Oui ou non à la fermeture des commerces le dimanche?

François Legault a annoncé, le 30 décembre dernier, la fermeture des commerces pour trois dimanches d’affilée, les 2, 9 et 16 janvier. C’est l’une des restrictions que le gouvernement a remises en place pour contrer la hausse des cas de COVID-19.

Les établissements commerciaux de vente au détail tels que les magasins, les boutiques, les points de vente, les marchés et autres, ont été fermés au public pendant trois dimanches. Une mesure qui a été levée jeudi dernier.

Des airs de ville fantôme

Une circulation plutôt fluide sur les autoroutes. Une route 116 moins achalandée. Un centre-ville de Saint-Bruno abandonné. Des stationnements commerciaux vides. Le noyau villageois à Saint-Basile – la montée Robert – quasi désert.

Une description du couvre-feu aux alentours de minuit? Non, plutôt un dimanche 9 janvier, en fin d’après-midi. L’heure à laquelle les clients quittent les commerces pour retourner à la maison, ou encore le moment où les gens sortent pour effectuer quelques achats. En vue du souper du soir ou pour préparer les lunchs de la semaine. Pourtant, les rues étaient désertes, ou presque, en ce dimanche hivernal alors que le gouvernement a décidé de fermer les commerces.

« Pour les trois prochains dimanches, les commerces seront fermés au Québec, affirmait François Legault en point de presse. Pour donner une chance aux commerces qui manquent d’employés d’avoir au moins une journée de répit. »

« Pour la famille, je suis d’accord de fermer. » -Frank Barberio

Puis, le premier ministre d’insister : « Il y a des secteurs qui, à cause du nombre de personnes qui ont la COVID-19, ne peuvent plus fonctionner normalement. Donc, c’est toute la société qui, actuellement, est fragilisée. C’est vrai aussi dans les commerces, même les commerces essentiels. »

Les commerçants que le journal Les Versants a contactés sont partagés par cette décision du gouvernement de la CAQ. « On se fait bombarder de tellement d’affaires en même temps, on ne sait même plus où donner de la tête, amorce Frank Barberio, de Pains et Saveurs. Je crois que ce n’est pas nécessaire de fermer le dimanche. Les commerçants se plaignent beaucoup de devoir fermer pour trois dimanches. C’est ce que j’entends. Nos jeunes employés, eux, veulent travailler la fin de semaine. »

« Financièrement, ça peut affecter certains commerces de fermer les dimanches. Je crois que la pandémie nous affecte moralement plus qu’autre chose. Mais si la fermeture devait être maintenue, les clients s’adapteraient et viendraient plus tôt dans la semaine », estime Lina, du Chaussures Classico.

Pour la famille

Une « journée de répit » pour les travailleurs, mentionnait François Legault. Mais outre pour les employés, un congé dominical a aussi ses avantages pour la vie de famille. Sur ce point, les intervenants questionnés s’entendent pour dire qu’il y a aussi des avantages à ne pas ouvrir les dimanches.

« Personnellement, je suis d’accord avec la fermeture des commerces le dimanche. J’ai connu ce temps où tout était fermé le dimanche. Tout le monde a bien vécu avec ça. Je crois qu’avec la pandémie, ce que nous vivons depuis deux ans, c’est une bonne chose pour la vie familiale. Prendre ce temps de congé pour se retrouver avec les nôtres, pour se réunir en famille », répond Lina.

De son côté, Frank Barberio estime que la société et la famille s’en porteraient mieux si les magasins et les commerces étaient fermés le dimanche. « Avant, dans les années 70 et 80, c’était toujours fermé les dimanches. Ça donnait un bon répit, physiquement et mentalement. J’aimais cet aspect humain et familial de la chose. Pour la famille, je suis d’accord de fermer », dit-il.