Oui à l’Îlot Natrel, mais une pause d’un an pour le complexe sportif

Éditorial

Depuis plusieurs semaines, pour ne pas dire des mois, il se dépense bien de l’énergie et de la… salive dans des projets à l’étude à Saint-Bruno-de-Montarville. Je pense particulièrement à l’Îlot Natrel, destiné à donner une nouvelle vocation à l’ancienne laiterie qui a marqué durant plusieurs décennies l’histoire de notre municipalité, ainsi qu’au fait d’aménager un complexe sportif au parc Rabastalière.
Tant dans notre journal que sur les réseaux sociaux, ces deux projets suscitent bien des commentaires, parfois teintés d’une bonne dose d’émotivité. À lire tous les propos, il est clair que la sérénité n’est pas toujours au rendez-vous!
Regardons en premier le dossier de l’Îlot Natrel qui devrait voir le jour au centre-ville. Le promoteur, COGIR, dont le grand patron est d’ailleurs un citoyen de Saint-Bruno, a présenté des plans, les a expliqués en long et en large à divers groupes de citoyens et a refait ses devoirs afin de répondre aux exigences de la commission d’urbanisme (CCU). Toutes ces démarches menées avec un souci de transparence.
Il était donc désolant de constater qu’à la réunion du conseil municipal du 15 octobre dernier, les trois conseillers de l’opposition ont voté contre l’étape nécessaire à la réalisation du projet. À mon avis, les trois conseillers en question devraient se rappeler que la campagne électorale est terminée et que s’opposer pour s’opposer n’apporte rien de positif au développement de notre municipalité. Je crois qu’il serait plus que temps que certains membres du conseil municipal saisissent tous les bénéfices reliés au projet de l’Îlot Natrel. Ils devraient se souvenir, et surtout comprendre, que tous les commerçants souhaitent la réalisation de ce projet servant à donner une nouvelle dynamique à un centre-ville qui en a grandement besoin. Qu’ils prennent le temps de causer avec les commerçants, du nettoyeur aux restaurateurs en passant par la fleuriste, les coiffeurs et les pharmaciens, pour bien saisir toute l’ampleur que ce projet représente pour leur entreprise.
Quel dommage d’entendre les propos de certains conseillers de l’opposition pour expliquer les raisons qui les motivent à s’opposer à la réalisation du projet! Désolant d’entendre les explications du conseiller Joël Boucher qui n’arrive tout simplement pas à évaluer et à comprendre parfaitement l’impact positif de ce projet pour tous nos gens d’affaires. Peut-être que M. Boucher et les deux autres conseillers de l’opposition devraient prendre le temps de bien analyser les gestes qu’ils posent et qui risquent carrément de nuire au développement commercial de Saint-Bruno.
L’absence de compromis de certains conseillers est on ne peut plus désolante. Quel message envoient-ils aux citoyens, aux commerçants, aux industriels ainsi qu’aux investisseurs que d’aucuns n’hésitent pas à qualifier de « méchants promoteurs »? Sont-ils des citoyens de deuxième classe? Pourquoi tiennent-ils à vouloir mettre ce projet en péril? Répétons-le : s’opposer pour s’opposer n’est jamais une formule gagnante.

Le complexe sportif

Voilà un autre dossier chaud à Saint-Bruno… pour ne pas dire très chaud. Pas de doute que la très grande majorité des citoyens est favorable à la construction d’un complexe sportif ou à l’optimisation des installations sportives, mais c’est son emplacement qui donne de l’urticaire à bien des citoyens. À ce stade-ci, il est même permis de parler d’acceptabilité sociale. Et s’il y a quelqu’un qui devrait comprendre cette réalité, c’est bien le maire Martin Murray qui, à une certaine époque, ne se privait jamais de critiquer l’ex-maire Claude Benjamin au sujet du boisé des Hirondelles.
À mon avis, le parc Rabastalière ne devrait pas être le problème, mais plutôt faire partie de la solution. La question que je pose est la suivante : pourquoi démolir des terrains de balle pour les remplacer par un complexe qui regrouperait diverses activités? Pourquoi faut-il que la très grande majorité des activités sportives et récréatives se déroulent au même endroit? Des ententes avec la commission scolaire sont-elles possibles? Et pourquoi fermer la porte au parc Marie-Victorin où certains aménagements supplémentaires pourraient être mis en place?
Pourquoi, enfin, ne pas prendre le temps de consulter les entreprises du parc industriel et la Molson qui verra le jour bientôt à un jet de pierre de notre territoire? Peut-être que certaines d’entre elles souhaiteraient utiliser à l’occasion certaines aires de jeux pour leurs employés et cela, en retour d’une participation financière!
Plus que jamais, je suis persuadé que le temps est venu de suspendre pour une année toutes les démarches et de se donner du temps pour mener une réflexion complète avec tous les intervenants, et cela, toujours dans un souci de transparence afin que les citoyens de Saint-Bruno aient l’heure juste.
D’autant plus vrai que non seulement nous avons un nouveau gouvernement provincial, mais plusieurs des nouveaux élus sont de la Montérégie, à commencer par notre députée, Mme Nathalie Roy. On peut deviner que Mme Roy et plusieurs autres ministres qui sont de la Rive-Sud auraient une oreille attentive à un projet qui aurait l’aval de la population de Saint-Bruno. Je pense aussi au député de Chambly, nouveau ministre de l’Éducation, M. Jean-François Roberge, un ancien enseignant de Saint-Basile, et à Mme Marie-Chantal Chassé, une citoyenne de Mont-Saint-Hilaire, qui est ministre de l’Environnement. Bref, toutes des personnes qui ont déjà une bonne connaissance des dossiers locaux. Par contre, il est prouvé que les instances gouvernementales font rarement preuve d’empathie face à un projet qui est une source de division au sein d’une population. Toute l’animation qui entoure le projet du complexe sportif en est un bon exemple.
L’entêtement du maire Murray, du moins jusqu’à présent, à construire le futur complexe au parc Rabastalière devrait faire place à un temps d’arrêt. Nous avons remarqué d’ailleurs à la réunion du conseil de la semaine dernière que certains conseillers de sa formation politique manifestaient une ouverture à écouter davantage la population.
Retarder le projet d’un an ne causerait aucun préjudice. Les citoyens de Saint-Bruno sont en faveur d’un complexe sportif et de l’optimisation des aménagements sportifs et récréatifs, mais pas avant d’avoir pris le temps de bien analyser toutes les hypothèses, y compris celle d’assurer des aménagements à divers endroits du territoire et non uniquement dans l’enclave du parc Rabastalière.