Les jeunes en sécurité dans les centres jeunesse ?
Alors que plusieurs dénoncent le manque de sécurité dans les centres jeunesse, une intervenante du Campus Chambly décrit le centre comme étant sécuritaire.
L’intervenante que nous avons rencontrée réside dans la région et préfère conserver son anonymat. Nous appellerons donc celle-ci Caroline Després dans le cadre de ce reportage. Mme Després travaille pour les Centres jeunesse de la Montérégie depuis un peu plus d’un an.
Depuis plusieurs mois, la jeune femme qui a fait ses études en psychoéducation travaille au Campus Chambly, où résident près de 160 garçons âgés de 14 à 18 ans. L’établissement est le deuxième plus gros centre du genre au Québec. Les jeunes y sont intégrés au sein d’unités ajustées aux besoins de chacun : unités ouvertes de réadaptation pour jeunes dont le développement est compromis, unité pour les jeunes atteints de problèmes de santé mentale tels que trouble d’attachement, paranoïa, narcissisme, anxiété sévère, trouble obsessif-compulsif, etc., et unités fermées pour l’encadrement intensif. Dans ces dernières, les jeunes ne sortent pas des unités et vont à l’école à l’intérieur du centre.
Il est vrai que les portes pour sortir du centre ne sont pas verrouillées. Toutefois, personne ne peut entrer dans l’établissement sans passer par la réception, où un agent est toujours présent. Mme Després soutient que les récents événements de fugues survenus sur la Rive-Nord ont conduit ses collègues et elle à se questionner sur le fait que les résidants du centre puissent sortir facilement du centre de réadaptation. « Malgré tout, je ne crois pas qu’il serait bon de barrer les portes. Je me dis que si on est rendus à craindre la fugue d’un jeune, sa place est peut-être plus dans une unité fermée, car la majorité des jeunes du centre n’éprouve pas le besoin de s’enfuir. Ils se sentent en sécurité au Campus Chambly. »
Elle rappelle qu’il est difficile de prévenir les fugues, surtout avec des jeunes qui vont dans des écoles à l’extérieur du centre pendant la journée. « C’est souvent à partir de l’école qu’ils décident ou non de fuguer. »
Le fléau des réseaux sociaux
Actuellement, les pires ennemis des intervenants en centres jeunesse sont les réseaux sociaux, qui permettent aux jeunes de communiquer avec des gens à l’extérieur de l’établissement. Bien entendu, il n’y a aucun réseau Wi-Fi disponible dans le centre. Toutefois, les jeunes y ont accès dans les écoles. « Ils communiquent avec des amis qui n’ont pas toujours une bonne influence sur eux. C’est très difficile à gérer. »
Elle poursuit en soutenant que les intervenants effectuent un contrôle régulier des appareils électroniques des jeunes pour s’assurer qu’ils n’ont pas accès à des applications de réseaux sociaux. « Toutefois, il y a des jeunes futés qui utilisent certaines applications de jeux qui permettent de clavarder avec d’autres sans nécessairement avoir accès à un réseau Wi-Fi. Nous devons être très vigilants en ce sens, car ils trouvent toujours de nouveaux trucs. »
L’éducatrice ne nie pas que les gangs de rue réussissent à s’infiltrer dans certaines unités des centres jeunesse. « Quand un de nos résidants a des liens avec des gangs de rues, il sert de lien entre les jeunes du centre et les dirigeants de ces groupes. Ils ne peuvent communiquer à partir du centre, mais dès qu’ils vont en visite à la maison, il est facile pour eux d’entrer en contact avec les autres membres de gangs. »


