Pas d’inversion de pétrole, mais un procès pour le permettre
Pipeline Portland-Montréal
La compagnie Pipe-Lines Montréal ltée (PLML), propriétaire du pipeline allant de Portland (dans le Maine) à Montréal, n’a pas le projet d’inverser le flux de pétrole dans son pipeline pour raccorder la côte Est aux sables bitumineux de l’Alberta. La compagnie poursuit cependant Portland pour permettre cette inversion.
La compagnie Pipe-Lines Montréal ltée (PLML), propriétaire de l’oléoduc qui va de Montréal-Est à Portland (Maine), n’a pas, « pour l’instant », l’intention d’inverser le sens de l’écoulement du pétrole dans ses pipelines passant à Sainte-Julie, Saint-Bruno-de-Montarville ou encore Saint-Basile-le-Grand.
Paul Wilson, porte-parole de PLML, indique que le projet Trailbreaker, projet qui aurait été géré par Enbridge pour inverser le flux de pétrole dans les pipelines afin de l’acheminer des sables bitumineux de l’Alberta à la côte Est, est abandonné depuis 2009. « Nous sommes convaincus que ce projet est toujours d’actualité. Il faudrait être bien naïfs pour penser le contraire », explique Monique Hains, cofondatrice du mouvement citoyen « Alerte Pétrole Rive-Sud ».
Aujourd’hui, PLML est devant les tribunaux pour s’opposer à la décision de Portland de bloquer l’inversion du flux de pétrole par le pipeline construit en 1941 et qui fonctionne en ce moment dans le sens Portland-Montréal. C’est ce pipeline qui aurait été utilisé dans le cadre du projet Trailbreaker.
« Est-ce qu’il pourrait y avoir un nouveau projet de ce genre sur cette portion? On ne répond pas aux questions hypothétiques », indique Paul Wilson.
Enbridge absent de la Rive-Sud
Le porte-parole d’Enbridge, propriétaire du pipeline 9B qui permettra d’acheminer le pétrole des sables bitumineux d’Alberta jusqu’à Montréal, se dissocie totalement des décisions qui seront prises sur le tronçon Montréal-Portland.
« Enbridge n’a aucun oléoduc qui passe dans les municipalités de Saint-Bruno, Saint-Basile, Sainte-Julie ou ailleurs sur la Rive-Sud. En ce qui concerne nos projets pour la Ligne 9, certaines allégations ont été faites voulant que nous agissions de manière déguisée pour ramener le projet Trailbreaker de 2008. Cette allégation est complètement fausse. Ce projet a été abandonné en 2009. À titre de fournisseurs de service responsable et réceptifs, nous explorons toujours les possibilités et les options qui répondront aux besoins grandissants de nos expéditeurs. Toutefois, toute initiative relative à un pipeline sur la côte Est serait un projet distinct et séparé du projet d’inversion de la Ligne 9 et de nos initiatives en cours relativement à l’accès à l’Est », a fait savoir au journal Les Versants le porte-parole de l’entreprise albertaine, Éric Prud’Homme.
« Nous ne pensons pas qu’Enbridge a des intérêts « directs » dans ce pipeline, puisque Exxon Mobil et Suncor sont les pétrolières liées à ce pipeline. Mais comme pour toute pétrolière impliquée dans les sables bitumineux, plus il y aura de pipelines qui transporteront ce pétrole, mieux ça sera pour elle. Donc, elle a des intérêts… indirects », de conclure Mme Hains.
Correction
Contrairement à ce qui avait était écrit dans notre édition du 22 avril, dans l’article « Des tests hydrostatiques exigés par les Villes », le pipeline entre Montréal et Portland, dans le Maine, appartient à la compagnie Pipe-Lines Montréal ltée et non à Enbridge, comme l’avait indiqué la Ville de Saint-Bruno-de-Montarville dans une résolution votée lors de la dernière assemblée publique.


