Mois de l’histoire des Noirs : « Prendre notre place »

En ce Mois de l’histoire des Noirs, le journal est allé à la rencontre de différentes personnalités publiques de la région qui sont issues de la communauté afrodescendante. 

Emmanuel Hyppolite, un poète de Saint-Basile-le-Grand, a grandi dans un univers où l’art, surtout la musique, était partagé par les membres de sa famille. « Mon père était un mélomane et ma mère chante toujours dans la chorale de son église », explique-t-il avec une certaine reconnaissance d’avoir grandi dans un environnement où la culture était bien vue.

Sans y être forcément encouragé, le poète a fait son chemin comme artiste. « Pour leur fierté, ils auraient peut-être voulu que je sois médecin ou ingénieur », lance-t-il en riant. C’était pour eux l’inconnu de voir un enfant se lancer dans le monde culturel et à l’école de théâtre. « Ils sont fiers d’avoir découvert mon parcours et de me voir inspiré par le monde qui m’entoure », assure-t-il.

Changer les choses

L’an dernier, Emmanuel a publié un premier recueil de poésie, intitulé Rampe de changement. À travers la lecture des poèmes, l’auteur nous ouvre les portes de son journal personnel, dévoilant avec une rare vulnérabilité ses plus grandes victoires comme ses plus profondes blessures. 

Ces textes, empreints tantôt de colère, tantôt de sagesse, tracent le parcours d’un homme déterminé à vivre à la hauteur de ses aspirations. 

L’ouvrage a vu le jour en autoédition, l’artiste n’aimant pas attendre que l’occasion se présente à lui. Il préfère de loin créer ses propres perspectives pour réaliser les œuvres qui lui tiennent à cœur.

« C’est certainement un moteur de création d’avoir cette prise publique de parole pour ma communauté. Mais il faut aussi nous-mêmes changer les choses et prendre notre place », exprime-t-il. Il cite l’artiste Kendrick Lamar ou la série québécoise Lakay Nou comme exemples pour illustrer son propos. 

Optimiste devant l’avenir

Avec des origines haïtienne et congolaise, le poète a grandi à Longueuil. « Même à l’intérieur de la communauté afrodescendante, il y a plusieurs sous-communautés », explique Emmanuel. Dans son entourage, les valeurs, les croyances, les opinions sont hétéroclites. 

Les différentes visions du monde auquel il est confronté lui permettent d’avoir de l’introspection, un regard critique et des réflexions qui se retrouvent au cœur de sa démarche artistique.

L’avenir pour les jeunes issus de la communauté afrodescendante est aussi parsemé d’optimisme à travers le regard du père de jeunes enfants. « Récemment, j’étais dans une école et deux jeunes afrodescendants ont écrit des textes magnifiques », raconte celui qui enviait la confiance de ces deux adolescents, membres d’une troupe de théâtre, et la place qu’ils prenaient au sein de leur camarades.

« Il y a un changement avec cette génération. Être Noir, aujourd’hui, c’est considéré comme cool », exprime-t-il. Il remarque l’intérêt porté à en apprendre plus sur les autres et à prendre davantage sa place. « Je crois qu’il ne ressortira que du positif de cette génération », opine-t-il.