Montérégie : succès pour la 18e Ride de filles
Près de 900 motocyclistes venant des quatre coins du Québec ont pris part, le 11 juillet dernier, à la 18e Ride de filles, qui a permis de ramasser cette année 610 000 $ au profit de la Fondation cancer du sein du Québec.
Les participantes sont parties du Centre de congrès de Saint-Hyacinthe vers 9 h pour parcourir un trajet de 200 km et revenir au point de départ pour prendre part à un souper suivi d’un concert-bénéfice.
Cette année, le cortège était composé de quelque 1200 personnes sur la route, incluant les bénévoles et l’équipe de sécurité. Parmi les participantes se trouvaient 55 survivantes d’un cancer du sein ainsi que 25 femmes toujours en traitement.
La porte-parole et présidente de l’événement, Lulu Hugues, a ouvert une fois de plus le cortège de 22 km de long. Comme le veut la tradition, les motocyclistes vêtues en mauve et rose ont sillonné les routes et étaient de passage dans les municipalités, dont Mont Saint-Grégoire et Saint-Césaire, afin de sensibiliser la population à la cause. « On ne dévoile pas le trajet, car nous sommes déjà beaucoup sur la route. On évite que les citoyens se greffent au cortège pour la sécurité des participantes », explique l’artiste.
L’événement s’est conclu par un grand spectacle-bénéfice, au Centre des congrès de Saint-Hyacinthe, qui réunissait Lulu, son frère Rick, Éléonore Lagacé, Véronique Claveau et Ludovick Bourgeois.
Porte-parole et survivante
Porte-parole de Ride de filles depuis 2018 et présidente depuis 2019, la chanteuse native de Saint-Bruno-de-Montarville connaît bien la réalité des personnes touchées par la maladie. Survivante d’un cancer du sein, puis d’un cancer de l’utérus, elle poursuit aujourd’hui son engagement afin de sensibiliser la population à l’importance du dépistage.
« Mon but, quand j’ai accepté d’être porte-parole, c’était que Ride de filles devienne un événement important, car une femme sur huit développera un cancer du sein au cours de sa vie au Canada. C’est au Québec que l’on retrouve le plus de cas. C’est important que l’on mette une grosse loupe sur notre événement. Ça réveille les femmes à aller faire leurs tests de prévention et plus on amasse des fonds, plus la recherche avance », affirme-t-elle.
Une passion née d’un défi
Rien ne destinait pourtant Lulu Hughes à prendre la tête d’un impressionnant cortège de motocyclistes. Lorsqu’elle est invitée à prononcer une allocution lors de Ride de filles en 2017, alors qu’elle termine ses traitements contre un cancer du sein, la chanteuse ne conduit pas de moto.
C’est la Montarvilloise fondatrice de Ride de filles, Sylvie Brisebois, qui lui propose de devenir porte-parole de l’événement. Devant les hésitations de la « Tornade blonde », elle insiste pour qu’elle obtienne son permis de moto afin de vivre pleinement l’expérience.
« Je lui ai dit : « Je ne conduis pas de moto, je ne pense pas être la bonne personne. » Mais Sylvie est une femme très déterminée! J’ai commencé mon cours et je me demandais ce que je faisais là. Je venais de me sortir de mon cancer du sein, j’étais un peu craintive. Finalement, j’ai fait ma première ride et ç’a été un coup de cœur instantané. J’ai été contaminée par la fièvre de la moto et depuis, j’adore ça! »
Le dépistage, un cheval de bataille
Au-delà de la randonnée, Lulu Hughes profite de chaque édition de Ride de filles pour lancer un message de prévention. Elle observe d’ailleurs que le cancer du sein touche des personnes de plus en plus jeunes.
« Auparavant, on disait que c’étaient surtout les femmes de 50 ans et plus qui en étaient atteintes. Ce n’est plus le cas. De plus en plus de jeunes femmes sont atteintes et, plus elles sont jeunes, plus le cancer est virulent. Il ne faut pas oublier non plus qu’environ 1 % des cas touchent des hommes. »
Le dépistage demeure le meilleur moyen de sauver des vies, insiste-t-elle. « Mon cheval de bataille, c’est le dépistage. Je ne cesse de le dire dans les entrevues : les filles, allez faire vos mammographies. Si vous êtes dans le précancer, on va pouvoir remédier au problème rapidement. Même si ce n’est pas agréable, faites-le. Ça peut sauver votre vie. »
Elle rappelle que les participantes représentent bien plus qu’un groupe de motocyclistes. « Nos participantes sont des sœurs, des mères, des tantes, des conjointes. Les gens qui participent sont tous touchés de près ou de loin par la maladie. On accueille des femmes d’aussi loin que Sept-Îles. C’est une maladie répandue et c’est au Québec qu’il y a le plus de cas au Canada. » En effet, selon des données du gouvernement canadien, cela représente près de 9 000 diagnostics annuels au Québec, ce qui en fait le cancer le plus fréquent chez les femmes.
Une mobilisation croissante
Ride de filles est née en 2009 de l’initiative de la Montarvilloise Sylvie Brisebois. Passionnée de moto, elle souhaitait partir en randonnée avec deux de ses amies atteintes d’un cancer du sein. Comme leurs traitements ne leur permettaient pas de prendre la route, elle a décidé de transformer cette déception en geste de solidarité en créant un événement-bénéfice au profit de la Fondation cancer du sein du Québec.
Lors de sa création en 2009, l’événement comptait 50 participantes et avait permis d’amasser 6 243,48 $. Dix-sept ans plus tard, Ride de filles a rassemblé au-delà de 900 participantes. « D’année en année, l’événement prend de plus en plus d’ampleur. Quand je suis arrivée en 2017, il y avait environ 150 participantes. Lorsque je suis devenue porte-parole, j’avais mentionné à Sylvie que j’avais en tête que ça devienne un événement d’envergure et je n’en démords pas », affirme-t-elle.
Depuis sa création, plus de 3 M$ ont été remis à la Fondation cancer du sein du Québec afin de soutenir la recherche et les organismes venant en aide aux personnes touchées par la maladie. En 2025 seulement, 591 300 $ avaient été recueillis. L’objectif de cette année était d’atteindre 700 000 $, preuve de l’engagement grandissant des participants et des donateurs envers la cause


