Montérégie : bilan 2025-2026 de la protection de la jeunesse

À l’occasion de leur 23e bilan annuel, les directrices et directeurs de la protection de la jeunesse et les directrices et directeurs provinciaux (DPJ-DP) du Québec ont lancé un appel à la réflexion collective : faisons-nous réellement des enfants une priorité dans nos choix de société?

Que les directrices et directeurs des DPJ s’interrogent à savoir si c’est une priorité dans nos choix de société de protéger les enfants en grande vulnérabilité en dit long sur leurs inquiétudes.   

Au cours des dernières années, les DPJ-DP constatent une complexification des situations et une augmentation importante des besoins, tant chez les jeunes que pour leur famille en situation de grande vulnérabilité, et ce, dans un contexte social en profonde transformation.

« Des données récentes témoignent de la fragilité de la santé mentale des jeunes. D’ailleurs, plus de la moitié des élèves présentent des signes d’anxiété sociale, une réalité qui influence leur bien-être et leur développement, mais aussi leur réussite scolaire », peut-on lire dans le rapport.

Des réseaux sous pression

Parallèlement, le réseau de la santé et des services sociaux ainsi que celui de l’éducation doivent composer avec d’importants défis de capacité et d’adaptation. En effet, des prises en charge tardives amènent une détérioration des situations, nécessitant ultimement des interventions beaucoup plus complexes.

Pour faire des enfants une priorité, les DPJ-DP demandent que l’on revienne à l’essentiel, comme répondre aux besoins de base tels l’alimentation, le logement et un revenu adéquat, consolider les services existants ou encore soutenir les milieux de vie des enfants comme les écoles ou encore les CPE. 

Statistiques régionales 2025-2026

Ce sont 21 290 signalements qui ont été traités pour 304 000 enfants en Montérégie, soit 5,4 % des enfants âgés de 0 à 17 ans en Montérégie. Il s’agit d’une hausse de 2,7 % des signalements par rapport à l’an dernier. De ces 21 290 signalements, 25,1 % ont été retenus pour une évaluation approfondie par les DPJ, ce qui concerne 4952 enfants, soit un peu moins d’en enfant sur trois.

Il y a 4081 enfants pris en charge par la DPJ en Montérégie. Il y a eu 48 % de ceux-ci qui sont demeurés dans leur milieu familial, 19 % ont été confiés à des tiers significatifs et 11 % dans une famille d’accueil de proximité.

Ce sont 1866 adolescents qui ont reçu des services dans le cadre de la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents (LSJPA), ce qui représente une augmentation de 6 % par rapport à l’an dernier.

Principaux motifs de signalement

Tout comme au Québec, les trois principaux motifs de signalement en Montérégie sont : la négligence et le risque sérieux de négligence (35,3 %), les abus physiques et le risque sérieux d’abus physiques (18,5 %), l’exposition à la violence conjugale (14,8 %).  Le groupe d’âge qui est le plus signalé demeure celui des enfants ayant entre 6 et 12 ans.

Les signalements proviennent principalement des organismes (29,93 %), des milieux scolaires et de garde (26,84 %), des milieux familiaux et communautaires (21,7 %) et du milieu policier (16,93 %).

Jeunes contrevenants

Au Québec, le nombre d’adolescents et d’adolescentes ayant reçu des services en vertu de la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents (LSJPA) a augmenté de 4,1 % par rapport à l’année précédente pour atteindre 10 507 jeunes. Pour la Montérégie, en tout, 1 866 jeunes ont reçu des services, ce qui représente une hausse de 6 %. Les jeunes filles sont représentées à 21,32 % et les jeunes garçons, à 78,6 %. 

Ce sont 935 jeunes qui ont bénéficié du programme de sanction extrajudiciaire. Ce programme mise sur les apprentissages sociaux, l’engagement social, la réparation et la responsabilisation du jeune. Le taux de réussite des sanctions extrajudiciaires demeure très élevé en Montérégie, soit à 93,18 %.

On observe toutefois une augmentation de jeunes ayant été orientés vers le programme de sanction extrajudiciaire et une augmentation de jeunes ayant reçu une peine de probation avec suivi.

Les enfants : toujours une priorité?

Devant ce constat, les directrices et directeurs de la protection de la jeunesse du Québec tirent la sonnette d’alarme. « Les réalités que nous observons actuellement s’inscrivent aussi dans un contexte plus large qui affecte l’ensemble des jeunes du Québec. Les conditions de vie des enfants se dégradent et leur qualité de vie se fragilise. Leur santé mentale est mise à rude épreuve par un climat social anxiogène, marqué par la polarisation, la montée des tensions et l’omniprésence des réseaux sociaux. Pour l’ensemble de ces enfants, nous avons la responsabilité collective d’offrir des réponses à la hauteur des défis auxquels ils et elles font face. Les institutions et les communautés font face à des défis considérables pour répondre à leurs besoins grandissants et la capacité des systèmes publics à agir de manière coordonnée devient un enjeu central », constatent-ils de manière unanime.