Sainte-Julie : pas d’accès l’hiver à la Sépaq

Le 8 novembre, plusieurs citoyens se sont réunis aux abords du parc national du Mont-Saint-Bruno, au niveau du quartier des Hauts-Bois à Sainte-Julie, pour y réclamer un accès hivernal.

« Nous nous sommes assurés de respecter les deux mètres et le port du masque », indique Nicolas Lessard, qui ne comprend pas pourquoi le parc de la Sépaq ne permet pas à tout un quartier de Sainte-Julie, collé au parc national du Mont-Saint-Bruno, d’avoir un accès direct à celui-ci par un chemin déjà existant.

Depuis plusieurs mois, une pétition circule pour motiver la Ville et la Sépaq à trouver une solution. Actuellement, 1257 signataires réclament que l’accès au parc par Sainte-Julie ne soit pas ouvert qu’environ neuf mois pendant l’année, mais aussi l’hiver, chose qui n’est pas le cas aujourd’hui.

Cette entrée occasionnelle représente l’une des neuf entrées secondaires du parc national. Trois d’entre elles sont fermées pendant l’hiver : celle de Sainte-Julie, une à Saint-Bruno-de-Montarville et une à Saint-Basile-le-Grand.

« Nous représentons, dans le quartier des Hauts-Bois à Sainte-Julie, 3200 citoyens. C’est beaucoup plus que bien des municipalités entières au Québec. La densité est là pour justifier une action pour régler ça. Des solutions simples existent et il s’agit de s’asseoir pour en discuter. »

Question de sécurité

Les solutions ne semblent pas si simples pour le directeur du parc du Mont-Saint-Bruno et Boucherville, Cédric Landuydt. « Nous connaissons bien l’endroit et cela fait des années que l’on demande au parc l’ouverture de ce sentier pendant l’hiver. Cependant, le chemin est escarpé avec une pente à 27 %. Nous ne pouvons pas l’entretenir, surtout l’hiver. Des plaques de glace peuvent ainsi se former et le sentier devient dangereux. Le compromis que nous avons trouvé, c’est de le rentre accessible juste en dehors de la période hivernale. »

Cette interdiction de passage pendant l’hiver oblige les résidants de ce quartier de Sainte-Julie à prendre la voiture pour aller à l’entrée principale du parc, située environ à trois kilomètres.

M. Landuydt est bien conscient que ce n’est pas une situation idéale, mais en plus d’être la plus sécuritaire, c’est aussi pour lui celle qui permettra de préserver le parc. « On ne peut pas non plus créer une nouvelle piste ou encore élargir la piste de ski de fond déjà existante. Le parc national a une mission de conservation et déjà, en hiver, le parc possède 10 km de sentier par km. C’est énorme. Si nous pouvions développer un nouveau sentier dans un espace de pique-nique, cela ne poserait pas de problème, mais un nouveau sentier dans un espace de conservation, nous ne sommes pas intéressés à faire cela. »

« Le chemin est escarpé avec une pente à 27 %. Nous ne pouvons pas l’entretenir,  surtout l’hiver. » – Cédric Landuydt

Chemins clandestins

Cette absence de sentier à Sainte-Julie est la principale cause de chemins clandestins afin de rejoindre le parc national, et parfois dans des endroits protégés par Nature action Québec (NAQ).

L’objectif des signataires de la pétition est justement d’« éviter que les citoyens circulent dans des zones dont la Sépaq et NAQ souhaitent limiter l’accès ».

« Nous sommes conscients qu’il y a des gens qui font leur propre sentier. On n’aime pas ça. C’est certain que nous préférerions trouver une solution, mais il n’y en a pas dans ce secteur. Alors nous sommes obligés d’émettre des constats d’infraction et nous surveillons cet endroit particulièrement. Il y a une raison pour laquelle nous n’autorisons pas ce sentier l’hiver. Nous devons garder un équilibre entre la préservation et l’accès au public. Le compromis que l’on a trouvé, c’est de laisser ce sentier ouvert en dehors de la période hivernale, pendant environ neuf mois », de préciser M. Landuydt.

La Sépaq observe que le versant Sainte-Julie de la montagne est l’endroit où il y a le plus de sentiers illégaux en zone protégée et qu’elle a dû intervenir en installant des clôtures et des affiches qui sont régulièrement vandalisées. La Sépaq a organisé des patrouilles à cet effet l’hiver dernier et plus de 25 constats d’infraction ont été distribués en trois sorties de trois heures.

Quant à un partage éventuel des sentiers par les différents usagers (skieurs, marcheurs, cyclistes), la direction est également frileuse devant une telle avenue, sachant que cela génère beaucoup de frictions entre les usagers en plus de nombreuses plaintes. C’est ainsi que seuls les skieurs de fond peuvent y pratiquer leur sport.

Propositions de la Ville en 2021

Les représentants de la Ville ont rencontré les représentants de la Sépaq le 23 octobre dernier. « Malheureusement, la rencontre s’est soldée par une réponse négative de la part de la Sépaq. Bien que nous ayons accueilli cette réponse avec déception, nous n’avons d’autre choix que d’accepter la décision sans appel de la Sépaq. Dans l’intervalle, soucieuse de maintenir un juste équilibre entre les usages sportifs et récréatifs et l’intégrité environnementale des lieux, la Ville envisage divers scénarios. Des analyses sont en cours et les résultats devraient être connus à l’été 2021 », d’indiquer Julie Martin, porte-parole de la Ville de Sainte-Julie.

Suivant cette démarche, la Ville a assoupli les contraintes dans le parc Harvey afin de permettre aux cyclistes de s’asseoir sur leur vélo. La Ville a reconnu l’importance, pour les Julievillois et les résidants du secteur des Hauts-Bois, d’avoir un accès complet pour tous les utilisateurs en tout temps.

Devant cette fin de non-recevoir, M. Lessard espère maintenant pouvoir travailler avec la Ville afin qu’elle puisse financer à hauteur de 50 % la carte d’accès annuelle à la Sépaq pour ses citoyens, comme le fait la Ville de Saint-Bruno-de-Montarville. « Cela permettra à la Ville de renforcer son pouvoir de négociation », de conclure M. Lessard.