MontRegius : une brasserie qui prend du galon

La micro brasserie MonsRegius à Saint-Bruno-de-Montarville est victime de son succès en cette période de pandémie. Ne pouvant plus répondre à la demande, elle décide de s’agrandir.

« La crise que nous vivons est certes difficile et même tragique pour certains. Au milieu de tout ce gris nous voulons partager un peu d’espoir en parlant de la situation et des succès que nous vivons ». L’entreprise de Véronique Givois, directrice générale de la brasserie Montarvilloise MonsRegius, traverse cette pandémie avec beacoup de sérénité.

Même si la micro brasserie a fermé ses portes au début de la COVID-19, elle a rouvert dès le mois de mai en tournant au maximum de ses capacités depuis. « Aujourd’hui, nous nous portons acquéreurs de deux nouveaux fermenteurs afin d’augmenter notre production de 50 % », précise-t-elle.

Tout semble bien aller pour MonsRegius, peut-être même trop bien. « Nous enregistrons une baisse de nos ventes car nous avons quasiment tout écoulé. C’est quelque part un beau problème. Nous avons du investir pour augmenter notre production. Nous voulions le faire depuis longtemps, mais nous sommes surpris que cela soit maintenant. »

Les bières sont vendues et ne l’on jamais autant été pour la petite entreprise qui ne connaît pas la crise, mais les revenus ne sont pas encore là. C’était d’ailleurs la raison de leur fermeture au début de la pandémie. « L’absence de rentrée d’argent a été un facteur clé. Nous avions livrer des restaurants, des bars qui ont fermé. Encore aujourd’hui, il y a des factures qui restent impayées.

Mais nous sommes en très bonne santé financière et lorsque nous avons décidé de relancer la machine ce sont 5 à 6 brassées par mois qui ont été vendues en une dizaine de jours. »

Le permis industriel a permis à la brasserie artisanale de ne pas trop ressentir les contrecoups de la crise. Avec leur réseau de distribution bien organisé au Québec, les commandes arrivent de partout. « Cela a été plus difficile pour tous les brasseurs qui ont une licence artisanale. Pour la plupart d’entre eux, ils vendent leur produit sur place et n’ont pas vraiment de réseau de distribution. C’est difficile pour eux.

« Au milieu de tout ce gris nous voulons partager un peu d’espoir en parlant de la situation et des succès que nous vivons. » – Véronique Givois

La Montarvilloise
Une semaine avant la pandémie, la brasserie livrait la Ville de Saint-Bruno-de-Montarville d’une bière spécialement conçue pour célébrer le 175 e anniversaire de la Municipalité.

La Ville s’était tournée vers MonsRegius en mars pour produire l’alcool, une bière ronde et dorée. « Or, comme tous les événements ont été annulés, nous avons rapidement mis les représentants de la Ville en contact avec des épiceries de Saint-Bruno pour écouler l’inventaire… pour le plus grand bonheur des consommateurs car les bouteilles se sont envolées en quelques jour. »

La demande est si forte un peu partout à Saint-Bruno que la bière, qui ne devait vivre que le temps d’un été, pourrait traverser l’année. « C’est une bière qui est en demande. Nous avons remarqué une forte appartenance dans le boire local. Nous avons eu une très belle réponse des Montarvillois. Nous sommes très honoré de cette belle relation avec la Ville. C’est d’ailleurs une bière qui n’est distribuée qu’à Saint-Bruno. » Comme beaucoup, l’entreprise s’est mise à la page de la vente en ligne et là encore La Montarvilloise s’est démarquée.

Les nouvelles cuves reçu récemment vont pouvoir tenir occuper les deux employés à temps « plus que plein en ce moment.» L’entreprise envisage bientôt de rouvrir leur salon de dégustation et leur petite terrasse, juste une question de temps afin de s’ajuster aux nouvelles mesures dictées par la santé publique.

Quant aux célébrations annulées pour fêter l’anniversaire de la Ville avec La Montarvilloise, la directrice générale a une proposition. « On pourrait les reporter pour le 180e anniversaire »
Bref, comme toutes les boissons alcoolisées en ce temps de confinement, MonsRegius a le vent dans les voiles.