L’opposition au recours collectif s’organise

Eau potable à Saint-Bruno-de-Montarville

La requête en intervention du groupe de citoyens voulant faire annuler le recours collectif intenté contre la Ville de Longueuil dans la crise de l’eau potable, qui touche aussi Saint-Bruno-de-Montarville, a été entendue ce matin, à compter de 10 h, au Palais de justice de Montréal.

Dans une requête amendée d’une quinzaine de pages et présentée devant l’honorable juge Michel Yergeau, de la Cour supérieure, les membres de Recours imbuvable estiment que les contribuables de Saint-Bruno-de-Montarville, Boucherville et des arrondissements de Saint-Hubert et du Vieux-Longueuil « verront leurs « comptes de taxes » augmentés à cause des coûts découlant d’une procédure en recours collectif ».

Rappelons que d’autres citoyens de Longueuil souhaitent intenter un recours collectif de 29 millions – 100 $ à chacun des résidants des secteurs mentionnés –, eux qui ont été touchés par l’interdiction de consommer l’eau potable entre le 14 et le 16 janvier dernier après que du diesel a accidentellement été déversé.

« Si notre requête est accordée, à cette étape de l’autorisation du recours collectif, nous allons pouvoir présenter une preuve et contre-interroger des témoins, mentionne Yves Thériault, qui a lancé le mouvement Recours imbuvable avec sa conjointe, Nathalie Roy. C’est une autorisation que nous demandons au juge. Nous présenterons nos arguments, à démontrer qu’il n’y a pas eu de préjudices importants. À notre connaissance, aucune personne ne s’est rendue à l’hôpital parce qu’elle aurait été incommodée en raison de ce qui s’est passé. »

Un mouvement citoyen qui prend de l’ampleur

Parallèlement à ses démarches menées devant les tribunaux, M. Thériault constate que la page Facebook de Recours imbuvable compte de plus en plus d’adeptes et que davantage de citoyens, notamment de l’agglomération de Longueuil, prennent de l’information sur le site Web pour se tenir au courant des procédures en cours

« Il n’est pas exclu dans les prochaines semaines que nous fassions circuler une pétition ou que nous demandions aux citoyens qui nous appuient de faire, entre autres, une action un peu plus significative, ajoute le citoyen. Cela reste encore à déterminer et tout va dépendre de comment les choses vont se dérouler pour nous à la Cour. »

Yves Thériault aimerait bien aussi pouvoir commander un sondage visant à connaître le pourcentage de gens qui appuient l’idée d’un recours collectif et ceux qui s’y opposent. À son avis, « une très large majorité des résidants s’opposerait au recours collectif ».

D’autres intimés inclus?

L’avocat qui pilote actuellement le dossier du recours collectif, Me Jacky-Éric Salvant, a pour sa part tourné au ridicule toute la question des taxes qui vont augmenter. « Nous poursuivons la Ville de Longueuil parce qu’elle est la donneuse d’ouvrage, dit Me Salvant, au quotidien La Presse, mardi. Mais il y avait un sous-traitant qui administrait le centre d’épuration d’eau, et il devient automatiquement un intimé. Cette compagnie-là a des assurances. Et nous risquons d’inclure les ministères de l’Environnement [fédéral et provincial] dans la liste des intimés. »