Les organismes communautaires nécessaires aux aidants
Par leurs différents services, les organismes communautaires ont un impact concret sur la qualité de vie des aidants naturels.
Depuis plusieurs années, nous entendons parler de l’important travail effectué par les aidants naturels, qui est très peu reconnu. Pourtant, ils assument gratuitement plus de 80 % du soutien à domicile des personnes en pertes d’autonomie. Les autres grands oubliés sont les organismes communautaires qui soutiennent ces aidants.
C’est pourquoi, au cours des dernières semaines, la Table régionale des organismes communautaires (TROC) de la Montérégie a amorcé une campagne de sensibilisation pour inciter le gouvernement à augmenter le financement de ces groupes essentiels au maintien des services de qualité auprès des aidants. « Le gouvernement doit agir rapidement pour le bien-être des personnes malades ou atteintes d’une incapacité et des personnes qui prennent soin d’elles », soutient Danielle Goulet, présidente de la Table montérégienne.
Elle explique que le rôle des aidants naturels est complexe, exigeant et souvent de longue durée : « Leurs responsabilités vont bien au-delà du seul aspect de l’aide ou du soutien matériel. Ils agissent dans les domaines de la prévention, de la protection, de la supervision, de la coordination et de la gestion de l’ensemble de l’aide et des soins requis, et ce, pendant très souvent de nombreuses années. »
Elle poursuit en indiquant qu’être un proche aidant n’est pas toujours facile et que cela peut avoir des répercussions importantes sur sa vie, telles que la fatigue morale, l’épuisement physique, les problèmes de santé, les difficultés financières, l’isolement social, la consommation de psychotropes et la dépression : « Ces phénomènes sont trop fréquents. »
Témoignage
Un aidant naturel de la région, Paul, raconte qu’il a dû devancer sa retraite parce que l’état de santé de sa conjointe s’était détérioré rapidement. « Je suis devenu aidant à temps plein. » Chaque jour, il apporte les soins d’hygiène à son épouse Fernande, il s’occupe de l’entretien de la maison, des repas et des nombreuses visites médicales. Il avoue se sentir épuisé.
Toutefois, récemment, il a fait la rencontre d’une intervenante du Centre de soutien entr’Aidants. Avec l’aide du Centre, il a pu s’informer et s’outiller pour pouvoir accomplir son rôle le plus longtemps possible. « Je me suis inscrit à une formation afin de prévenir mon épuisement et je participe au groupe de café-rencontre mensuel. Le fait de côtoyer des aidants dans la même situation que moi m’a entre autres permis de gérer la colère que je ressentais face à mon impuissance dans cette situation. J’ai appris à pratiquer le lâcher-prise et à accepter sa réalité. »
Des besoins financiers
Les aidants naturels doivent pouvoir compter sur le soutien des organismes communautaires. Malheureusement, ces derniers vivent déjà beaucoup d’incertitudes financières. « Nous avons besoin d’un soutien financier gouvernemental pour continuer de permettre à ces gens de jouer leur rôle d’aidants sainement », conclut Danielle Goulet.


