Nathalie Roy y voit un endoctrinement auprès des jeunes
Livres de propagande envoyés aux bibliothèques
Nathalie Roy, députée de Montarville et porte-parole de la Coalition Avenir Québec (CAQ) en matière de laïcité, a réagi vivement à un article du Journal de Montréal indiquant que des bibliothèques du Québec recevaient des livres de propagande islamiste envoyés d’Arabie saoudite. Des livres reçus par la bibliothèque de Sainte-Julie.
« Le contenu de ces livres soulève également des questions, puisqu’ils contiennent des passages dénigrant le mode de vie des femmes occidentales et que le gouvernement du Québec vient spécifiquement de déposer un plan de lutte pour enrayer la radicalisation de nos jeunes », explique Mme Roy dans un communiqué.
La députée caquiste demande donc à la ministre de la Culture et des Communications, Hélène David, de communiquer immédiatement avec les bibliothèques concernées et d’entreprendre des vérifications sur l’identité et les motivations de ceux qui ont expédié ces ouvrages. « Les bibliothèques sont des lieux pour l’apprentissage et l’acquisition des savoirs pour nos jeunes. Elles ne sont pas là pour faire de la censure, c’est bien évident, mais il ne faudrait pas non plus qu’elles permettent avec ses livres d’endoctriner ou de radicaliser nos jeunes. Il y a lieu de se questionner sur ces envois, surtout s’ils proviennent effectivement d’un organisme de l’Arabie saoudite, un pays réputé pour ne pas respecter les droits de l’Homme », a dénoncé Mme Roy, toujours dans un communiqué. Mme Roy n’avait pas rappelé au journal Les Versants au moment de la rédaction de ces lignes.
Sainte-Julie concernée
La bibliothèque de Sainte-Julie a reçu le colis provenant de la Ligue islamique mondiale. À l’intérieur, un Coran et d’autres livres que la bibliothèque regarde de près. « Nous avons reçu ces livres cette semaine. Nous sommes en train de les regarder. Une sélection rigoureuse sera faite en fonction de leur contenu ou encore de l’intérêt pour la population, mais il est évident que nous ne conservons pas des ouvrages qui ont un contenu haineux, pornographique, déplacé ou encore discriminatoire. Alors, nous étudions les situations au cas par cas sans tomber cependant dans la censure », explique Marie-Hélène Parent, bibliothécaire en chef à Sainte-Julie.
À la bibliothèque de Saint-Bruno-de-Montarville, le colis de livres provenant d’Arabie saoudite n’est pas encore arrivé. « Il est possible que je les reçoive bientôt. Nous avons déjà eu dans le passé des documents de scientologie comme des livres, des cassettes ou encore des vidéos. C’est toujours délicat de les manipuler », précise Alain Larouche, directeur de la bibliothèque de Saint-Bruno.
Pas de censure
Pour l’Association des bibliothèques publiques du Québec (ABPQ), il faut laisser les bibliothécaires faire leur choix en fonction de leurs critères, qui sont rigoureux, et ne pas tomber dans la censure. « Ils ont tous au moins une maîtrise en communication. Ils savent faire la part des choses. La législation au niveau provincial ne doit pas nous indiquer ce que l’on doit mettre dans nos bibliothèques. Ce serait de la censure », indique Ève Lagacé, directrice générale de l’ABPQ. Elle estime que les ouvrages de propagande auraient plus leur place dans « une bibliothèque universitaire qu’une bibliothèque publique ».


