Les chiens seront admis au Mont-Saint-Bruno
Saint-Bruno-de-Montarville
Dès le 17 mai 2019, les propriétaires de chiens pourront amener leur compagnon à quatre pattes sur les sentiers du parc national du Mont-Saint-Bruno.
La Société des établissements de plein air du Québec (SÉPAQ) vient de rendre sa décision afin d’autoriser la présence des chiens dans la plupart des parcs nationaux au printemps prochain.
Les chiens ne seront autorisés que dans des campings et des sentiers prédéterminés, l’interdiction continuera à prévaloir partout ailleurs, que ce soit pour préserver l’expérience des visiteurs qui ne souhaitent pas croiser de chiens ou pour protéger des milieux plus sensibles.
Au Mont-Saint-Bruno, les chiens seront admis sur les sentiers Le Seigneurial, Le Petit-Duc et Le Grand-Duc, ainsi que dans les aires de pique-nique Les Étangs, Mémorial et du Moulin.
Ce sont les secteurs les plus fréquentés qui ont été identifiés puisque, selon la Sépaq, les propriétaires de chien « sont plus enclins à suivre les règles dans les zones plus achalandées en raison de la pression des pairs ».
Parmi les 24 parcs nationaux, il n’y a que ceux d’Anticosti, de l’Île-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé et du Saguenay-Saint-Laurent qui ne s’ouvriront pas aux chiens en raison de contraintes biologiques spécifiques.
« Nous constatons que les règles établies pour préserver les milieux naturels et favoriser une cohabitation harmonieuse sont respectées. » – Catherine Grenier
Un projet pilote réussi
Cette décision signifie que le projet pilote a été un succès. Celui-ci s’est déroulé dans cinq parcs nationaux et c’est au bout de près de trois années que la Sépaq a compilé les données récoltées auprès des utilisateurs.
« Nous constatons que les règles établies pour préserver les milieux naturels et favoriser une cohabitation harmonieuse sont respectées et que l’expérience client n’est pas affectée négativement par la présence des chiens », a noté la vice-présidente à l’exploitation des parcs nationaux, Catherine Grenier.
Les propriétaires de chien devaient et devront continuer de suivre des règles strictes, tel que le port de la laisse obligatoire, rester dans les endroits autorisés, ramasser et disposer des excréments, protéger la faune, le chien doit être accompagné de son maître en tout temps, etc.
Le projet pilote a démontré que ces règles sont généralement bien suivies. Selon les données, environ 95 % des chiens étaient tenus en laisse (dans 97% des cas celle-ci était de trois mètres maximum), moins d’1% d’excréments ont été trouvés sur les sites de camping, et le taux de satisfaction se situe à 98 % pour les visiteurs d’un jour et à 92 % pour les campeurs.
Des ajustements pourront être apportés au niveau de la surveillance ou de la règlementation si un relâchement dans le respect de celle-ci est noté. Ce qui veut dire que la présence des chiens pourrait être à nouveau interdite dans un sentier ou tout le parc.
Des opinions divergentes
De nombreuses personnes se disent en faveur de l’autorisation des chiens en laisse au parc national Mont-Saint-Bruno, surtout les propriétaires desdits chiens. « J’aimerais vraiment amener mon chien avec moi quand je vais marcher au Mont-Saint-Bruno », témoigne Nathalie Bordeleau.
D’autres sont fortement contre le fait que le meilleur ami de l’homme fréquente ces lieux. C’est le cas pour Hugues Richard. « Pour moi, c’est clair que la Sépaq n’aurait jamais dû initier son projet pilote qui permet la présence de chiens dans les derniers endroits de quiétude et de conservation que sont les parcs nationaux », juge-t-il.
Son argumentaire se base surtout sur les impacts négatifs qu’auraient les chiens sur la faune et la flore, tel les aboiements, les odeurs, les excréments, les maladies, les morsures, etc. ce qui en ferait des persona non grata.
« La mission principale de la Sépaq est la protection des milieux naturels et des animaux sauvages et non celle des animaux domestiques », réitère l’activiste. Selon lui, plus de la moitié des utilisateurs des parcs naturels sont contre l’admission des chiens.
