Northvolt : une manifestation citoyenne

Le 15 janvier dernier, près d’une trentaine de personnes faisaient entendre leurs revendications concernant le projet Northvolt aux portes du Centre civique Bernard-Gagnon de Saint-Basile-le-Grand, juste avant la séance ordinaire du conseil municipal. 

La manifestation, organisée par le Comité Action citoyenne (CAC), était principalement menée par des citoyens de Saint-Basile et de McMasterville, les villes sur lesquelles se bâtiront les infrastructures de l’usine à cellules de batteries Northvolt. L’évènement mobilisait aussi des manifestants venus de villes extérieures. Le but premier de cette rencontre du CAC était de mettre de la pression sur la Municipalité pour soumettre le projet Northvolt au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) avant le début des travaux de construction.

Les revendications

Vanessa Bevilacqua, la Grandbasiloise derrière la pétition présentée à l’Assemblée nationale pour la tenue d’une enquête du BAPE avant l’implantation de l’usine de batteries Northvolt, nous parle des revendications du CAC, comité pour lequel elle s’implique modérément à titre de citoyenne. Ladite pétition compte 5203 signataires.

« L’idée n’est pas de s’opposer bêtement à tout projet industriel. C’est d’être préoccupés par la transparence, le respect de l’environnement et de la démocratie [tout en appliquant] la réglementation en vigueur sur la protection des espèces et sur la qualité de l’air », explique Mme Bevilacqua.

L’implication du BAPE serait un moyen efficace, selon le CAC, d’assurer une certaine transparence concernant les répercussions du projet. « Plutôt que d’aller poser des questions à Northvolt pour chacune des autorisations dont ils vont avoir besoin, ça permettrait de mettre la table sur l’ensemble du dossier dès le départ », soutient Mme Bevilacqua. « Ignorer un BAPE complet pour ce projet-là, ça crée un précédent pour d’autres compagnies qui pourraient s’installer ici et qui vont voir le Québec comme une province où les règles environnementales et la démocratie citoyenne ne sont pas respectées », s’inquiète-t-elle. La Grandbasiloise se questionne sur la capacité d’accueil de sa Ville et craint le développement d’irritants à la suite de l’implantation de l’usine. Notamment au sujet de la mobilité et du logement.

Sabrina Guilbert, l’une des porte-paroles du CAC, nous explique que la présence des manifestants au conseil municipal vise à « rappeler à la Ville le rôle important qu’ils ont à jouer par rapport au règlement de contrôle intérimaire [de CMM] visant à la protection des milieux naturels et humides ». Elle rappelle aussi l’engagement de la Ville de Saint-Basile concernant l’épanouissement des générations futures sur son territoire avec l’adoption d’une « chaise des générations ».

La remise d’un permis d’abattage d’arbres pour le début du chantier Northvolt était officiellement annoncée le 12 janvier dernier par la Ville.

Réactions du conseil

À 19 h 30, les manifestants se sont déplacés à l’intérieur de la salle du conseil. Ils ont profité de la période de questions pour se faire entendre. Yves Lessard, le maire de Saint-Basile, accueillait les visiteurs de l’extérieur et reconnaissait l’importance d’une acceptabilité sociale s’étendant au-delà des frontières de Saint-Basile et McMasterville.

Outre un incident où un manifestant venu de Montréal a refusé de se soumettre aux règles de conformité propres aux séances du conseil, les revendications ont été livrées et entendues dans le respect.  

Au lendemain des évènements, M. Lessard dit reconnaître l’importance de répondre avec attention aux inquiétudes des citoyens concernant l’implantation de Northvolt. Il soutient qu’il continuera de le faire à chaque phase du projet. Au sujet d’une enquête du BAPE, il se prononce : « Il faut arrêter de trouver des subterfuges pour se disculper moralement de prendre [nos propres] mesures. On l’a vécu, le BAPE [à la suite de l’incendie de l’entrepôt de BPC en 1988], ça ne garantit rien. C’est plus difficile de faire ce que l’on fait. Je suis pour un BAPE, lorsqu’il s’applique. »

M. Lessard en profite pour réitérer l’engagement de la Ville en ce qui concerne le développement durable. « On est vraiment sérieux. Il faut prendre des mesures pour éliminer les gaz à effet de serre. Le principal agresseur pour l’environnement, [c’est] notre dépendance aux énergies fossiles. »

Il affirme que l’implantation de Northvolt est un moyen d’investir pour un avenir plus vert. Les enjeux environnementaux entourant la construction et les activités de l’usine ne sont donc pas pris à la légère par la Municipalité, soutient-il.

Ministère de l’Environnement

Le ministère de l’Environnement a annulé à deux reprises la tenue d’une rencontre d’information avec les citoyens au sujet du projet Northvolt. Mme Bevilacqua témoigne d’une certaine passivité qu’elle ressent à l’égard de la Municipalité : « Ils ne nous ont pas dit qu’ils étaient outrés [de ces annulations]. »

Elle considère que la Ville néglige son devoir de mettre de la pression sur le ministère et celui de communiquer avec la plus haute transparence avec ses citoyens.