Manque de bras en natalité

Le manque de main-d’œuvre se fait sentir dans les urgences du Québec, avec de moins en moins d’employés pour assumer la charge de travail élevée: les départements d’obstétrique éprouvent également des problèmes de personnel.

À l’échelle de la province, les naissances avaient diminué au début de la pandémie de COVID-19. Mais au fur et à mesure que les mois avancent, les nouveaux-nés se font plus nombreux à venir au monde. Or, les unités de natalité des hôpitaux ont besoin de personnel spécialisé pour assurer que les services soient donnés à la population de manière adéquate. 

Près du bris de service

Selon la déléguée syndicale pour les infirmières du Centre intégré de santé et de services sociaux de la Montérégie-Est (CISSSME), Brigitte Petrie, la situation est de plus en plus difficile dans ces sections des centres hospitaliers. « On approche des bris de service en natalité. On manque de personnel à Saint-Hyacinthe particulièrement. » 

Elle mentionne également que l’hôpital  Honoré-Mercier est « à la limite du bris de service. On a demandé encore aux employés de redonner un tour de roue, un effort personnel de chacune sinon on devait imposer des mesures de roulement de quart.» 

Cette mesure, qui n’est utilisée qu’en cas de dernier recours et qui n’a finalement pas été nécessaire au CISSSME, fait en sorte que tous les noms des travailleurs sont tirés au hasard pour effectuer la division des quarts de travail. 

« Au diable ton poste: si tu travaillais de jour, ça se peut que tu ramasses de nuit […] pour essayer d’équilibrer parce qu’il y a trop des gros trous », dit Brigitte Petrie. « C’est sûr que quand les infirmières se font dire ça, il y a une panique qui s’installe. Ta vie est en conséquence de ton poste de travail. » 

Mme Petrie indique que les travailleuses ont finalement redonné des quarts de travail de disponibilité, et que quelques unes ont changé de quart de travail pour aider. 

Services maintenus

Du côté du CISSSME, la directrice adjointe des communications et des relations médias, Catherine Domingue, indique que l’organisation a « mis en place des mesures pour assurer le service en obstétrique à la population telles que l’aménagement des horaires, la rotation de quarts et des formations en spécialité pour nos infirmières. » Elle ajoute que le CISSSME tient à « remercier [ses] équipes sur le terrain qui travaillent très fort pour offrir un service et des soins de qualité à la population. » 

« On approche du bris de service en natalité. On manque de personnel à Saint-Hyacinthe particulièrement. »

-Brigitte Petrie

Parmi les facteurs qui créent ces problèmes de main-d’œuvre, Mme Domingue nomme entre autres les défis que créent les vacances estivales et le manque de personnel en général. Elle ajoute cependant que les services ont été maintenus jusqu’à maintenant dans les hôpitaux de Longueuil, Sorel-Tracy et Saint-Hyacinthe, qui sont les trois établissements se trouvant sur le territoire du CISSSME. 

Difficultés dans les urgences

Ces difficultés dans les unités de natalités s’ajoutent à celles vécues au sein des urgences, qui sont fréquemment débordées dans les dernières semaines et qui ont également des problèmes de manque de personnel. 

La situation a notamment fait en sorte de causer la fermeture de certaines urgences de la province, qui n’avaient pas suffisamment de personnel pour maintenir leurs activités de manière à assurer que celles-ci se dérouleraient de manière sécuritaire. 

Brigitte Petrie a d’ailleurs demandé à ce que les urgences de l’Hôtel-Dieu de Sorel-Tracy soient fermées après que le taux d’occupation des urgences ait dépassé le seuil de 200%, un taux qui est difficile à supporter avec une équipe plus petite comme celle de ce centre hospitalier.