À mi-mandat, Michel Picard défend la légalisation du cannabis

À mi-mandat, le dossier qui occupe Michel Picard, député fédéral de Montarville, c’est la mise en place de la légalisation du cannabis voulue pour juillet 2018 par Ottawa.
Au Québec, c’est le député qui a hérité du rôle d’expliquer et de faire accepter la décision de son gouvernement à la population.
Le 20 avril, à Saint-Basile-le-Grand, M. Picard a accueilli les citoyens à un Forum sur la légalisation et la réglementation du cannabis.
« Nous ne ferons pas la promotion du produit et ne pousserons personne à la consommation. Je n’aurais jamais promu cette nouvelle réglementation parce que je n’ai jamais touché au cannabis. La légalisation, c’est pour lutter contre le crime organisé. Tout sera fait le plus sécuritairement possible. C’est pour cela qu’on s’est entourés des meilleurs experts. Le cannabis a toujours été illégal au Canada, pourtant cela n’a jamais empêché notre pays d’être celui où il y a le plus grand nombre de consommateurs au monde », signale M. Picard.
Une fois le cadre de la loi fixé, il appartiendra aux provinces de légiférer sur les endroits de vente, l’âge de consommation, des mesures qui seront prises en matière de santé publique, ou encore d’encadrer la consommation de cannabis au volant ou dans les milieux de travail.
Hier, lors d’une rencontre avec les différentes provinces, Justin Trudeau a indiqué que son gouvernement comptait imposer une taxe de 1 $ sur les grammes de cannabis vendus à un prix inférieur à 10 $ et qu’une ponction de 10 % serait prélevée par le gouvernement sur tous les prix supérieurs à 10 $ du gramme.
Les revenus engrangés par la vente de cannabis seraient ensuite partagés de manière égale entre le fédéral et le provincial, a précisé le premier ministre fédéral en laissant sur ce point la porte ouverte aux négociations avec les premiers ministres de chaque province.
« L’objectif n’est pas économique, notre objectif est d’écarter le crime organisé de l’équation. Il faut assainir ce marché. Face à la nature toxique de ce produit, nous avons décidé de prendre nos responsabilités », de préciser M. Picard, qui, de manière très ferme, n’envisage pas un jour une remise en question de cette mesure, même si les résultats ne sont pas au rendez-vous. « Nous serons suffisamment flexibles pour nous ajuster en cours de route. Abandonner cette loi aurait le même effet que de remettre les choses au crime organisé. »

« Le cannabis a toujours été illégal au Canada, pourtant cela n’a jamais empêché notre pays d’être celui où il y a le plus grand nombre de consommateurs au monde. » – Michel Picard

Le député balaie du revers de la main l’argument de ceux qui demandent à Ottawa d’avoir plus de temps pour mettre en place la légalisation du cannabis, prévue le 1er juillet 2018.
« Six mois avant notre élection, nous indiquions dans notre programme que nous légaliserions la vente de cannabis. Les premières journées au pouvoir, nous avons confirmé notre volonté. Personne ne peut dire qu’il a été surpris de cette annonce. Ce qu’on entend, c’est de la rhétorique. Personne n’a été pris par surprise avec cette mesure. Par contre, il est normal que la question divise. C’est ce qui va nous garantir que le processus qui sera mis en place ne dérape pas. »
Le ministre de la Santé au Québec, Gaétan Barrette, soutenait que cette mesure allait trop vite, dénonçant le gouvernement fédéral de vouloir se débarrasser du problème avant les élections.
Visite du ministre Duclos
À l’invitation de M. Picard, Jean-Yves Duclos, ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, s’arrêtera à Saint-Bruno-de-Montarville afin de rencontrer les organismes communautaires du milieu; le tout se tiendra au Centre communautaire de Saint-Bruno le vendredi 6 octobre à 14 h. « Lors de cette discussion ouverte, nous aborderons de façon informelle les enjeux d’importance du milieu communautaire régional. Nous vous invitons à profiter de l’opportunité qui vous est offerte pour le sensibiliser aux problèmes qui vous préoccupent », précise le député
Journée portes ouvertes
Trois samedis au mois d’octobre, le député ouvre ses portes aux citoyens pour venir le rencontrer.
À mi-mandat, le député fédéral constate sans surprise que la fonction est très prenante, mais qu’il est important de la démystifier. « Ça change une vie en couple, avec des enfants. Nous sommes constamment sous pression 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, mais c’est un engagement très valorisant. Le poste de député s’affiche vraiment dans la définition du service public », ajoute Michel Picard.
Le mardi 10 octobre, il invite aussi les citoyens à son bureau de circonscription pour venir voir des plans, nés à Saint-Bruno, du choix du site de l’Expo 67 qu’avait proposé Raymond Bédard, un citoyen de Saint-Bruno.