Les trottoirs d’un boulevard pas déneigés
Saint-Bruno-de-Montarville
Le trottoir qui n’est pas déneigé sur le boulevard Clairevue Est bloque les entrées de certaines habitations.
Liliane Tassé en a assez. Cette résidante du boulevard Clairevue Est voit à chaque bordée de neige son entrée complètement obstruée. « Mes escaliers donnent directement sur le trottoir et comme on les déneige que d’un côté du boulevard, à partir du boulevard De Boucherville, il me faut escalader une montagne de neige pour ensuite être obligée de marcher pendant une centaine de mètres sur la route pour la traverser et aller de l’autre côté, là où c’est déneigé », explique-t-elle. En plus des problèmes de sécurité, Mme Tassé crie à l’injustice. « Je paie les mêmes taxes que les gens d’en face. Pourquoi eux ont-ils accès à un trottoir et pas les maisons qui se trouvent de mon côté? Ce n’est pas une petite rue, c’est un boulevard, avec un terre-plein qui nous empêche de traverser. »
Plutôt que de déblayer le trottoir sur cette portion, la déneigeuse ne joue plus son rôle à partir du boulevard De Boucherville jusqu’à la fin du boulevard Clairevue Est en passant par la route. C’est ensuite que le petit camion fait demi-tour et déneige la totalité du trottoir d’en face. « Pourquoi, au lieu de passer sur la route sans rien déneiger, on ne passe pas sur notre trottoir? »
Pas de changement
Malgré une intervention du maire qui a expliqué au journal Les Versants que les entrées des maisons qui débouchent directement sur le trottoir « devraient être déneigées », les services de la Ville ne voyaient là rien de problématique. « Cette situation existe sur l’ensemble du territoire autant pour les entrées de véhicules que pour les entrées piétonnes qui ne sont pas reliées aux entrées de véhicules. Cette section du boulevard Clairevue Est est considérée comme une rue semi-collectrice. Il y a beaucoup moins de circulation automobile sur ce tronçon que sur le reste du boulevard Clairevue. Et sur une rue semi-collectrice, seulement un trottoir est déneigé, même lorsqu’en présence de deux trottoirs », explique le Service des communications de la Ville. Le fait de payer des taxes ne constitue pas non plus une raison suffisante pour avoir un trottoir déneigé. « Un résidant d’une rue locale voulant aussi un trottoir sur un côté de rue, paie les mêmes taxes que les résidants des rues avec un trottoir. Dans ce type de situation, l’intérêt collectif doit guider nos orientations », précise la municipalité. Marcher sur la route pendant une centaine de mètres pour pouvoir traverser semble convenir à la municipalité. « Il est jugé que cette situation est du même niveau que celle vécue par plusieurs résidants dans les rues locales de Saint-Bruno ayant un débit de circulation similaire, et qui doivent marcher en bordure de rue avant de rejoindre un trottoir déneigé », d’ajouter la Ville.
La municipalité assure que les critères retenus pour l’élaboration de sa politique de déneigement s’appuient sur « la sécurité des usagers, l’efficience de nos parcours de déneigement des trottoirs et le développement durable. Chaque kilomètre de trottoir déneigé demande un entretien au niveau du déblaiement et du ramassage de la neige ainsi que de l’épandage d’abrasifs. » L’économie de la Ville laisse Mme Tassé perplexe, elle qui voit sa fille faire le parcours du combattant au lendemain des tempêtes pour prendre l’autobus scolaire, de l’autre côté du boulevard, là où le trottoir est déneigé.


