« Nous avons enfin été entendus » – Mark Burbidge

Famille Burbidge-Izquierdo

Après plus de 15 ans à se battre contre la Commission scolaire Riverside et à obtenir des réponses insatisfaisantes de la Ville de Saint-Bruno, Mark Burbidge et Paloma Izquiero ont la sensation d’avoir enfin été écoutés par leurs élus et se sentent soutenus dans leurs démarches d’entente avec leur voisin arrière, l’École Mount-Bruno.

Il y a maintenant 17 ans que les Izquierdo-Burbidge habitent à côté de l’école primaire et que leur vie familiale se détériore à cause de plusieurs divergences avec leur voisin. Les problèmes de bruit et de circulation, entre autres, engendrés dans ce secteur scolaire nuisent à la quiétude de la famille.

Pendant plusieurs années, le couple a tenté de s’entendre au mieux avec la Commission scolaire Riverside (CSR) et la Ville de Saint-Bruno. Selon le couple, l’ancienne administration aurait plaidé à plusieurs reprises en faveur de la CSR sous prétexte de « droit acquis », sans plus d’explications. Ce qui n’était pas sans déplaire au couple. De là, Mme Izquiero et M. Burbidge ont porté leur histoire à la Cour des petites créances, procès qu’ils ont « partiellement » remporté le 4 juin 2012.

La réclamation du couple visait les troubles et les inconvénients suivants : que les poubelles et rebus de l’école ne soient plus à la vue de la propriété, que la collecte des rebus ne se fasse plus la nuit, que le déneigement du chemin d’accès et du stationnement de l’école ne se fasse plus de nuit, que la collecte du recyclage se fasse sur le terrain de l’école et non dans la rue, que la luminosité excessive provenant de l’établissement et de l’éclairage extérieur ne perturbe plus la tranquillité des résidants, et qu’une clôture soit installée par la commission scolaire, entre autres. Quelques-uns de ces points ont été réglés depuis.

À la CSR, on estime avoir mis tous les efforts dans ce dossier. « Nous avons fait beaucoup dans ce dossier. Chaque fois que nous avons été interpellés, nous regardions les documents envoyés, d’expliquer Sylvain Racette, directeur général de la CSR. Nous avons rencontré l’ancienne administration avec qui nous avons eu des discussions pour des modifications sur le plan des permissions de stationnement, des dos d’âne et de l’éclairage. Il y a plusieurs récriminations que nous avons toujours prises au sérieux, nous les regardions une par une, mais visiblement, il a été difficile de répondre à toutes les demandes du couple. Nous allons écouter ce que la Ville voudra faire. »

Les activités de la Ville

Parmi les situations qui troublent également Mme Izquiero et M. Burbidge, il y a les activités communautaires bruyantes et le non-respect du trafic par les automobilistes, à l’École Mount-Bruno.

Du lundi au samedi, la petite famille estime ne pas jouir de la quiétude qu’elle mérite. « Tous les soirs de la semaine, il y a des activités sportives, orchestrées par la Ville, qui se déroulent dans les locaux de l’école. Le problème, c’est que l’on entend fortement la musique jusqu’à la maison, et c’est désagréable. Sans oublier le nombre de véhicules qui circulent dans le stationnement, ce qui crée un va-et-vient insupportable après toutes ces années », d’exprimer Mme Izquiero, visiblement épuisée par cette situation.

Selon une entente datée du 22 juin 1984, la Ville de Saint-Bruno et la CSR peuvent utiliser les installations de l’une et de l’autre. Le 18 décembre 2006, un bail emphytéotique a de plus été signé dans lequel la CSR « cède l’immeuble sur lequel la Ville de Saint-Bruno disposera et jouira de tous les droits à la qualité du propriétaire ».

Le jugement rapporte qu’« en occupant les locaux de l’école, la Ville de Saint-Bruno est aux droits de la Commission scolaire et doit respecter les droits des voisins. Elle est donc soumise à l’article 976 du Code civil du Québec », lequel stipule que « les voisins doivent accepter les inconvénients normaux du voisinage qui n’excèdent pas les limites de la tolérance qu’ils se doivent, suivant la nature ou la situation de leurs fonds, ou suivant les usages locaux. »

À cet effet, le juge Claude Laporte « ne dénote rien dans les agissements de la Ville de Saint-Bruno qui soit de nature à causer des inconvénients anormaux auxquels ne peuvent raisonnablement s’attendre des voisins placés dans une situation similaire».

Le couple espère alors une bonne collaboration de la Ville quant aux activités de soirée qui se déroulent à l’école. Selon le programme Loisir et culture du printemps 2014, 18 activités se tiennent à l’école Mount-Bruno entre 17 h et 21 h.

Une lueur d’espoir

Mme Izquierdo et M. Burbidge ont rencontré récemment le maire Martin Murray, et leur conseiller de district, Jacques Bédard. Ils voient une lueur d’espoir, un grand pas en avant, pour faire avancer leur dossier.

« Nous avons trouvé que M. Murray et M. Bédard étaient à l’écoute et prêts à nous aider à trouver des solutions. C’est la première fois que nous avons rencontré nos élus sans la présence de fonctionnaires avec qui nous n’avons eu de succès, exprime M. Burbidge. D’avoir une réunion avec le maire une semaine après mon intervention au conseil municipal, c’est très encourageant. Ils nous ont dit qu’ils allaient se pencher là-dessus, qu’ils comprenaient la situation. Ils reconnaissent qu’il y a un problème et que cette situation est difficile à vivre pour nous. »

« Nous avons reçu beaucoup de documents lors de notre rencontre avec monsieur et madame. À ce stade-ci, il est trop tôt pour nous prononcer. Nous allons prendre connaissance de tous les éléments du dossier. Je pars du principe que les citoyens doivent être écoutés et que, dans ce contexte-là, nous devons nous assurer de pouvoir trouver des solutions, rapporte M. Murray. En ce qui concerne la Ville, nous aurons un examen de conscience à faire par rapport à ce dossier-là. Après étude du dossier, nous verrons quelles solutions apporter pour satisfaire les différentes parties. […] Le dossier ne se réglera pas demain, mais il y a des points que nous pouvons régler à court terme. »