Marilou Alarie : 10 ans d’engagement récompensés pour protéger le boisé des Hirondelles
Après 10 ans de combat pour protéger le boisé des Hirondelles, la militante et conseillère municipale de Saint-Bruno-de-Montarville, Marilou Alarie, se félicite de l’avis ministériel favorable à la protection du boisé, mais reste prudente.
« Le jour où ce territoire sera réellement protégé, au même titre que le parc national du Mont-Saint-Bruno, là on pourra crier victoire. En même temps, il faut rester optimiste et cette décision va dans la bonne direction. »
Marilou Alarie, conseillère municipale du district 6, était en 2010, avant de se lancer en politique municipale, la porte-parole du mouvement citoyens pour la sauvegarde du boisé des Hirondelles. Elle remplaçait au pied levé Gilles Racine et Catherine Mondor, qui avaient lancé le mouvement en 2006 et qui avaient convaincu la citoyenne Alarie de continuer à défendre la cause.
2006, c’est l’année à laquelle la société Sommet Prestige Canada, dirigée par le sénateur Paul J. Massicotte, a pris possession du boisé privé en pensant y construire un projet immobilier.
Depuis son implication citoyenne et politique à Saint-Bruno, Mme Alarie n’a jamais caché son intention de protéger l’endroit. « Ce sont les citoyens qui ont levé le drapeau rouge avant qu’on ne braque les projecteurs sur cet endroit. Des gens avant moi ont réussi à me sensibiliser à la cause, à sensibiliser le quartier, la ville, la Montérégie et l’ensemble du Québec. Moi, ce qui m’intéressait, c’est le côté juridique. C’est pour cela qu’on a amené ce dossier à la Cour Supérieur en janvier 2011. Cette intervention a été jugée prématurée, mais en même temps, c’est à ce moment que la juge a reconnu qu’il y avait une espèce en danger dans ce boisé et que le ministère de l’Environnement devait se prononcer dans ce dossier », explique Mme Alarie au journal.
« Le jour où ce territoire sera réellement protégé, au même titre que le parc national du Mont-Saint-Bruno, là on pourra crier victoire. » – Marilou Alarie
Depuis, tout le monde est en attente de cette décision ministérielle qui est tombée, en toute discrétion, le 10 février, près de 10 ans plus tard.
Le journal a eu la confirmation du refus gouvernemental de délivrer une autorisation pour le projet de développement résidentiel La Futaie à Saint-Bruno que récemment. « Étant donné que le dossier est judiciarisé, le ministère ne commentera pas davantage. » Il n’a donc pas été possible de connaître les raisons du ministère.
Par cet avis le gouvernement du Québec, à la suite du dépôt d’une plainte, a assujetti un terrain privé au profit « de la conservation du patrimoine naturel du Québec. »
« C’est rarement fait au Québec, ce serait peut-être même la première fois », de préciser Mme Alarie qui s’en réjouit.
La conseillère indépendante, qui avait été recrutée par le Parti montarvillois pour son implication dans le dossier du boisé des Hirondelles, a claqué la porte du parti avant de se faire élire de nouveau conseillère indépendante du district 6. Entre temps, elle a toujours défendu cette cause à laquelle s’est rallié de manière unanime l’ensemble du conseil municipal.
Une main tendue
Aujourd’hui, elle voit un coup presque décisif qui est apporté au projet du promoteur. Elle espère que le gouvernement maintiendra sa position. Elle aimerait tendre la main aussi à M. Massicotte pour que ce dernier reprenne contact avec la municipalité. « On ne perd rien à essayer de discuter avec le promoteur. Il faut essayer le dialogue. On est peut-être rendu là. La situation est de plus en plus difficile pour le promoteur et les frais de justice ont un coût pour la Ville. Il faut que M. Massicotte fasse preuve d’une plus grande ouverture. Il y a des organisme comme Nature Québec qui proposent des programmes de dons de conservation qui implique des crédits d’impôt. »
Sommet Prestige n’a pas souhaité s’exprimer étant donné que le dossier est judiciarisé.
