Menaces contre Nathalie Roy
Nathalie Roy, députée de Montarville, a reçu des lettres de menaces. Québec décide d’investir en termes de sécurité pour protéger les députés à Québec et dans leur circonscription.
« Lorsque j’ai reçu ces menaces, je les ai aussitôt transmises à la Sûreté du Québec. Considérant que toute menace mérite d’être prise au sérieux, j’ai automatiquement appliqué la procédure qui s’imposait. Cependant, je n’ai pas voulu rendre publiques ces menaces. Jamais. D’abord, pour ne pas accorder davantage de visibilité à leurs auteurs, mais aussi – et surtout – parce que je refuse, comme élue et comme femme, de me poser en victime. La liberté de parole est un fondement même de notre démocratie et je vais la défendre jusqu’au bout. Hors de question donc de me laisser intimider par des extrémistes religieux qui veulent m’empêcher, par un discours violent et menaçant, de tenir un débat démocratique. Les menaces anonymes, virulentes même, ne doivent pas nous empêcher de faire notre travail, qui est de représenter démocratiquement les citoyens du Québec à l’Assemblée nationale. C’est pourquoi j’ai continué et que je continuerai à dénoncer sur toutes les tribunes les islamistes radicaux qui s’en prennent à nos valeurs les plus fondamentales. » Voilà les seuls mots que Nathalie Roy a accordés à la presse à la suite des révélations du .
« C’est pourquoi j’ai continué et que je continuerai à dénoncer sur toutes les tribunes les islamistes radicaux qui s’en prennent à nos valeurs les plus fondamentales. » – Nathalie Roy
Une information confirmée par son cabinet de circonscription qui précise que cela aurait commencé au moment des propos tenus par Adil Charkaoui, coordonnateur du Collectif québécois contre l’islamophobie, en commission parlementaire à l’Assemblée nationale en septembre 2015, alors que le projet de loi 59 était débattu.
Mme Roy avait été alors la seule députée présente, tous partis confondus, qui avait refusé de débattre avec lui. Elle avait alors expliqué son refus en disant qu’« à mes yeux, aux yeux de la formation politique que je représente, vous ne représentez pas la communauté musulmane au Québec et vous n’avez aucune crédibilité ».
M. Charkaoui avait largement critiqué tous les partis politiques présents de ne pas en faire assez pour lutter contre l’islamophobie et même de « diaboliser » avec le projet de charte pour la laïcité.
Plusieurs cégépiens ayant renforcé des groupes djihadistes avaient fréquenté le Centre communautaire islamique de l’est de Montréal, que M. Charkaoui dirige.
Courrier de menaces
Le bureau de circonscription de la députée a confirmé au journal que sur l’une des lettres de menaces, il était écrit que « le traitement fait de votre part et de votre formation politique aux musulmans est inacceptable. Vous prônez la haine et le mépris de l’autre. Vous devez arrêter votre propagande antimusulmane ou vous serez prise à votre propre jeu. Nous avons les moyens de nous défendre et nous le ferons pour contrer votre propagande ».
Québec sécurise les circonscriptions
Le précisait aujourd’hui qu’un système de surveillance sera installé dans les locaux de l’ensemble des circonscriptions. Cette disposition vient avec le projet de modernisation et de renforcement des mesures de sécurité du Parlement.
C’est un budget maximal de 5000 $ qui serait consacré à cet effet, mais certaines circonscriptions semblent déjà suffisamment protégées.
« L’immeuble où se trouve le bureau de Mme Roy est déjà pourvu d’installations de sécurité efficaces », explique Alexandre Lahaie, porte-parole de Mme Roy.
L’enveloppe gérée par Québec pourrait être ainsi inférieure au montant maximal permis, ce qui semble être le cas pour la circonscription de Montarville.


