Pas de grève pour l’instant au parc national du Mont-Saint-Bruno

Les employés de la Sépaq n’acceptent pas l’entente de principe négociée par leur syndicat avec le gouvernement et menacent de faire la grève à partir du 21 septembre.

Pour la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq), le syndicat « ajoute des demandes irréalistes et déraisonnables ». Pour le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), « la Sépaq doit maintenant bonifier son offre monétaire, jugée insuffisante par nos membres. Il n’est plus question pour eux de s’appauvrir année après année. »

Le dialogue avait été tendu en juillet, avant la saison estivale. Un premier préavis de grève touchant les parcs nationaux, dont le parc national du Mont-Saint-Bruno, avait été donné pour finalement être levé à la dernière minute.

« Le SFPQ fait exploser de près de 50 % le coût de ses demandes par rapport à l’entente de principe qu’il jugeait pourtant lui-même satisfaisante en juillet. » – Simon Boivin

De retour à la table de négociation, le dialogue entre le gouvernement et ses employés aura duré quelques mois. Un avis de grève générale a été donné pour le 21 et le 26 septembre. « De nouveaux avis de grève ont été expédiés hier soir au ministre du Travail et à la direction de la Sépaq », a annoncé le syndicat dans un communiqué émis le 12 septembre. Cette fois, le Syndicat vise principalement 14 réserves fauniques au Québec, ce qui inclut aussi le service des ventes et des réservations qui fait partie de l’accréditation, de même que l’Auberge Port-Menier.

Les parcs nationaux seront indirectement touchés par la grève du Service des ventes et des réservations, mais la Sépaq rappelle qu’il est toujours possible de réserver sa place sur son site Internet.

Les endroits ciblés par le syndicat perturberaient surtout l’ouverture de la chasse dans les endroits visés. Pour le syndicat, « les quelque 500 membres du SFPQ travaillant dans les accréditations visées débrayeront en même temps, perturbant ainsi les activités de chasse. Plusieurs centaines de groupes de chasseurs sont attendus dans les réserves, dont celle de l’île d’Anticosti, où de nombreux chasseurs ont déboursé des milliers de dollars en forfaits, tout comme les chasseurs d’orignaux en plan américain dans plusieurs réserves fauniques. »

Et le vote pour la grève a atteint « un pourcentage historique de la part des membres de la Sépaq », avec 94 % des travailleurs de la Sépaq membre de la SFPQ en faveur du mouvement de protestation.

« Plusieurs de nos membres ne gagnent que 13 ou 14 $ par heure. Ils méritent de meilleurs salaires. Le 16 mai dernier, François Legault a justifié les hauts salaires des dirigeants de sociétés d’État en indiquant qu’il faut offrir une rémunération compétitive pour conserver les meilleurs employés. Nos membres s’en souviennent très bien et s’attendent au même traitement. Le gouvernement Legault doit faire la démonstration qu’il est sensible à la réalité des petits salariés. », indique Christian Daigle, président général du SFPQ.

Une demande déraisonnable

« Le SFPQ fait exploser de près de 50 % le coût de ses demandes par rapport à l’entente de principe qu’il jugeait pourtant lui-même satisfaisante en juillet. Sur ces bases-là, nous ne pouvons pas retourner à la table des négociations », indique au journal Simon Boivin, responsable des relations avec les médias, Sépaq.

En juillet, les deux parties avaient abouti à une entente de principe avec le syndicat. Ce dernier, en le présentant à ses membres, a vu l’accord passé rejeté à 60 %.

M. Boivin précise qu’« après l’entente de principe, nous avions une ouverture et une écoute. Nous les avons toujours, mais pas avec ces demandes qui ne peuvent servir de base à la poursuite des pourparlers. »

La Sépaq demande donc au syndicat de revoir sa demande afin qu’elle s’inscrive « à l’intérieur du cadre financier établi conjointement ente la Sépaq et le Conseil du trésor ».

« Les demandes syndicales sont tellement exagérées qu’il y a lieu de s’interroger sur la stratégie et les motivations derrière une approche aussi contre-productive », a déclaré le président-directeur général de la Sépaq, Jacques Caron.

En cas de grève

Dans l’éventualité d’un débrayage samedi prochain, la Sépaq mettra en branle son plan de contingence afin de préserver l’accès au territoire, aux zones de chasse et aux hébergements. Des opérations à effectif réduit pourraient avoir un impact sur certains services offerts, notamment les guides, les repas et la qualité du ménage dans le chalet. Une compensation sera offerte aux usagers advenant que leur séjour soit affecté.

Grève SFPQ

La négociation porte sur le renouvellement des conventions collectives des quelque 2500 membres du SFPQ dans les parcs nationaux, les réserves fauniques, le Manoir Montmorency, le parc de la Chute-Montmorency, la Station écotouristique Duchesnay, le siège social, le camping des Voltigeurs, les centres touristiques du Lac-Kénogami et du Lac-Simon, le Gîte du Mont-Albert, l’Auberge de montagne des Chic-Chocs, l’Auberge de Port-Menier ainsi que l’Aquarium du Québec.