Pas de cellulaires pendant les cours

De nos jours, rares sont les adolescents qui n’ont pas un iPod, une tablette ou un téléphone cellulaire. Pour éviter le chaos pendant les heures de classe, les écoles secondaires ont dû rapidement imposer aux étudiants des règles claires.

À l’École secondaire du Mont-Bruno, tout comme dans la majorité des établissements scolaires, les règles d’utilisation des appareils électroniques ont été ajoutées au code de vie que doivent respecter les étudiants. Il est permis d’avoir un tel appareil sur soi. Il est toutefois interdit de l’utiliser pendant les heures de cours ou lors des évaluations. Un élève pris en flagrant délit verra son appareil être confisqué par son professeur et cela, pour quelques jours. Lors d’une récidive, la direction de l’école entrera en contact avec les parents pour demander leur collaboration.

Céline Chagnon, directrice générale de l’établissement montarvillois, précise toutefois que dans certaines circonstances, les enseignants vont permettre aux étudiants d’avoir recours à leur téléphone ou lecteur de musique. « En arts plastiques, par exemple, lors d’un travail, il peut être aidant pour les élèves de pouvoir écouter de la musique pourvu qu’ils aient des écouteurs. »

Arianne, une élève de cinquième secondaire, explique que chaque professeur a sa façon d’assurer la gestion des appareils électroniques, mais que la plupart des enseignants ont une boîte sur leur bureau où chaque étudiant doit déposer son téléphone, sa tablette ou son lecteur en entrant en classe. Bien entendu, l’appareil doit avoir été mis hors service pour éviter de déranger la classe si un appel est reçu pendant l’heure de cours. « J’ai déjà eu une enseignante qui répondait lorsqu’un téléphone sonnait et elle expliquait à l’appelant que l’étudiant était en cours. C’était super gênant! C’est pourquoi je m’assure de toujours éteindre mon cellulaire avant d’entrer en classe. »

Du côté du secteur privé, la situation est similaire, quoi qu’un peu plus restrictive. Josée Paradis, directrice du Collège Trinité, mentionne que son établissement a pris un virage technologique il y a trois ans. Les élèves devant travailler sur des ordinateurs portables, il a fallu user de prudence pour adapter le code de vie à la réalité des appareils électroniques personnels et éviter des dérapages.

« Pour nous, il est essentiel d’inculquer à nos étudiants que la technologie est là pour être complice de nos apprentissages. Jamais l’humain ne doit être relégué au deuxième plan, derrière la machine. » Ainsi, l’établissement ne permet l’utilisation des cellulaires et lecteurs de musique que 40 minutes par jour, sur l’heure du dîner.

Les réseaux sociaux, le réel problème

Céline Chagnon poursuit en soutenant que la gestion des appareils électroniques dans l’école n’est pas un problème majeur et qu’en général, les étudiants respectent le code de vie. C’est toutefois l’utilisation de ces appareils pour avoir accès aux réseaux sociaux qui donne du fil à retordre aux intervenants du milieu scolaire. « Nous devons régulièrement gérer des situations d’intimidation qui se développent sur les différents réseaux sociaux. Nous avons un plan de lutte contre la violence et l’intimidation, et nous n’acceptons aucune situation de dénigrement ou de méchanceté. »

La directrice indique qu’en raison du projet de loi 56, qui vise à prévenir et à combattre l’intimidation et la violence à l’école, le personnel doit intervenir auprès des élèves agresseurs et victimes fréquentant l’établissement scolaire. « Nous devons intercéder lorsque nous savons que l’un de nos étudiants vit ou fait vivre de l’intimidation, peu importe si cela se déroule à l’école ou à l’extérieur. À ce niveau, les appareils électroniques gèrent beaucoup de notre temps », conclut-elle.