L’influence au municipal du REM

Le déploiement du Réseau express métropolitain, un nouveau moyen de transport en commun, aura-t-il une quelconque influence au sein de nos conseils municipaux au cours des prochaines années? C’est la question qui a été posée à nos maires.

Le Réseau express métropolitain (REM) sera mis en service sur la Rive-Sud, secteur de Montréal, le 31 juillet.

« Pour l’instant, ça va dépendre comment tout ça va se déployer. Ce serait hasardeux d’émettre une opinion sur le sujet », se risque le maire de Saint-Basile-le-Grand, Yves Lessard.

La Ville de Saint-Bruno-de-Montarville émet le même constat. En l’absence du maire Ludovic Grisé-Farand, en vacances avec sa famille, la directrice du Service des communications de la Municipalité, Manon Lacourse, estime que l’arrivée de ce nouveau mode de transport contribuera à bonifier les déplacements durables dans la région. Quant à l’influence sur de futures décisions municipales… « Pour constater un impact du REM à Saint-Bruno-de-Montarville, s’il y en a un, nous devrons attendre plusieurs mois à la suite de la mise en service », répond-elle. 

Mme Lacourse affirme aussi que Saint-Bruno-de-Montarville voit la mise en service du REM avec optimisme parce qu’elle aidera la fluidité du transport de citoyens vers Montréal et vice versa. 

Une influence budgétaire

De son côté, le premier magistrat de Sainte-Julie, Mario Lemay, voit d’un bon œil le déploiement du REM. Selon lui, les avantages sont considérables. Toutefois, le conseil municipal de Sainte-Julie n’a pas eu de décision à prendre à court terme. « Nous n’avons pas eu à nous prononcer, dit-il. Mais selon la popularité du service et la réception des usagers, il devra y avoir des décisions dans l’avenir. »

Par exemple, en semaine, le dernier départ de Brossard vers la Gare centrale s’effectuera à 0 h 48. Le dernier départ de la Gare centrale en direction de Brossard est à 1 h 10. Ces horaires sont augmentés d’environ 30 minutes le samedi soir (1 h 15 et 1 h 40 respectivement). « Le REM est en service presque jusqu’à 2 h du matin. Nous, on arrête à 22 h. Il va falloir desservir cette plage-là et prolonger le service entre 22 h et 2 h, de Brossard à Sainte-Julie. C’est une décision que nous allons prendre en 2024. Assurément, ce seront des dépenses supplémentaires pour la Ville », explique Mario Lemay.

Parce que tout le monde nage en terrain inconnu, Yves Lessard craint un enjeu financier. « D’abord à quatre milliards de dollars, puis à six milliards, la calculatrice ne réussit plus à calculer les coûts du REM. Il faut s’attendre que la facture du déficit sera refilée aux municipalités. On va venir fouiller dans nos poches. Mon appréhension est là », admet-il. 

Il déplore d’ailleurs qu’exo et l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) n’aient pas été dans le coup du projet. « C’est une aventure qui s’est effectuée en parallèle des principaux intéressés, comme exo et l’ARTM. Nous sommes dans l’inconnu. »

En entrevue avec Les Versants, Mario Lemay évoque aussi l’aspect pécuniaire. « Ça va coûter cher, nous le savons, on nous le dit. Nous n’avons pas encore vu la facture. Mais c’est de l’équipement positif pour l’environnement. »