Nouveaux visages, vieux enjeux
Agglomération de Longueuil
Jeudi, la séance du conseil d’agglomération accueillera de nouveaux élus issus des dernières élections municipales. Au menu, des mots de bienvenue et, à coup sûr, des sujets relatifs au fonctionnement de la structure seront remis à l’ordre du jour.
Un survol de la plateforme d’Action Longueuil de Sylvie Parent, confirmée comme mairesse, montre que le mot « agglomération » y demeure absent. « Non, il n’y a rien dans ma plateforme, car l’agglomération existe; elle est fonctionnelle. L’agglomération se porte bien. On doit s’asseoir les cinq pour voir comment améliorer la façon de travailler ensemble. Quels sont les enjeux? Quelles sont leurs attentes? », répond en entrevue la mairesse.
Invitée à réagir à la proposition de son adversaire à la mairie, Josée Latendresse de Longueuil Citoyen, à l’effet de créer une commission sur la gouvernance, Sylvie Parent a refusé de commenter les dires d’une candidate « qui n’a pas été élue ». Y a-t-il alors un problème de gouvernance? a demandé le journal Les Versants. « On fonctionne de la même façon que les autres agglomérations. Est-ce qu’il y a des choses au niveau de l’échange des données qu’eux autres voient comme problématique? Moi, honnêtement, je suis là depuis huit ans. Quand on est arrivés en 2009 et depuis, jusqu’en 2017, il y a un monde. La table des maires n’existait pas. Les maires des villes liées ne participaient pas aux réunions du comité exécutif ni au conseil d’agglomération, alors que tout le monde est revenu à la table. On peut regarder le verre à moitié plein ou à moitié vide. Il y a eu une grande évolution qui a été faite au sein des cinq villes liées. Est-ce que c’est parfait ? Non, visiblement pas. Il va falloir qu’on apporte des idées, des pistes de solution, être constructif. »
Saint-Lambert, un cas à part
« Mon slogan était : ‘‘Oeuvrons en harmonie’’ », lance le nouveau maire de Saint-Lambert, Pierre Brodeur, en faisant allusion aux litiges judiciaires avec Longueuil et aussi Montréal concernant le bruit des spectacles de musique. « C’est une conjoncture favorable avec des nouveaux visages. Quand on a un voisin, on ne lui envoie pas, par un avocat, une mise en demeure; là, vous coupez tous les ponts. »
Le nouveau magistrat de Saint-Lambert dit souhaiter remettre sur pied la table des maires alors boycottée par la Ville de Longueuil à la suite des affiches de publicité « Nous payons trop pour Longueuil» mises en place par Brossard, Saint-Lambert et Saint-Bruno. Autour de cette table, Pierre Brodeur souhaite « dégager des discussions de façon confidentielle pour faire avancer les dossiers, exprimer nos positions clairement sans avoir avec nous une quantité de fonctionnaires ».
Le maire aura assurément à défendre l’intérêt de sa ville qui, selon lui, est différent des préoccupations de Brossard et Saint-Bruno. « Ce qui nous intéresse à Saint-Lambert, c’est la répartition fiscale qui nous désavantage. On est un cas particulier, contrairement à Saint-Bruno et Brossard, qui ont des parcs industriels. Nous, c’est le résidentiel. »
« Oui, ça prend des modifications à la loi, mais si nous, les élus, sommes d’accord, pensez-vous que le ministère ne serait pas d’accord? » – Martin Murray
Un référendum n’est pas à écarter
« Dysfonctionnelle, non transparente, non éthique et non équitable ». Le maire de Saint-Bruno, Martin Murray ne mâche pas ses mots à l’égard de l’Administration de Longueuil. Il déplore l’absence de réunions en dehors des séances des conseils d’agglomération.
À son avis, c’est « la résultante de la quote-part » qui demeure irritante. « Le point essentiel, c’est la gouvernance. » Martin Murray affirme que les cinq conseillers de la Ville de Longueuil, la mairesse (Caroline St-Hilaire à l’époque) et le vote « systématique » du maire de Boucherville l’emportent contre les trois votes de Saint-Lambert, Saint-Bruno et Brossard.
Selon Martin Murray, modifier la gouvernance de l’agglomération ne passe pas nécessairement par une décision provenant du législateur provincial. « Oui, ça prend des modifications à la loi, mais si nous, les élus, sommes d’accord, pensez-vous que le ministère ne serait pas d’accord? » suggère le maire en ajoutant que lors de la dernière rencontre tenue en septembre avec le sous-ministre, celui-ci s’était montré ouvert, mais pourvu que les élus des villes liées le soient aussi, à cette modification.
Le maire dit vouloir faire de la question de la gouvernance « une affaire personnelle» et n’exclut pas ni « d’interpeller» les candidats lors des prochaines élections provinciales ni d’organiser un référendum. Il tient encore à l’idée qu’il a toujours défendue avant et durant son premier mandat, celle d’intégrer la MRC de la Vallée-du-Richelieu.
À noter qu’à Brossard, la nouvelle mairesse Doreen Assaad n’a pas voulu commenter avant d’apporter l’enjeu de l’agglomération devant le conseil municipal prévu le lundi 20 novembre. La cheffe de Brossard Ensemble a écrit dans sa plateforme électorale que son équipe « réglera la controverse », qu’elle avait « un plan de match », non sans ajouter que « l’agglomération est là pour rester, n’en déplaise aux nostalgiques du passé »!


