Nouvelles classes modulaires mais rien de permanent

Saint-Bruno n’aura pas de nouvelle école primaire pour le moment et obtiendra six nouvelles classes modulaires pour la rentrée 2021-2022, soit 24 de moins que la demande du Centre de service scolaire des Patriotes (CSSP) qui voulait une nouvelle école sur cette partie de son territoire. 

Le CSSP avait déjà annoncé que l’école primaire Albert-Schweitzer allait avoir six nouvelles classes modulaires, soit des locaux temporaires. Cette mesure évite entre autres de devoir envoyer les élèves de cette école vers des établissements de Saint-Basile-le-Grand à cause du manque de locaux à Saint-Bruno. L’ajout se fera pour une somme évaluée à 827 664$ avant taxes pour le corridor entre l’école et les classes modulaires, plus environ 800 000$ avant taxes pour la construction desdites classes.

Une demande pour une école ayant 24 locaux supplémentaires a également été faite pour Saint-Bruno afin de répondre à la hausse constante du nombre d’étudiants Montarvillois. Or, cette demande  du CSSP n’a pas été acceptée par Québec et la demande précédente pour avoir 22 locaux en octobre 2019 avait également été refusée. 

En tout, le CSSP indique avoir fait 11 demandes pour effectuer des projets d’agrandissement à l’automne 2020 dans le cadre du Plan québécois des infrastructures (PQI)2021-2031, mais qu’une seule proposition a été acceptée pour reconstruire l’école Paul VI, à Boucherville.  

Assez de personnel?

Même si les demandes duCSSP pour  étaient toutes acceptées, il n’y aurait pas forcément assez de personnel pour que les étudiants aient accès à un enseignant dans leur classe et au personnel de soutien requis pour assurer que tous les services soient donnés de manière adéquate à ceux qui en ont besoin. 

Le vice-président de la section locale  des Patriotes du syndicat de Champlain, Jean-François Guilbault, indique qu’en début d’année, il y a assez de personnel enseignant pour combler les postes créés par de nouvelles classes. « On va venir égrainer ce qui nous reste pour l’ensemble du territoire.  L’année dernière, on avait comblé la majorité des contrats à temps plein. »

Les contrats d’enseignement à temps partiel, qui incluent les remplacements, ont pour leur part été plus difficiles à combler l’an dernier. M. Guilbault indique que la majorité des opportunités sont à temps plein, mais que les personnes travaillant à temps partiel sont plus rares parce que la majorité des employés préfèrent travailler à plein temps. 

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C’est le nombre manquant de locaux que prévoit avoir le CSSP d’ici 2024-2025, mais il risque de manquer également de personnel

Au fur et à mesure que les classes s’ajoutent dans un centre de services scolaire, la tâche devient plus difficile en début d’année pour combler les postes. Jean-François Guilbault dit à cet effet que « s’il n’y a pas de postes à temps plein dans un centre de services scolaire, [les travailleurs] vont voir dans un autre. Ça diminue la quantité de personnes disponibles pour combler des contrats à temps partiel. » 

Manque d’employés de soutien

Du côté des employés de soutien scolaire, tels que les éducatrices en service de garde ou les techniciens en éducation spécialisée, la vice-présidente de la section locale des Patriotes pour le soutien scolaire, Guylaine Bachand, mentionne qu’il y a « de la difficulté à remplacer lesTES et les besoins d’éducatrices en services de garde ont été comblés par des personnes qui ne sont pas qualifiées pour cela. » Mme Bachand indique que les personnes qui effectuent les remplacements pour les services de garde ne seront en mesure d’obtenir un poste que si elles obtiennent les qualifications nécessaires. 

Même si elle reconnait qu’il manquerait d’employés pour que les écoles puissent fonctionner de manière adéquate, la vice-présidente syndicale croit que les centres de service scolaires n’ont d’autre choix que de procéder à des agrandissements. « Ils n’auront pas le choix d’ouvrir les classes: on ne déplace pas les élèves, les élèves débordent. À un moment donné c’est la raison pour laquelle le centre de services crée les nouveaux groupes. »

Pas assez de locaux

Les écoles primaires du CSSP, dont celles de Saint-Bruno, ont un manque de plusieurs locaux depuis plusieurs années, mais Québec n’a pas les fonds pour procéder à tous les travaux du même coup. 

Ainsi, le rapport des Grands Projets, qui décrit de manière détaillée les besoins pour les établissements scolaires du centre de services, souligne que si le déficit de locaux actuel se maintient pour les années à venir, et que la population des municipalités de Saint-Basile et Saint-Bruno continuent à augmenter, le nombre de classes manquantes atteindra 9 d’ici 2024-25 et 22 en comptant les enfants qui seront inscrits dans les groupes de maternelle 4 ans.  

Lorsqu’il y a des congés de maternité ou absences pour invalidité qui s’ajoutent durant l’année scolaire, il n’y a pas assez de personnes sur les listes de remplacement au cours de l’année. 

« Si on veut trouver des solutions à la pénurie de personnel, il faut trouver des conditions de travail qui favorisent la rétention, qui vont valoriser la profession. »

« Il y a des secteurs du CSSP où on est complètement engorgés. »

Si on regarde l’ensemble de l’immobilier du centre de services scolaire, l’état des bâtiments laisse à désirer. Il y a énormément d’investissement qui doit être fait pour assurer que les écoles soient en meilleures conditions. » 

Que pensez-vous du nombre de classes pour les élèves dans notre région?