recommander pour la glissade et le patinage, et peut-être que le malheureux événement de Chambly pourra contribuer à l’implantation de cette recommandation, quoique la Ville ne puisse pas se substituer aux parents en la matière. »